Le président serbe Boris Tadic a annoncé que son pays réclamerait une décision de la Cour internationale de justice (CIJ) sur le projet occidental de reconnaissance du Kosovo en tant qu’Etat si la province proclame son indépendance. La Russie a déclaré que toute proclamation d’indépendance unilatérale du Kosovo devrait être tenue pour nulle et non avenue.
Depuis juin 1999, le Kosovo est administré par les Nations unies, appuyées par la Kfor.
Trois jours après la remise, par la troïka des médiateurs internationaux (Europe, Etats-Unis, Russie), d’un rapport aux Nations unies constatant l’échec de quatre mois de pourparlers, les Kosovars albanais ont annoncé qu’ils allaient entamer sans tarder des consultations avec leurs soutiens occidentaux pour leur demander de reconnaître leur proclamation d’indépendance. L’Otan a annoncé qu’elle maintiendrait les 16.000 hommes de sa force au Kosovo (Kfor), quatre bataillons de réserve étant disponibles pour les renforcer au besoin.
Washington et la plupart des pays de l’UE devraient soutenir l’indépendance du territoire, à laquelle s’opposent farouchement la Serbie et son alliée russe, qui réclament la poursuite des négociations.
A Bruxelles, l’Union européenne n’est pas parvenue lundi à une position unanime sur l’indépendance du Kosovo mais elle s’est engagée à ne pas retomber dans les divisions qui ont nourri les guerres dans l’ex-Yougoslavie.
L’Espagne, la Slovaquie et surtout Chypre ont encore des réticences.
Pour le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, dont le pays ne veut pas donner des idées à ses propres minorités séparatistes, "jamais dans l’histoire une déclaration d’indépendance unilatérale n’a été positive".
Le Conseil européen de vendredi prochain devrait adopter des "conclusions" afin de dissiper les doutes.
Le laps de temps entre le 10 décembre et la proclamation de l’indépendance sera mis à profit pour négocier avec Pristina les conditions de l’indépendance du Kosovo, notamment en matière de protection de la minorité serbe.
Belgrade, qui a proposé une large autonomie à la province, insiste pour que l’indépendance soit reconnue au préalable par le Conseil de sécurité des Nations unies, où Moscou dispose d’un droit de veto. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a estimé que toute proclamation unilatérale risquait de provoquer une "réaction en chaîne" dans les Balkans et "d’autres régions du monde". La Russie a déclaré que toute proclamation d’indépendance unilatérale du Kosovo devrait être tenue pour nulle et non avenue.
"La Serbie ne cédera pas. Ce n’est pas terminé !", a-t-il lancé à la presse, promettant une riposte aux extrémistes albanophones tentés par le recours à la force.
Le Conseil de sécurité des Nations unies débattra du Kosovo le 19 décembre, mais Moscou a déjà prévenu que la Russie lancerait un appel en faveur d’un nouveau cycle de négociations, ce que les Etats occidentaux et musulmans jugent inutile.