Un tanker russe s’est brisé, laissant s’échapper 1.300 tonnes de mazout, et trois cargos chargés de soufre ont coulé dimanche dans le détroit de Kertch séparant la Crimée des côtes russes. Un 4ème cargo, avec 17 personnes à bord et transportant 5.600 tonnes de ferraille, a coulé près de Khersones (Crimée, Ukraine).
L’ouragan a balayé tôt dimanche matin le détroit de Kertch, accompagné de vents soufflant en rafales jusqu’à 100km/h localement et de très fortes pluies. La mer était déchaînée, avec des creux de cinq à six mètres, et localement huit.
La tempête, qui s’éloignait en milieu de journée vers l’Ukraine, a arraché des toitures, provoqué des coupures de courant, tandis que les communications téléphoniques restaient très perturbées. Les dégâts matériels, dont l’évaluation se poursuivait, étaient importants dans la Crimée.
Les habitants avaient reçu pour consigne de se calfeutrer chez eux, de ne sortir en mer sous aucun prétexte.
Les conditions météo restaient cependant mauvaises avec des vents soutenu de 100km/h et des rafales de 150km/h et une mer dangereuse. La population était invitée à rester vigilante, éviter de sortir, ne pas gêner les équipes de secours et de déblaiement.
Plusieurs écologistes russes dénoncent "une catastrophe écologique" en mer Noire, après la fuite de mazout d’un tanker brisé en deux et le naufrage de trois cargos transportant du soufre près des côtes de la Crimée (Ukraine). Il y a un grand risque de pollution de la surface de l’eau et des côtes. Globalement, cela va avoir des conséquences extrêmement négatives.
C’est une grande catastrophe écologique. Il faut beaucoup de temps pour éliminer la pollution et on sentira ses conséquences même dans un an, et peut-être plus longtemps encore. Si le mazout descend au fond de la mer, il sera "pratiquement impossible de l’éliminer. En principe, le pétrole et le mazout se répandent sur la surface de l’eau en une couche fine et on peut les récupérer. Mais la tempête empêche de le faire. Treize bateaux et près de 150 personnes participent aux travaux de recherches au large de la mer Noire, selon la même source.
"La gravité du dommage écologique dépend des actions du ministère des Situations d’urgence et des services de secours. La fuite de mazout est un grand problème, mais le soufre qui a coulé représente un problème encore plus important", a estimé Sergueï Baranovski, membre de l’Académie russe des sciences naturelles.
Au total, cinq navires ont sombré dans la tempête en mer Noire, dont quatre cargos et un tanker russe qui s’est brisé en deux, provoquant une fuite d’au moins 1.300 tonnes de mazout et laissant craindre une catastrophe écologique dans la région.