La Russie devrait augmenter progressivement le prix du gaz sur son marché intérieur, actuellement fortement subventionné, pour le porter à près du double de son niveau actuel à la fin 2010, selon le ministre russe du Développement économique Guerman Gref.
Le prix devrait atteindre 90 dollars fin 2010 pour 1.000 m3, a indiqué le ministre devant la presse, alors que le prix de gros du gaz facturé par le géant Gazprom au premier trimestre était de 1.120 roubles, soit 42 dollars.
Le président russe Vladimir Poutine a tenu au Kremlin une importante réunion consacrée à ce sujet.
"Nous pensons qu’à moyen terme les prix du gaz doivent augmenter plus vite que prévu par la stratégie énergétique" appliquée par le gouvernement actuellement, a précisé le ministre qui rejette cependant une forte augmentation dès l’an prochain.
Une hausse brutale dès 2007 serait mal avisée puisque, des prix du gaz dépendent les paramètres macroéconomiques et le budget (...) or l’économie n’apprécie pas les mouvements brusques. De plus, 40% de l’électricité en Russie dépend du gaz, et il faut prévoir à l’avance les conséquences d’une telle mesure.
Le bas niveau des prix gaziers est un avantage concurrentiel non négligeable pour les industries russes fortes consommatrices d’énergie et permet de garantir un accès à l’énergie et au chauffage aux Russes les plus modestes.
Mais il décourage les investissements dans le développement de nouveaux gisements et les économies d’énergie.
Un abandon de la régulation des prix gaziers intérieurs est de plus en plus évoquée alors qu’un déficit de gaz et d’électricité est à craindre en Russie à l’approche des grands froids à cause de la progression très dynamique de la demande.