Les visas de transit aéroportuaire frappant depuis peu certains Tchétchènes vont faire prospérer trafics de faux papiers et filières clandestines.
"Nous craignons que ce type de mesure engendre des trafics de passeports et contribue à renflouer les filières dites clandestines", écrivent aux ministres de l’Immigration Brice Hortefeux et des Affaires étrangères Bernard Kouchner ces associations de défense des droits de l’Homme et des migrants dont la Ligue des droits de l’Homme et France Terre d’asile.
En l’absence de voies d’entrée légales, ces personnes n’ont en effet souvent d’autre solution que d’utiliser un passeport d’une autre nationalité.
MM. Hortefeux et Kouchner ont cosigné deux arrêtés publiés les 24 janvier et 2 février 2008 qui ajoutent respectivement à la liste des Etats dont les ressortissants sont soumis au visa consulaire de transit aéroportuaire (VTA), les Russes provenant d’un aéroport d’Ukraine, du Bélarus, de Moldavie, de Turquie ou d’Egypte.
La mise en place des VTA pour les ressortissants russes en provenance de certains aéroports ciblés vise évidemment les demandeurs d’asile d’origine tchétchène.
Afin que soient respectés les engagements internationaux de la France en matière de protection des réfugiés", les signataires demandent aux ministres "d’abroger dès à présent les arrêtés précités.
Une vingtaine d’associations ont signé cet appel dont l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, Amnesty International France, le Comité Tchétchénie, le Groupe d’information et de soutien des immigrés, Emmaüs France, Forum Réfugiés, France Terre d’asile et la Ligue des droit de l’Homme.