Le président Vladimir Poutine appele les Russes à voter pour son parti, Russie unie, dimanche aux législatives afin de préparer l’élection d’un nouveau président en mars 2008.
"Je vous appelle à aller voter et à voter pour Russie unie", a demandé Vladimir Poutine, dans un message télévisé diffusé à 12H00 sur les chaînes publiques Rossia (Russie) et Pervyï Kanal (la Première Chaîne numéro 1).
"Chers amis ! Rappelons-nous où nous avons commencé il y a huit ans, de quel fossé nous avons sorti le pays. Nous avons fait ensemble un bon travail. Bien sûr, le travail n’a pas été simple, pas sans erreurs. Il reste encore beaucoup à faire pour que la Russie devienne un pays vraiment moderne et prospère".
Site officiel du parti, Russie unie, en russe :
Pour les Russes, Vladimir Poutine incarne sans conteste le retour à la stabilité après le choc de la disparition de l’URSS et les années noires de l’ère Eltsine, marquées par un effondrement de l’économie et par la crise financière de 1998.
Vladimir Poutine est crédité de 67% des suffrages, contre 17% aux communistes, 6% aux ultra-nationalistes de Vladimir Jirinovski et 4% à Russie Juste (gauche pro-Kremlin), selon un sondage de l’institut indépendant Levada réalisé à la mi-octobre.
Inédite pour un président, la montée en première ligne de Vladimir Poutine, l’homme politique le plus populaire de Russie, éclipse tous les autres partis et transforme de facto le scrutin en plébiscite alors qu’il a promis de quitter le Kremlin en 2008 mais de rester "influent".
L’élection la plus importante, ce n’est plus la présidentielle mais les législatives. Les gens vont voter pour que le système de pouvoir ne change pas, pour que les choses ne s’aggravent pas.
Depuis l’entrée en campagne du chef de l’Etat comme tête de liste, "l’effet Poutine" s’est traduit par un bond de douze points des intentions de vote pour Russie Unie - qui tournaient autour de 55%.
Le président, qui ne peut se représenter à la présidentielle de mars 2008, après deux mandats consécutifs, n’a fait aucun commentaire sur ses propres intentions, mais a promis de rester influent en politique. Après avoir suggéré qu’il pourrait devenir Premier ministre, il semble aujourd’hui prendre ses distances avec ce scénario. Selon son entourage, il restera "quelque part dans la vie politique", mais ne "dirigera pas le pays" et n’entrera pas au Parlement.
Fort de ce soutien, le candidat du Kremlin, qu’il s’agisse du Premier ministre Viktor Zoubkov, de ses adjoints Sergueï Ivanov, Dmitri Medvedev ou d’un invité surprise, sera assuré d’être élu en mars 2008.
Evoquant son bilan depuis son arrivée au Kremlin en 2000, Vladimir Poutine a mis en exergue la "stabilité de la croissance économique" et appelé à poursuivre "la lutte (engagée) contre la criminalité, la corruption" et contre le "terrorisme" en insistant sur la nécessité de "relever la capacité de défense et l’autorité du pays.