Au mois d’août de l’an 2000, un sous-marin nucléaire russe s’abîme dans des profondeurs accessibles de la mer de Barents. Vania Altman ferait partie des derniers survivants. Dans un port du cercle polaire, la famille Altman retient son souffle : elle risque une nouvelle fois de se heurter à la grande Histoire. Un demi-siècle après la mort de Staline, c’est désormais un ancien du KGB qui gouverne la Russie.
Après nous avoir fait pénétrer dans les coulisses du FBI avec La malédiction d’Edgar, Marc Dugain offre ici une véritable fresque de la Russie contemporaine. Inspirée de faits réels, elle révèle le profond mépris pour la vie manifesté par les gardiens paranoïaques de l’empire russe.
Marc Dugain
Marc Dugain, né en 1957, est notamment l’auteur de La chambre des officiers adapté au cinéma en 2001 et récompensé par de nombreux prix littéraires et de La malédiction d’Edgar (2004), traduit dans seize pays. Il signe avec Une exécution ordinaire son cinquième roman.
Présentation de l’ouvrage
Le roman retrace un demi-siècle d’histoire russe, depuis la fin de Staline jusqu’à nos jours…
Marc Dugain — Tout est parti du naufrage du sous-marin Koursk, nommé ici Oskar. En m’interrogeant sur ce qui s’était passé, j’ai compris que, plus que telle ou telle défaillance technique, c’est la décrépitude générale du pays qui expliquait la perte de ce fleuron de la flotte militaire. Le vrai sujet du roman, c’est donc la Russie éternelle, le syndrome de l’empire, l’emprise du communisme, l’utilisation de la terreur… Je le raconte à travers l’histoire d’une famille sur trois générations, depuis la grand-mère, guérisseuse attitrée de Staline, jusqu’au petit-fils sous-marinier. C’est une saga russe.
On y croise Staline, Poutine – rebaptisé Plotov – mais pas Eltsine…
Marc Dugain — Il n’est pas important dans cette histoire, donc je n’en parle pas. Ettore Scola dit en substance : « Qu’il s’agisse de littérature, de théâtre ou de cinéma, l’art n’est pas là pour informer. » Je n’ai pas pour objectif de retracer in extenso ce qui s’est passé de Staline à Poutine. Ça, c’est un travail d’historien ou de journaliste. En revanche, en tant que romancier, j’ai envie de travailler sur la notion de terreur, sur le double langage, sur la manière dont la grande histoire peut broyer les gens, même les plus anonymes.
Ce qui suppose tout de même un gros travail de documentation ?
Marc Dugain — Oui, en effet. Non seulement je me suis plongé dans la culture russe, mais j’ai longuement séjourné à proximité des bases sous-marines russes du cercle polaire. J’ai aussi passé plusieurs jours à bord d’un sous-marin nucléaire en mission. Même s’il s’agit d’un roman et non d’un reportage, c’était nécessaire pour rester crédible.
Mais comment parvenir à décrire l’ambiance qui régnait dans le bureau de Staline ?
Marc Dugain — Là, il s’agit surtout d’une enquête psychologique. Je me suis interrogé sur le mode de fonctionnement des grands dirigeants de notre temps, comme Staline, chez qui la paranoïa se doublait d’une forme de schizophrénie. Idem pour Poutine : cela m’intéressait d’étudier les ressorts psychologiques qui expliquent comment un simple agent du KGB est devenu président de la Russie, et ce qu’il fait de cette présidence. En l’occurrence, l’étude des strates profondes de l’âme humaine en dit bien plus long que la simple compilation des faits.
La tonalité générale est assez noire…
Marc Dugain — L’essentiel du récit se déroule à Mourmansk, port plutôt sinistre, en pleine nuit polaire… Là-bas, chacun s’accroche à l’existence comme il peut, dans un monde absurde, kafkaïen… Mais ce livre est aussi riche en histoires d’amour, comme celle des parents de Pavel, ou celle qui lie Pavel à Alexandra, et qui donne une note d’espoir dans un univers par ailleurs lugubre
En librairie en février 2007
Collection Blanche
Roman
352 pages - 19,90 €
ISBN : 978-2-07-077652-8.
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