Le président Poutine a effectivement fait une proposition lors de la réunion du G8 qui a, non seulement été présentée au président américain, mais également au président de la République française.
(Que pensez-vous de la proposition de Vladimir Poutine d’utiliser d’anciennes installations de missiles de l’ex-URSS ? C’est une proposition qui a l’air d’être approuvée à Prague. Le président a offert les bons offices de la France pour régler les problèmes entre la Russie et les Etats-Unis, mais il n’a pas spécifiquement parlé de cette proposition, à moins qu’il l’ait fait ce matin ?)
Vous savez que le président Poutine a effectivement fait une proposition lors de la réunion du G8 et nous avons pris bonne note de cette proposition du président Poutine qui a, non seulement été présentée au président américain, mais également au président de la République française.
S’agissant d’un sujet qui, bien sûr, concerne la sécurité du continent
européen, le président Nicolas Sarkozy a indiqué que nous ne pouvions pas nous en désintéresser. C’est ainsi que le président a proposé que des experts militaires Français et Russes se rencontrent prochainement afin d’expertiser ces propositions pour mieux les comprendre et les étudier. Nous avons donc marqué, par la voix du président de la République, notre disponibilité à
étudier ces propositions.
(Entre experts militaires, alors ?)
Absolument.
(Pour reconfirmer la position de la France sur le bouclier anti-missiles, nous estimons que nous n’en avons pas besoin parce que nous nous fondons sur la dissuasion et que donc, ce n’est pas un débat qui nous concerne. Est-ce bien cela ?)
Nous avons dit à plusieurs reprises que nous considérions d’abord que c’étaitun problème bilatéral entre les Américains et les pays qu’ils avaient contactés pour la mise en place de ce bouclier.
En même temps, nous avons indiqué évidemment que, puisqu’il y avait des éléments de sécurité concernant le continent européen, nous ne pouvions pas ignorer ce qui se faisait sur ce sujet. Nous avons saisi toutes les occasions qui se présentaient, soient bilatérales avec les participants américains qui sont venus nous présenter ce projet, soit multilatérales, dans le cadre de l’OTAN notamment, afin de tenter d’en savoir plus pour améliorer ce projet important.
Il reste que, pour répondre à votre question, nous avons en effet une doctrine bien connue, fondée sur la dissuasion et nous ne nous plaçons pas dans ce même dispositif, s’agissant de l’éventuel aménagement d’un bouclier anti-missiles français ou européen. Voilà le cadre dans lequel nous nous situons.
Le président de la République a marqué la disponibilité de notre pays à
poursuivre l’étude des propositions présentées par le président russe hier, pour tenter d’avancer par rapport à des réactions par ailleurs assez vives, il y a quelques jours encore, vous vous en souvenez, concernant ce projet américain.
(Et par rapport à l’OTAN, la France est-elle favorable à un bouclier
anti-missiles géré par l’OTAN ? Le général Obering, qui s’occupe de la
défense anti-missiles, a dit que c’était trop lent.)
Nous avons entendu les présentations qui ont été faites dans le cadre de l’OTAN. Il y a une discussion qui est en cours mais je vous ai dit quel était notre sentiment. A ce stade, les propositions de boucliers anti-missiles qui sont faites sont des propositions américaines, propositions qui s’adressent àun certain nombre de pays précis et c’est dans ce cadre que nous avons marqué notre disponibilité à étudier d’éventuelles modifications.