Achetés aux braconniers de la Caspienne pour environ 40 euros (260 FRF) le kilo, les précieux œufs noirs se revendent jusqu’à 3 800 euros (25 000 FRF) le kilo en France. Aujourd’hui l’intensité du trafic de caviar menace l’existence même de l’esturgeon, le poisson dont il est issu.
La République du Daghestan, est un haut-lieu du braconnage de l’esturgeon et de production de caviar illégal à l’intérieur de la Fédération de Russie. La pêche à l’esturgeon y est totalement interdite mais, toute l’année, des centaines de braconniers s’aventurent quotidiennement en mer sur leurs barques avec un seul but : ramener quelques poissons dont ils revendront la chair et le caviar pour pouvoir nourrir leur famille.
Au Daghestan le braconnage représente une ressource vitale pour une partie de la population victime de l’effondrement du système économique soviétique. Il se pratique avec la complicité d’une partie des autorités locales, sous-payées et compatissantes. Seuls les gardes-frontières fédéraux semblent échapper à la corruption ambiante. Ils emploient la force pour faire appliquer l’interdiction de pêche à l’esturgeon et affrontent régulièrement l’hostilité de la population.
Les braconniers prennent de multiples précautions pour ne pas se faire attraper. Une fois le filet relevé, le caviar est immédiatement extrait du ventre des femelles. Il est ensuite préparé et conditionné par les braconniers eux-mêmes. Au Daghestan on trouve très facilement des emballages officiels détournés. Le caviar est ensuite transporté en toute illégalité et dans la complicité quasi générale. Quand il n’est pas directement exporté vers l’Occident, il est proposé en grande quantité sur les marchés de Moscou et de Russie.
Si la pêche continue au rythme actuel, certains spécialistes prévoient la disparition des esturgeons de la Caspienne d’ici vingt ans. Sous la pression de la Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées d’Extinction (CITES), les quatre pays de l’ex-URSS bordant la Mer Caspienne affirment être prêts à prendre rapidement des mesures radicales pour lutter contre le braconnage des esturgeons et le commerce illégal du caviar. Mais en auront-ils les ressources ?
Vendredi 14 décembre sur France 3
Auteur, journaliste, interprète : Nicolas Ebnöther
Réalisateur, caméraman : Hubert Dubois
Montage : Franck Mathieu
Production : Mano a mano pour Thalassa (France 3)
Durée : 30 minutes
Tournage : mai 2001 au Daghestan et à Moscou
Diffusion : 14 décembre - 20h50, émission Thalassa, France 3

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