Nicolas Vassiliévitch Gogol est un fils de Cosaque. Il est né en Ukraine, ou Petite-Russie, à Sarotchinsi, gouvernement de Poltava. Son père, ancien officier, était de caractère gai, cultivé, et développa le goût de Nicolas pour la lecture pour l’observation ; à sa mère, il doit cette foi religieuse qui devait tourner au mysticisme maladif.
Ses études furent médiocres et à dix-neuf ans il quitta son pays pour aller chercher un emploi
modeste à Saint-Pétersbourg ; mais il conservait la nostalgie de cette
Ukraine qui était, à cette époque, comme la Provence de la Russie, dont il
connaissait les légendes et les contes populaires, et c’est pendant qu’il
en était éloigné qu’il écrivit ses Veillées du hameau
(1831-1832).
Attaché à un ministère, il fut un employé inexact et aigri ; mais s’il
servit mal le gouvernement, son séjour dans les bureaux lui donna l’occasion
d’observer ses collègues, de fixer dans son esprit leurs allures et leur
langage, et il pourra écrire plus tard une nouvelle, Le Manteau, dont l’humble
héros, Akaki Akakiévitch est resté le type immortel de l’expéditionnaire
russe.
De caractère instable, Gogol veut quitter les bureaux pour faire de l’enseignement.
En février 1831, il est nommé à l’institut patriotique des jeunes filles ;
il doit y enseigner l’histoire. Quelques temps après, il sollicite une chaire
à l’Université de Kiev, mais fut chargé d’un cours d’histoire du Moyen
Age à l’Université de Saint-Pétersbourg en septembre 1834. Il débuta
brillamment, mais se lassa très vite de son enseignement, et quitta sa chaire
en décembre 1835. Entre temps il a écrit Taras Boulba,
le Revizor, Mirgorod, etc. Le succès du Révizor,
joué à Saint-Pétersbourg, ne le satisfait qu’à moitié ; et, à partir de
juin 1836, il se met à voyager.
Dès ce moment, Gogol va aller et venir à travers l’Europe, de Hambourg à
Aix-la-Chapelle et à Bade ; de Vevey à Paris où il reste près d’un an ; puis
il fait un long séjour à Rome. Il est ensuite à Marienbad, à Varsovie, à
Saint-Pétersbourg, retourne à Rome, revient en Russie… Il publie en 1840 la
première partie des Âmes mortes. Nouveaux voyages : on le voit
à Florence, à Wiesbaden, à Nice, à Francfort, à Hambourg, à Karlsbad, à
Rome encore, à Naples, à Paris… Enfin, en 1848, il fait un pèlerinage à
Jérusalem. Il revient par Beyrouth, Constantinople, Odessa, Kiev, etc…
Rentré à Moscou, il rédige la seconde partie des Âmes mortes. Mais il se
croit toujours malade. La santé qu’il a été cherché dans toutes les villes
d’eaux lui paraît un état impossible à saisir. Son mysticisme se fausse de
plus en plus ; il confond le vrai sentiment religieux avec ses excès ou ses
déformations. Au début de février 1852, dans un moment de délire, il brûle
dans le poêle de sa chambre, à Moscou, tous ses manuscrits inédits, parmi
lesquels se trouvaient, dit-on, les derniers chapitres des Âmes mortes.
Il mourut le 21 février, dans des sentiments d’une ardente piété, et il
fut, selon son désir, enseveli au monastère de Saint-Daniel.