Evgueni Aleksandrovitch Evtouchenko, poète russe, est né le 18 juillet 1933, à Zima (’zima’ signifie ’hiver’ en Sibérie). Il représente aujourd’hui une génération de classiques vivants.
En 1961, la Literatournaïa Gazeta publie les poèmes d’Evguéni Evtouchenko, dont le premier,
Babi-Yar, raconte la terrible histoire de Babi-Yar, nom d’un fossé près de Kiev où fut découvert un charnier de près de 100.000 personnes
massacrées, par les nazis, en octobre 1941. Impressionné, Chostakovitch compose un premier mouvement, avant de lui adjoindre quatre autres textes du poète, formant ainsi les cinq mouvements pour chœur d’hommes de son antépénultième symphonie.
Les années 1955-1965 ont été marquées incontestablement par l’évolution de la sensibilité poétique. C’est ainsi que, par la suite, commencèrent à proliférer les innombrables ’lectures’ de poésie qui se répandirent à travers toute la Russie et qui s’accompagnèrent peu à peu de manifestations variées - colloques, débats, salons, expositions.
Evguéni Evtouchenko lisait ses poèmes devant des assemblées qui furent aussi considérables que le fut Woodstock pour les chanteurs de rock-music... On a
appelé cette courte période de renouveau post-stalinien allant de la fin des années cinquante au début des années
soixante le "dégel".
Il incarna, lors du « dégel » littéraire des années 1954-1963, l’aspiration de sa génération à la liberté, après les excès du stalinisme
(les Éclaireurs de l’avenir, 1952 ; la Troisième Neige, 1955 ; la
Promesse, 1957 ; la Pomme, 1960 ; la Centrale hydroélectrique de
Bratsk, 1965 ; les Baies sauvages de Sibérie, 1981). Depuis, les livres d’Evtouchenko s’arrachaient
par centaines de milliers d’exemplaires en quelques heures.
"Le poète est plus qu’un poète en Russie" - disait-il à l’époque. Il représente aujourd’hui une génération de classiques vivants, préside divers commissions et comités. Ses œuvres sont volontiers publiées par les maisons d’éditions et les revues respectables, afin de renforcer la solidité du catalogue des auteurs. Il vit aujourd’hui entre les
États-Unis et Moscou.
Pour qu’on ne mette plus des orphelins au monde,
Pour que, toujours, les hommes mangent à leur faim
Pour que les innocents n’aillent pas en prison,
Pour que plus jamais un coup de feu ne résonne
Evgueni Evtouchenko