Deux dauphins potentiels semblent se détacher, les vice-Premiers ministres Dmitri Medvedev et Sergueï Ivanov. Si ce dernier, ex-ministre de la Défense, semble avoir pris l’avantage, mais le scénario d’un ’troisième homme’ reste toutefois toujours valable.
La Russie s’est lancée dans un marathon électoral - législatives et présidentielle - qui doit se conclure en mars 2008 par l’élection d’un successeur à Vladimir Poutine.
Un décret présidentiel a ordonné de fixer au 2 décembre l’élection des députés de la Douma de la Fédération de Russie.
Une fois ce décret publié au journal officiel Rossiïskaïa Gazeta - dans les cinq jours suivant la signature - la campagne électorale sera définitivement ouverte et le départ donné pour la conquête des 450 sièges de la Douma, chambre basse du Parlement.
Si l’issue de ce scrutin ne fait guère de doute, le parti pro-Kremlin Russie Unie dominant le champ politique - il détient la majorité absolue à la Douma - la grande interrogation porte sur la succession de Vladimir Poutine, dans l’impossiblilité de se représenter après deux mandats successifs (2000-2004 et 2004-2008).
Le Président actuel V. Poutine, très populaire chez ses concitoyens, a maintes fois répété qu’il ne modifierait pas la Constitution pour rester au pouvoir et a promis de faire part de ses préférences, le mouvement venu, pour un candidat. Ce dernier, fort de l’appui du Kremlin, sera alors plus que favori.
Tous les regards sont désormais tournés vers l’administration présidentielle et le chef de l’Etat, à l’affût du moindre remaniement, de la moindre déclaration qui pourrait lever le voile sur le dauphin désigné de Vladimir Poutine.
Les élections sont toujours révélateur de quelque chose en Russie... Vladimir Poutine fera part de sa préférence pour un candidat au moment de l’élection parlementaire. Deux dauphins potentiels semblent se détacher, les vice-Premiers ministres Dmitri Medvedev et Sergueï Ivanov. Si ce dernier, ex-ministre de la Défense, semble avoir pris l’avantage, au moins en termes de temps d’antenne dans les journaux télévisés, le scénario d’un "troisième homme" reste toutefois toujours valable.
Le président russe Vladimir Poutine, en nommant un inconnu Zoubkov au poste de Premier ministre, préserve suspense autour sa succession et prépare peut-être son propre retour après 2008. M. Zoubkov qui n’exclut d’ailleurs pas de se présenter, devient président, il ne sera probablement qu’une marionnette, ou encore une doublure qui attend le retour de Poutine, et Poutine reviendra.
Que Viktor Zoubkov, 65 ans, apparatchik relativement âgé, ou un autre le remplace, le but est le même : préparer un nouvelle présidence Poutine.
Trois à quatre partis - Russie Unie, Russie Juste, les communistes et les ultranationalistes de Vladimir Jirinovski - sont susceptibles de franchir la barre de 7% des suffrages instaurée pour entrer à la Douma. Ils sont tous proches du Kremlin ou pro-Poutine, même si le PC garde une base électorale et une identité propres.
En face, l’opposition paraît plus que jamais morcelée, avec les libéraux d’un côté - eux-mêmes divisés en deux camps (SPS et Iabloko) - et la coalition L’Autre Russie de l’autre, dirigée par le champion d’échecs Garry Kasparov, qui peine à trouver une ligne claire.
Au vu des premiers tests sur le terrain, l’ex-Premier ministre de Vladimir Poutine, Mikhaïl Kassianov, devenu un farouche opposant, semble avoir la faveur des militants de L’Autre Russie comme candidat à la présidentielle. Mais ce libéral, aux allures de technocrate, reste très impopulaire en Russie et a peu de chances de se frayer un chemin.
Ignorée par la télévision, un puissant relais d’opinion contrôlé par le pouvoir, l’opposition peine à exister. Ses leaders n’ont pas de responsabilités, ils ne font pas les gros titres.
L’opposition n’a aucun accès aux médias, aucune possibilité d’exprimer ses idées. Elle reste un club des amateurs.
Une seule certitude s’impose : la campagne électorale bat en fait déjà son plein.