La banque française Société Générale va prendre le contrôle de la banque russe Rosbank, le deuxième réseau bancaire de Russie, en déboursant 1,2 milliard d’euros.
La banque française détenait déjà 20% moins une action de Rosbank, mais disposait d’une option d’achat de 30% supplémentaires du capital qu’elle pouvait exercer jusqu’à fin 2008, ce qu’elle a fait.
Après avoir exercé ce droit d’achat auprès du holding russe Interros, qui détenait jusqu’ici 69,9% de Rosbank, Société Générale possèdera donc 50% plus une action "d’ici la mi-février 2008".
Cette opération fait suite au feu vert de la Banque Centrale de Russie et du Service Fédéral Anti-Monopole, a précisé la Société Générale.
Avec près de 3 millions de clients particuliers, 60.000 PME et 7.000 grandes entreprises, Rosbank est la dixième banque de Russie en termes d’actifs. Comptant environ 600 agences, elle détient le deuxième plus grand réseau de détail des banques russes, couvrant près de 80% du territoire et notamment la plupart des grandes agglomérations du pays.
La Société Générale est déjà présente sur le marché russe dans les activités de banque de détail et les services financiers aux particuliers via BSGV, Delta Credit et Rusfinance, qui emploient 10.000 personnes, ainsi que dans les activités de banque de financement et d’investissement.
La presse russe indiquait que la nouvelle entreprise d’Etat russe en charge des exportations d’armes, Rostekhnologuii, cherchait à empêcher la prise de contrôle de Rosbank par la Société Générale, par souci notamment de préserver ses comptes "secrets".
"Les marchands d’armes russes peuvent empêcher le banquier français de prendre le contrôle de Rosbank", titrait en Une le journal des affaires Vedomosti, citant un actionnaire de la banque russe.