Pour les Russes, Vladimir Poutine incarne sans conteste le retour à la stabilité après le choc de la disparition de l’URSS et les années noires de l’ère Eltsine, marquées par un effondrement de l’économie et par la crise financière de 1998.
Vladimir Poutine est crédité de 67% des suffrages, contre 17% aux communistes, 6% aux ultra-nationalistes de Vladimir Jirinovski et 4% à Russie Juste (gauche pro-Kremlin), selon un sondage de l’institut indépendant Levada réalisé à la mi-octobre.
Inédite pour un président, la montée en première ligne de Vladimir Poutine, l’homme politique le plus populaire de Russie, éclipse tous les autres partis et transforme de facto le scrutin en plébiscite alors qu’il a promis de quitter le Kremlin en 2008 mais de rester "influent".
L’élection la plus importante, ce n’est plus la présidentielle mais les législatives. Les gens vont voter pour que le système de pouvoir ne change pas, pour que les choses ne s’aggravent pas.
Depuis l’entrée en campagne du chef de l’Etat comme tête de liste, "l’effet Poutine" s’est traduit par un bond de douze points des intentions de vote pour Russie Unie - qui tournaient autour de 55%.
Le président entretient le flou sur le bénéfice personnel qu’il tirera de cette élection. Après avoir suggéré qu’il pourrait devenir Premier ministre, il semble aujourd’hui prendre ses distances avec ce scénario. Selon son entourage, il restera "quelque part dans la vie politique", mais ne "dirigera pas le pays" et n’entrera pas au Parlement.
Fort de ce soutien, le candidat du Kremlin, qu’il s’agisse du Premier ministre Viktor Zoubkov, de ses adjoints Sergueï Ivanov, Dmitri Medvedev ou d’un invité surprise, sera assuré d’être élu en mars 2008.
Alors que Russie Unie est déjà omniprésente dans les médias, une vague de manifestations - 5.000 personnes mercredi à Rostov-sur-le-Don (sud), 35.000 samedi à Novossibirsk (Sibérie) - entretiennent dans la rue le concert pro-Poutine.