La Russie a retrouvé le chemin de la croissance -8% en 2007-, mis fin à l’évasion de capitaux et même dégagé dans ce domaine un flux positif net record de 82 milliards de dollars l’an dernier.
Sur le front intérieur, M. Poutine s’est félicité d’avoir mis fin à la toute-puissance des oligarques. « On a rétabli l’Etat de droit dans tout le pays », a-t-il insisté. « Nous avons débarrassé le pays de la pratique vicieuse qui consistait à prendre des décisions étatiques sous la pression de monopoles financiers, de magnats des médias, de cercles étrangers et de populistes effrénés ».
Pour autant, l’équipe au pouvoir ne doit pas s’endormir sur ses lauriers, a-t-il averti. « On ne peut pas se contenter de ce qu’on a », a-t-il dit, en insistant sur la nécessité de poursuivre la « modernisation de l’économie ». Dans un curieux aveu d’impuissance, il a déploré que la corruption continue de gangrener la société, même s’il l’a avant tout liée à la difficulté de créer de petites entreprises.
Il a aussi déploré la faible productivité du travail et mis en garde contre une « inertie » qui laisserait le pays à la traîne de la concurrence mondiale et trop dépendant de ses hydrocarbures.
« Si on suit un scénario d’inertie, nous ne pourrons garantir ni la sécurité du pays ni son développement normal. Nous mettrons en péril son existence même », a-t-il insisté.
L’ONG Transparency International classe régulièrement la Russie comme un des pays les plus corrompus de la planète. Le marché des pots-de-vin s’élèverait à 240 milliards de dollars par an en Russie, un chiffre comparable au budget national, a estimé le Parquet russe fin 2006.
« Il est extrêmement difficile de monter une PME (...) Des mois sont nécessaires pour lancer sa propre affaire. Il faut distribuer des pots-de-vin à tout le monde, qu’il s’agisse des pompiers, des services sanitaires ou des gynécologues. C’est l’horreur ! », s’est-il dit louant la « stabilité » retrouvée sous sa présidence, a appelé à s’attaquer à « l’inertie » de l’économie russe.
Cette critique, très applaudie, devant 750 représentants de la classe politique, intervient à trois mois du départ de Vladimir Poutine du Kremlin à l’issue de ses huit ans au cours desquels il a présenté la lutte contre la corruption comme l’une de ses principales priorités.
Dernière mesure en date, il a signé en février 2007 un décret entérinant la création d’un groupe de travail intergouvernemental sur la corruption à la tête duquel il a placé Viktor Ivanov, un de ses conseillers, réputé pour être un des chefs de file du clan des « services secrets » au Kremlin.
Prenant la parole dans le cadre solennel du Kremlin devant les plus hauts responsables politiques russes, des ministres aux gouverneurs, il a présenté la stratégie de la Russie à l’horizon 2020, en montrant au passage qu’il restait le chef à moins d’un mois de la présidentielle à laquelle il ne peut se présenter.

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