Nous avons ouvert des négociations en vue d’un accord de
stabilisation et d’association avec la Serbie, cela a été fait le 3 octobre
2005. C’est une étape très importante, nécessaire dans le processus de
rapprochement avec l’Union européenne.
La position de la France :
(Pouvez-vous confirmer que des pays importants en Europe, dont
l’Italie et des responsables de haut niveau dont M. Solana, demandent à la France de changer de politique vis-à-vis de la Serbie, c’est à dire de
permettre une reprise des négociations pour un rapprochement avec l’Union européenne, citant notamment les effets néfastes qu’un isolement aurait concernant le Kosovo et les élections en Serbie ?)
Il faut rappeler deux ou trois éléments. Quand vous parlez
d’’’isolement’’, personne ne songe à isoler la Serbie. La Serbie est un pays important dans les Balkans et personne n’a jamais songé à isoler la Serbie.
Deuxièmement, nous avons reconnu, cela a été fait en 2000, au
sommet de Zagreb, alors que la France présidait l’Union européenne, une perspective européenne pour les pays des Balkans, y compris pour la Serbie. Nous sommes donc très loin d’un ’’isolement’’.
Nous avons ouvert des négociations en vue d’un accord de
stabilisation et d’association avec la Serbie, cela a été fait le 3 octobre
2005. C’est une étape très importante, nécessaire dans le processus de
rapprochement avec l’Union européenne.
Ensuite, ce que nous avons décidé de faire collectivement, et ce
n’est pas la France qui a décidé cela, c’était une décision collective des pays de l’Union européenne, a été de suspendre les négociations de cet accord de stabilisation et d’association. Je crois que cela a été fait au mois de mai dernier, parce que Mme Carla Del Ponte nous a dit qu’elle n’était pas satisfaite de la coopération de la Serbie avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. Voilà où nous en sommes.
Il y aura, la semaine prochaine, une discussion d’abord entre
les ministres lundi, puis ensuite éventuellement entre les chefs d’Etat ou de gouvernement au Conseil européen de Bruxelles les 14 et 15 décembre, pour voir quelle attitude adopter. Le ministre et Mme Colonna se sont exprimés lors des derniers Conseils Affaires générales et Relations extérieures, en rappelant l’importance qu’a pour nous la coopération avec le Tribunal pénal international. Mme Carla Del Ponte a d’ailleurs aujourd’hui même à Paris des entretiens, notamment avec Mme Colonna. C’est évidemment une dimension très importante.
(Pouvez-vous nous confirmer cette demande pressante de certains
pays européens ?)
Ce que je peux vous confirmer, c’est qu’il y a un débat. Un
débat entre les pays de l’Union européenne, mais ce n’est pas spécifiquement vis-à-vis de la France. La France n’est pas, à ma connaissance, le seul pays attaché à la coopération avec le Tribunal pénal international. Simplement, certains pays de l’Union européenne disent qu’il y a des élections qui approchent en Serbie, le 21 janvier prochain, et qu’il faut faire des gestes pour encourager les plus réformistes en Serbie. Nous avons, d’un côté, la coopération avec le Tribunal pénal international, qui est un élément très important, et, de l’autre côté, nous avons ces élections qui approchent et la volonté d’encourager les plus réformistes parmi les partis politiques serbes. Ce sont les éléments du débat.
(Cette souplesse demandée par l’Europe est-elle envisageable
pour la France ou pensez-vous qu’il faut tenir jusqu’au bout et que l’on ne peut pas transiger là-dessus ?)
Je vous ai rappelé l’attachement du ministre et de Mme Colonna à
la coopération avec le Tribunal pénal international. C’est un élément très
important, que nous ne pouvons pas négliger. Des discussions auront lieu lundi et ensuite au Conseil européen de jeudi et vendredi. Je ne peux pas anticiper sur la position que prendra le président de la République.