Moscou a accusé Washington d’être guidé par de "faux schémas géopolitiques" et de privilégier les gazoducs qui contournent la Russie, réagissant à la mise en garde d’un responsable américain lancée à l’Europe contre sa dépendance du gaz russe.
"Nous avons malheureusement l’impression que l’opposition des Etats-Unis d’abord contre le gazoduc Blue Stream, maintenant contre le gazoduc nord-européen est motivée non par le souci de la sécurité énergétique en Europe mais par le principe prôné par certains responsables américains que les bons gazoducs sont ceux qui contournent la Russie", déclare le ministère russe des Affaires étrangère dans un communiqué.
Le texte réagit à une interview de Matthew Bryza, membre du département d’Etat américain, dans le Financial Times Deutschland (FTD) de lundi où il met en garde les Allemands contre de possibles interruptions dans les livraisons de gaz cet hiver.
"La Russie n’a jamais violé ses engagements sur les livraisons du gaz à ses partenaires européens", assure la diplomatie russe.
"La décision de réorienter vers l’Europe une partie de ressources du gisement unique de Chtokman garantit des livraisons stables du gaz russe en Europe pour plusieurs décennies".
Le président russe Vladimir Poutine avait annoncé fin septembre que le gaz du gisement de Chtokman, en mer de Barents, destiné au départ en grande partie aux Etats-Unis, serait réorienté vers l’Europe.
Le gazoduc nord-européen sous la Baltique, qui doit relier directement Vyborg (nord-ouest de la Russie) à Greifswald (nord-est de l’Allemagne) pour desservir l’Europe du Nord, devrait être opérationnel dès 2010.
La Pologne et les pays Baltes se sont élevés contre ce projet et de nombreux experts ont mis en garde contre un risque de dépendance accrue de l’Europe envers le gaz russe avec ce nouveau gazoduc.
Environ 25% du gaz consommé en Europe est actuellement d’origine russe et cette part monte même à 35% pour l’Allemagne.