Anatoli Tchoubaïs, chef du monopole russe de l’électricité et jusqu’ici discret financier du parti d’opposition SPS, s’est lancé dans une critique du président Vladimir Poutine.
Le SPS, objet d’une intense campagne médiatique de dénigrement à la fin de la campagne électorale pour les législatives du 2 décembre, n’est plus représenté au Parlement depuis 2003. Ce parti est désormais engagé dans une critique directe de M. Poutine. Anatoli Tchoubaïs, "père" des privatisations russes et jusqu’ici discret financier du parti d’opposition SPS, s’est lancé lundi dans une critique frontale du président Vladimir Poutine, pour ses attaques contre les réformateurs libéraux des années 1990. M. Tchoubaïs, habituellement prudent, avait critiqué en avril 2005 Vladimir Poutine pour la concentration "malsaine" du pouvoir entre ses mains.
Au cours d’un rassemblement de ses partisans le 21 novembre, M. Poutine avait accusé les réformateurs des années 1990 de "vouloir prendre une revanche" et "restaurer le régime des oligarques", ces hommes d’affaires enrichis dans les années 1990, et a qualifié ses opposants de "chacals". Pour le Président Poutine, "le SPS veut la revanche des oligarques, et les années 1990 sont devenues un symbole de l’éclatement du pays".
"Heureusement que ni Boris Eltsine (dont M. Poutine fut Premier ministre) ni Anatoli Sobtchak (maire réformateur de Saint-Pétersbourg et mentor de M. Poutine dans les années 1990) n’ont entendu ces déclarations", tous deux étant décédés, a ajouté celui qui fut le "père" des privatisations à l’époque. La vie montre que si tu craches sur tes prédécesseurs, tôt ou tard tes successeurs feront la même chose avec toi", a averti M. Tchoubaïs.
Anatoli Tchoubaïs est un homme politique, économiste et dirigeant d’entreprise russe. Personnange controversé et très impopulaire en Russie, il fut l’un des idéologues et des auteurs des réformes économiques des années 1990. Anatoli Tchoubäis est né le 16 juin 1955 à Borisov (Biélorussie). Son père Boris Tchoubäis était un colonel en retraite devenu professeur de marxisme-léninisme dans un institut technique. Sa mère Raissa Khamovna Sagal, femme au foyer, vit actuellement en Israël.
Il achève en 1977 ses études à l’Institut d’économie Palmiro Togliatti de Leningrad, où il enseignera ensuite jusqu’en 1990. Il adhère au PCUS en 1980 et prend part en 1987 à la fondation du club Perestroïka en compagnie de jeunes réformateurs du Parti. En 1990 il devient l’adjoint du président du Comité du Parti de Leningrad et le conseiller économique du maire de Leningrad Anatoli Sobtchak.
En 1991, il organise la privatisation immobilière de l`Etat. Il est élu à la Douma sur la liste Notre Maison Russie. Le président Boris Eltsine le nomme à la tête de son administration, puis Vice-Premier ministre. C’est lui, Tchoubaïs qui a mené le programme de privatisations et de réformes économiques qui ont plongé une grande partie des Russes dans la misère. Tchoubaïs est devenu la véritable « bête noire » de l’opinion publique. Sur la photo : la célèbre caricature signée Zeinalov, ’Tchoubaïs, Président de la société d`Etat SEU (EDF russe) sur la chaise électrique’).
Tenu pour responsable de la profonde crise économique, il est écarté. Mais il est rappelé pour diriger la campagne présidentielle. Réélu, Eltsine le reprend au gouvernement, puis l`écarte à nouveau. Sous Vladimir Poutine, il préside la société d`Etat SEU, qui a le monopole de l`électricité en Russie.
Sa fortune estimée à environ un milliards de dollars en fait un des hommes d’affaires les plus riches de Russie. Tchoubaïs est toujours resté une figure incontournable de la politique intérieure russe.
Il est actuellement président du monopole national de distribution d’électricité RAO EES Russie.
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http://www.hrono.ru/text/2005/staro0805.html