L’Otan a exprimé vendredi son soutien au vice-Premier ministre géorgien Giorgi Baramidze face à la décision de la Russie de renforcer ses liens avec les deux territoires sécessionnistes géorgiens, l’Abkhazie et l’Ossétie du sud, a indiqué le porte-parole de l’Otan.
Recevant M. Baramidze au siège bruxellois de l’Alliance atlantique, le secrétaire général adjoint de l’alliance atlantique, Claudio Bisogniero, lui a confirmé que l’alliance "souhaitait que la Russie revienne sur sa décision".
Selon lui, la délégation géorgienne "a fait part des préoccupations de la Géorgie et exprimé sa satisfaction au sujet de la position prise mercredi par le secrétaire général de l’Otan Jaap de Hoop Scheffer". Ce dernier avait appelé Moscou à renoncer à une mesure qui "sape la souveraineté de la Géorgie".
"M. Baramidze a réaffirmé l’intention de son gouvernement de continuer à suivre le plan de paix" destiné à rétablir pacifiquement la souveraineté de Tbilissi sur les deux territoires, a poursuivi M. Appathurai.
De son côté, le vice-Premier ministre géorgien, - chargé de l’Europe et de l’Intégration euro-atlantique -, a estimé après de premiers entretiens avec M. Bisogniero puis avec l’ambassadeur des Etats-Unis à l’Otan que "le moment est décisif" car "la Russie a franchi la ligne rouge".
"L’Europe et la communauté atlantique doivent réagir", a-t-il déclaré devant la presse. "Nous appelons l’UE et l’Otan à presser la Russie de revenir sur sa décision et à soutenir le plan de paix" proposé par la Géorgie pour le retour de l’Abkhazie et de l’Ossétie du sud, après plus de 14 ans de séparation de fait.
"Nous demandons le soutien de la communauté internationale afin de ne pas laisser la Russie légaliser une annexion de fait des territoires en question", a-t-il poursuivi.
Le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi à son gouvernement de "coopérer avec les autorités de fait d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud", notamment dans le domaine économique, provoquant l’ire de Tbilissi et l’inquiétude en Occident.
Lançant une offensive diplomatique tous azimuts pour tenter de contrecarrer ce qu’elle estime être un projet d’"annexion" des deux territoires par la Russie, Tbilissi a envoyé M. Baramidze à Bruxelles pour des entretiens "urgents" avec l’Union européenne et l’Otan.
Elle a également réclamé jeudi la convocation d’une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité de l’ONU, qui pourrait se tenir en début de semaine prochaine.