La Russie orthodoxe qui a honteusement lâché ses frères serbes en 1999 lors des bombardements de l’OTAN, paie cher cette trahison. Les Serbes ont voté pour l’Europe, mais pas contre la Russie, en réélisant le candidat pro-européen Boris Tadic à l’élection présidentielle.
Des Serbes mécontents de nous, Russes, qui nous ont beaucoup aimé, disent ils, et s’estiment trahis par leurs amis, des Serbes déçus, défiants, confinés en eux-mêmes, regardant, ce qui se passe au dehors. Ils comptent les coups, pèsent les chances de succès de l’un ou de l’autre des adversaires, comprenant peu à peu qu’ils devront tôt ou tard prendre parti, eux aussi. La Serbie met son intérêt au premier plan ; ses sympathies seules ne la guideront plus. Et elle a raison...
Selon les résultats préliminaires de la Commission électorale serbe (RIK), Boris Tadic a remporté la présidentielle avec 50,57% des votes face à Tomislav Nikolic, crédité de 47,71%.
"Les Serbes sont pour l’Europe, mais pas contre la Russie", écrit le quotidien Izvestia. "Les Serbes ont voté pour le Kosovo, l’Europe et la Russie", selon le quotidien Vremia Novosteï.
Les résultats de l’élection ont montré que la plupart des Serbes voyaient l’avenir de leur pays en Europe mais la Russie pourrait aussi être satisfaite.
Boris Tadic est en fait garant des plus grands accords énergétiques dans l’histoire des deux pays, qui ont été signés le 25 janvier, lors de sa visite à Moscou.
En outre, compte tenu que le leader des radicaux (Tomislav Nicolic), qui jouait activement "la carte russe", a obtenu près de la moitié de voix des électeurs, il est peu probable que M. Tadic puisse refuser de poursuivre la politique extérieure équilibrée qui se base sur le maintien des bonnes relations avec l’Occident et avec la Russie.
L’aspiration de garder le Kosovo dans la Serbie et l’intérêt à développer les relations avec la Russie étaient "des points communs importants des programmes électoraux de MM. Nicolic et Tadic.