Après la crise de 1998, le marché pharmaceutique avait connu une solide croissance. En l’an 2000, cette croissance était de 37%, en l’an 2001 de 21%. Le volume du marché représentait 2,5 milliards de dollars. Toutefois, depuis le début de l’année 2002, la situation s’était dégradée. La production nationale de médicament n’a pratiquement pas augmenté depuis six mois : le volume du marché reste à hauteur de 12,52 milliards de roubles, ce qui est pratiquement équivalent au même chiffre à la même période l’année dernière : 12,46 milliards de roubles. En équivalent dollars, la production a diminué de 30 millions de dollars. L’importation a également baissé de 18%, elle est passée de 721 millions de dollars au premier semestre 2001 à 589 millions de dollars au premier semestre 2002. Le trio leader parmi les distributeurs reste identique : protek, CIA Internationale, Chreia Corporation.
La plupart des producteurs et importateurs de médicaments rendent le gouvernement responsable de cette récession. Les ministres avaient en effet obtenu qu’à partir du 1er janvier 2002, les médicaments soient soumis à la TVA à hauteur de 10%. Cette mesure avait entraîné une croissance des prix des prix des médicaments de 12,8% selon le comité d’Etat aux statistiques. Le marché avait chuté d’autant, ce qui a eu des conséquences inévitables sur la production.
L’industrie pharmaceutique nationale la plus importante, Akrikhine, a vu sa production chuter de 27% par rapport à la période analogue en 2001. « Bien sur, cette diminution est la conséquence directe de l’application de la TVA aux médicaments. Les prix des médicaments ont augmenté tandis que la population n’a pas plus de revenus qu’avant » explique Alexandre Tioulaev, directeur du marketing chez Akrikhine. La demande a notamment diminué envers les médicaments qui ne sont pas de première nécessité, comme les vitamines et les produits contre les allergies. Or, les médicaments qui n’exigent pas d’ordonnance représentent 40% de la production d’Akrikhine et la production du leader national a subi une diminution plus forte que la production dans son ensemble. Alexandre Tioulaev explique qu’avant le 1er janvier, l’entreprise avait du répondre à des commandes importantes de ses fournisseurs qui s’empressaient de remplir leurs stocks avant l’application de la TVA. Cette situation avait par la suite entraîné une baisse de la production au premier semestre 2002. Pourtant, la baisse de la production ne concerne pas toutes les entreprises pharmaceutiques. Par exemple, les entreprises Otetchestvennye lekarstva et Verofarm ont connu une augmentation de leur production de 22%. Les responsables de ces entreprises expliquent que cette hausse vient d’une politique d’assortiment des produits équilibrés et de l’exportation de leurs produits vers les pays de la CEI.
Les importateurs et les producteurs espèrent que la « haute saison » à venir, l’automne-hiver et ses épidémies de grippe, relancera le marché.
Vedomosti 16-09-02

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