Les données les plus optimistes estiment qu’actuellement plus de 1% de la population en Russie est séropositive. Or, selon le directeur du centre fédéral de lutte contre le sida près du ministère de la Santé, Vadim Pokrovskiï, lorsque le nombre de séropositifs dépasse 1% de la population d’un pays, ce dernier ne peut plus lutter seul contre le fléau mais doit avoir recours à l’aide internationale.
Vadim Pokrovskiï rappelle que les soins d’une personne atteinte du Sida coûtent au minimum 700 dollars par mois, soit 9000 dollars par an. Sur la base des pronostics les plus optimistes, le coût des soins aux malades en Russie devrait atteindre dans quelques années 1 milliard huit cent millions de dollars. L’Etat ne dispose et ne disposera pas d’une telle somme, tranche Vadim Pokrovskiï. Les dernières études démontrent que la Russie dépasse aujourd’hui les leaders d’hier, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est, par le rythme de propagation de la maladie. Depuis 1987, date du premier cas officialisé de sida en Russie, le nombre de personnes atteintes de la maladie dépasse aujourd’hui le million. Le nombre de cas officiellement enregistré est de 201 635 personnes (au 28 juin 2002), parmi elles, 80% ont entre 15 et 30 ans. Il faut toutefois rappeler que chaque année, seuls 16% de la population passe une visite médicale. Or, sur l’année dernière, chaque mois, 2 000 à 5 000 cas de séropositivité ont été découverts et ces chiffres sont en constante augmentation. Les situations les plus critiques sont constatées dans la région de Moscou et à Saint-Pétersbourg mais en réalité le nombre de personnes séropositives enregistrées dépend exclusivement de l’efficacité du centre de lutte contre le Sida de la région. Ces centres sont particulièrement efficaces à Krasnoïarsk, Tver, dans l’Altaï et à Moscou ; ils ne sont pas efficaces dans la région de Moscou, celle de Leningrad et à Saint-Pétersbourg.
Le problème de la prévention est particulièrement grave en Russie où il est courant de penser que la plupart des personnes touchées par la maladie sont des toxicomanes. En effet, dans les premier stade de l’épidémie, ce groupe de population avait été particulièrement touché mais aujourd’hui la maladie touche tout le monde et sa propagation par relations hétérosexuelles est en constante augmentation. Or, la majeure partie de la population connaît encore très mal les modes de contagion de la maladie faute de campagnes d’information à grande échelle.
Gazeta 8-07-02