Boris Nemtsov, 48 ans, a été premier vice-Premier ministre en 1997-98 sous la présidence de Boris Eltsine, après avoir été gouverneur de Nijni-Novgorod (400 km à l’est de Moscou), à l’époque de la Russie des oligarches.
L’opposant libéral russe et candidat déclaré à la présidentielle de 2008, Boris Nemtsov, a dénoncé les élections "les plus malhonnêtes" de l’histoire de la Russie, comparant les législatives de dimanche à "une opération spéciale".
Mais qui est donc Boris Nemtsov ?
Boris Nemtsov est né le 9 octobre 1959 à Sotchi dans une famille juive non pratiquante. Il est le petit-neveu de Yakov Sverdlov, de son vrai nom Iankel Solomon.
Yakov Sverdlov Iankel Solomon était un des principaux responsables du Comité central de la Révolution d’Octobre. En novembre 1917, il remplace Kamenev au poste de Président du Comité exécutif central (chef de l’État). Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, une équipe de la police secrète bolchevik, commandée par Iakov Iourovski, exécute le tsar Nicolas II et toute sa famille à Iekaterinbourg. Il semble que ce soit Sverdlov qui en a donné l’ordre.
Son père Ephim Davydovich Nemtsov (traduit en russe comme l’ « Allemand ») a quitté sa famille quand le petit Boris avait 5 ans. Les Nemtsov ont déménagé à Nizhny Novgorod. Sa mère Dina Yakovlevna Eidman, médecin, a élevé sa famille toute seule.
Boris a terminé ses études universitaires à la Faculté de Physique en 1981.
Il entre en politique pendant la perestroïka et devient rapidement indispensable auprès du clan Eltsine. Il est nommé ministre de l’Economie au début des années 1990.
Les années Eltsine (1991-1999) sont celles de "La Russie oligarchique". 80% de la population russe est rejetée sans ménagement en dessous du seuil de pauvreté, tandis que l’essentiel des richesses de cet immense pays se trouve détenu par 2 à 7% de la population. « Entre ces deux nouvelles catégories sociales, s’installe un parasite occulte qui prospère grâce au capitalisme sauvage : le racket devient en effet une industrie très florissante. » ("KGB Connexion", par Hélène Blanc (CNRS). Le nombre de chefs d’entreprise et de banquiers froidement abattus devient également impressionnant, ce qui consolide l’emprise des mafias sur la sphère productive puisqu’elles vendent une « protection ». Quelques années après l’effondrement de l’URSS, les différents clans maffieux hérités du soviétisme contrôlent 50 à 80% de l’économie, selon les estimations.
Boris Nemtsov, 48 ans, a été premier vice-Premier ministre en 1997-98 sous la présidence de Boris Eltsine, après avoir été gouverneur de Nijni-Novgorod (400 km à l’est de Moscou).
Elu en 1999 à la Douma (chambre basse du Parlement russe), il a perdu son mandat aux dernières législatives en 2003, où le SPS n’a pas passé la barre des 5% des suffrages permettant d’être représenté.
Il a aussi été conseiller économique du président ukrainien Viktor Iouchtchenko après la Révolution orange pro-démocratique à Kiev.
En 2004, il avait appelé à boycotter la présidentielle, au côté d’Elena Bonner, la veuve du prix Nobel de la Paix Andreï Sakharov, dénonçant une "manipulation de l’opinion publique".
En 2007, l’Union des forces de droite (SPS, opposition libérale) a désigné Boris Nemtsov, comme candidat du parti pour la présidentielle russe de mars 2008, alors que les sondages indépendants ne créditent le SPS que de 2% des suffrages aux législatives du 2 décembre.
Sa candidature ajoute à la profusion de prétendants dans les rangs d’une opposition démocratique décrédibilisée par ses divisions. Les appels à désigner un candidat de l’opposition "unie" sont restés lettre morte jusqu’ici, comme toutes les tentatives de rapprochement ces dernières années entre les réformateurs du parti Iabloko et du SPS.
Concernant sa vie privée, elle fait l’objet de beaucoup de bruit ! Séparé de sa femme Raissa, il a eu 2 enfants illégitimes de deux maitresses différentes et continue à cultiver l’image d’un sacré coureur des jupons.