Gazprom va pouvoir vendre du gaz sur le marché italien dès l’an prochain, pour un volume qui atteindra 3 milliards de m3 à partir de 2010 et jusqu’à l’expiration du contrat en 2035. Jusqu’à présent, Eni vendait sous sa bannière la totalité du gaz acheté à Gazprom.
Le groupe italien n’a cependant pas dit sous quelle forme exacte Gazprom serait présent en Italie mais a précisé que le géant russe n’entrerait pas au capital de Snam Rete Gas, la société italienne de transport de gaz.
L’Italie, très dépendante du gaz russe, avait dû piocher dans ses stocks stratégiques en janvier 2005 en raison des problèmes de livraison de Gazprom. En échange de l’accès direct au marché italien, Gazprom a prolongé son contrat de fourniture de gaz à Eni, qui venait à expiration en 2017, jusqu’à 2035, confortant Eni comme premier client du groupe russe. Par ailleurs, Gazprom pourrait entrer comme actionnaire minoritaire dans Enipower, la filiale d’Eni pour la production d’électricité.
Pour Gazprom, il s’agit d’un pas de plus dans la conquête du marché européen, le plus rentable, sur lequel il veut vendre son gaz directement au consommateur final, sans s’arrêter aux frontières.
« C’est la première fois que nous vendons directement du gaz en Europe continentale, grâce à la libéralisation du marché du gaz en Italie », a souligné un porte-parole de Gazprom.
Pour l’heure, Gazprom n’est pas encore parvenu à concrétiser ses projets d’acquisition de sociétés de distribution, les Européens craignant une trop grande dépendance envers le groupe semi-public. Le géant russe est un fournisseur indispensable aux Européens, auxquels il livre 26% de leur consommation de gaz, mais aussi à la plupart de ses voisins de l’ex-URSS. L’accord avec Eni était en discussion depuis plusieurs mois mais sa conclusion initialement prévue pour le 15 octobre avait dû être retardée en raison des inquiétudes de l’italien face aux difficultés d’autres compagnies pétrolières occidentales pour travailler en Russie. En mai 2005, un premier accord entre les deux groupes avait été annulé par Eni en raison de l’hostilité des autorités italiennes de la concurrence.
Cet accord intervient alors que la Russie refuse de signer la Charte de l’énergie de l’Union européenne. Bruxelles presse Moscou de s’y rallier pour obtenir de meilleures garanties sur la sécurité de la fourniture d’énergie aux Européens. Mais la Russie s’y refuse et redoute notamment que cela ne l’oblige à remettre en cause le monopole de Gazprom sur la distribution de gaz vers l’étranger.

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