Une modification de la présence internationale au Kosovo décidée hors du cadre du Conseil de sécurité serait "contraire à la résolution 1244 (sur le Kosovo), à la Charte de l’ONU et aux principes des missions de paix généralement admis.
Les Européens préparent l’envoi de près de 2.000 personnes au Kosovo à compter de début février, sans l’aval du Conseil de sécurité, pour piloter l’indépendance de la province du sud de la Serbie à forte majorité albanaise.
Moscou met en garde l’UE contre l’envoi d’une mission au Kosovo
La Russie a critiqué mardi le projet de mission de l’Union européenne destinée à piloter l’indépendance du Kosovo, la jugeant "contraire" aux résolutions de l’ONU, lourde de "conséquences néfastes", et augurant une "réaction adéquate".
Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Mikhaïl Kamynine déplore dans un communiqué les "préparatifs de pays occidentaux" visant à "envoyer, en contournant le Conseil de sécurité de l’Onu, une mission de l’UE au Kosovo et à renforcer le mandat de la composante militaire de l’opération de maintien de paix" dans la province.
M. Kamynine évoque aussi "les pressions directes sur le secrétaire général de l’ONU et la présidence de l’UE" - la Slovénie au premier semestre 2008 - ainsi que "les plans visant à mettre au pas la population serbe (du Kosovo) hostile à l’indépendance" de la province.
Toute modification du caractère, de la composition ou de la mission de la présence civile internationale au Kosovo exige une nouvelle résolution du Conseil de sécurité.
L’UE espère néanmoins que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon donnera son accord tacite à cette mission. A Bratislava lundi, il a déclaré qu’"en temps voulu", il prendrait l’initiative d’"une action responsable".
Parmi les 27, l’Espagne en raison des mouvements séparatistes catalan et basque, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, la Grèce et Chypre sont très réservés devant la perspective d’une indépendance du Kosovo.