L’ex-ministre géorgienne des Affaires étrangères et diplomate française Salomé Zourabichvili a déploré jeudi une issue tragi-comique de la Révolution de la rose de 2003 ayant porté au pouvoir le président pro-occidental Mikheïl Saakachvili.
Mme Zourabichvili, alors ambassadeur de France en Géorgie, avait été nommée chef de la diplomatie géorgienne au lendemain de la Révolution de la rose. Limogée en octobre 2005, elle est depuis dans l’opposition.
Le gouvernement de Mikhéïl Saakachvili, porté au pouvoir par la Révolution de la Rose fin 2003, paraissait alors fortement affaibli après les manifestations sociales du printemps et le scandale lié à l’assassinat d’un banquier par de hauts responsables du ministère de l’Intérieur. Le président géorgien, dont l’ambition affichée est de de rejoindre la communauté euro-atlantique, a sans doute également tenté d’utiliser la crise des « espions russes » dans ce but. Début septembre, une dizaine de responsables politiques géorgiens proches de Moscou ont ainsi été accusés de préparer un coup d’Etat et condamnés à des peines de détention provisoire.
L’ex-ministre des Affaires étrangères Salomé Zourabichvili, à présent candidate dans l’opposition, accuse le gouvernement d’avoir instrumentalisé « la manipulation russe » : "La dispersion et la répression des manifestants était inimaginable. Ils (les policiers) couraient après les gens jusque dans les jardins et les églises. Je pense que nous avons été totalement dans la légalité avec les manifestations. De la part d’un gouvernement qui est arrivé au pouvoir aux cris de +A bas le président+ et par une irruption dans le Parlement, dire que nous avons incité à la violence - et c’est cela qui justifie l’instauration d’un état d’urgence - c’est très très comique si ce n’est pas tragique.
Il est très pratique pour Saakachvili de tout mettre sur le dos de la Russie... Mais je m’inscris en faux contre le fait qu’il y ait eu une manipulation de cette opposition, un téléguidage de l’opposition à partir de Moscou."
Mais la vraie échéance est plutôt la présidentielle de 2009 : le président géorgien a promis, avant la fin de son mandat, de faire rentrer son pays dans l’Otan et de régler le problème de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, ces régions ayant unilatéralement proclamé leur indépendance de la Géorgie dont le retour dans le giron de Tbilissi est un leitmotiv pour l’électorat.

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