Les obsèques de l’écrivain et académicien Henri Troyat auront lieu vendredi à 14H30 en la cathédrale russe orthodoxe Saint-Alexandre Nevski à Paris, a-t-on appris lundi auprès de l’Académie française.
Henri Troyat — de son vrai nom Léon Aslanovitch Tarassov, né le 1er novembre 1911 à Moscou — sera inhumé le même jour au cimetière du Montparnasse.
L’écrivain est décédé dans la soirée du vendredi 2 mars à Paris, à l’âge de 95 ans, a-t-on précisé de même source. Auteur d’une centaine de romans et de biographies, il était le membre le plus anciennement élu de l’Académie française, où il était entré le 21 mai 1959.
Travailleur infatigable, Henri Troyat publiait un ou deux livres par an depuis 70 ans. Il avait des difficultés à se déplacer en raison de son âge et n’assistait plus depuis quelques années aux séances de l’Académie, mais continuait inlassablement de travailler, selon la même source.
Henri Troyat a publié deux livres en 2006, un roman, "La traque", et une biographie de l’auteur du "Docteur Jivago", Boris Pasternak.
Le président de la République, Jacques Chirac, lui a rendu hommage lundi, saluant "un géant des lettres françaises". Le Premier ministre, Dominique de Villepin, a souligné pour sa part la "fidélité" de l’écrivain à la langue française et à la Russie.
L’affaire Troyat : l’art du plagiat
La cour fait interdiction à Henri Troyat et la société Flammarion de poursuivre la fabrication, l’exploitation et la commercialisation de l’ouvrage, ordonne le retrait de la vente de cet ouvrage, et ce sous astreinte de 150 euros par infraction constatée, passé le délai d’un mois à compter de la signification du présent arrêt.
Henri Troyat (Lev Tarassov) et les éditions Flammarion ont été condamnées par la cour d’appel de justice de Paris à verser 45 000 euros de dommages et intérêts à Gérard Pouchain et Robert Sabourin, auteurs du livre "Juliette Drouet ou la dépaysée" (éd. Fayard, 1992), pour contrefaçon dans sa biographie Juliette Drouet (1997).
En feuillettant les deux volumes, il ne faut effectivement pas très longtemps pour être convaincu, voici 2 extraits :
TROYAT, Henri, Juliette Drouet :
Elle entend, tout près d’elle, un assourdissant éclat de rire (...), elle découvre son confesseur habituel (...). Il ne l’a pas vue et s’en va (...). Tandis qu’elle s’apprête à partir, elle se heurte à sa tante Françoise, qui(...) la menace des foudres de l’Eglise.
POUCHAIN G. et SABOURIN R., Juliette Drouet ou la dépaysée :
Elle entend tout près d’elle un spectateur qui rit " à gorge déployée " : c’est son confesseur ! Il s’en va sans l’avoir vue, mais, " au même moment, ajoute-t-elle, ma tante arrive et me prédit toutes les foudres de l’Eglise ". " Mais, ma tante, mon confesseur aussi vient à Bobèche : il était là tout à l’heure... ".
La pratique du plagiat est à ce titre assez caractéristique du besoin de plonger la production d’un texte dans un autre texte que l’on détourne à sa façon. On revendique alors l’expression de l’idée et non plus l’idée ou le thème, que l’on sait appartenir à un autre. On épilogue sur ce qui peut pousser cet académicien fortuné à agir ainsi.