La Russie prépare une loi définissant la place des investisseurs privés dans les gazoducs et oléoducs du pays, visant notamment à bloquer l’oléoduc CPC de la major américaine Chevron qui achemine du pétrole du Kazakhstan par le territoire russe. Ce projet de loi doit être examiné le 22 décembre à la Douma.
"La commission de la Douma (chambre basse du Parlement) à l’énergie a réanimé un projet de loi sur les grands gazoducs et oléoducs", en souffrance depuis 1999, selon le journal des affaires Vedomosti.
Les analystes interrogés par le journal avancent plusieurs explications au retour de ce projet de loi. Cette loi est faite sur mesure pour "frapper" le projet d’oléoduc CPC de Chevron, le seul oléoduc privé aujourd’hui en Russie. D’autres analystes jugent que cette loi vise à attirer des investisseurs privés en rendant les règles du jeu plus claires, tout en limitant leur participation dans ces réseaux.
Des groupes publics contrôlent les autres voies de transport : Transneft est chargé du réseau d’oléoducs et Gazprom des gazoducs. Ce projet de loi a été "réanimé" par le géant gazier lui-même, en raison de ses difficultés à moderniser seul son réseau, tandis qu’il développe de nombreux nouveaux tracés, comme le gazoduc nord-européen qu’il construit vers l’Allemagne.
La presse s’inquiète depuis plusieurs semaines de la volonté, selon elle, de l’Etat russe de bloquer le développement du CPC et de prendre entièrement le contrôle de ce projet, dont il possède 24%, devant l’Etat kazakh (19%) et Chevron (15%).
Mais cette loi prévoit clairement que l’Etat russe garde le contrôle, avec 50% lui revenant dans les gazoducs et 75% dans les oléoducs, souligne-t-il.