Les observateurs de l’OSCE ont sévèrement noté jeudi les législatives de la veille en Géorgie, un scrutin qui était considéré comme un test pour les progrès démocratiques réalisés par cette ex-république soviétique.
Les observateurs de l’OSCE ont déploré jeudi ’un certain nombre de problèmes’ dans le déroulement des élections législatives de mercredi en Géorgie, a annoncé jeudi l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe dans un communiqué.
"Les acteurs politiques en Géorgie ont fourni des efforts pour organiser hier des législatives conformes aux normes internationales, mais un certain nombre de problèmes ont été identifiés", ont noté les observateurs électoraux.
Les observateurs de l’OSCE ont sévèrement noté jeudi les législatives de la veille en Géorgie, un scrutin qui était considéré comme un test pour les progrès démocratiques réalisés par cette ex-république soviétique.
La tonalité de ce verdict, très attendu, est dans l’ensemble négative.
"Les partis ont pu mener campagne activement mais il y a eu de nombreuses allégations d’intimidations dont certaines ont pu être vérifiées", remarquent notamment les observateurs.
La mission d’observation internationale dénonce aussi des "pressions" sur les observateurs, des "manquements importants" lors du comptage des voix et une distinction "floue" entre les activités du service public et la campagne du parti au pouvoir.
"Nous sommes en fait très fiers d’avoir été jugés selon des critères ouest-européens et non post-soviétiques", a déclaré jeudi soir au cours d’un point de presse la vice-ministre de l’Intérieur Ekateriné Zgouladzé en réaction au rapport.
Le parti du président géorgien pro-occidental Mikheïl Saakachvili, le Mouvement national uni, a remporté très largement le scrutin avec 58,76% des voix, selon des résultats partiels, portant sur 74% des bureaux de vote, diffusés jeudi par la Commission électorale centrale.
Le Conseil de l’opposition unie, coalition de neuf partis, qui arrive loin derrière avec 18,19%, avait qualifié dès mercredi soir le vote de "truqué" et a fait descendre un millier de personnes dans la rue juste après le vote.
Analystes, diplomates et le président géorgien lui-même avaient laissé entendre avant le scrutin que ces élections seraient un test de l’état de la démocratie dans cette ex-république soviétique qui ambitionne d’adhérer à l’Otan et à l’Union européenne.
Le rendez-vous électoral intervenait alors que Tbilissi recherche le soutien de l’0ccident dans une grave crise qui l’oppose à la Russie au sujet de deux régions séparatistes soutenues par Moscou, l’Abkhazie et l’Ossétie du sud.
"La Géorgie est dans une situation internationale très difficile. Sous une telle pression et face à un tel chantage, des élections bien organisées et calmes sont un test pour la démocratie géorgienne", avait déclaré le président juste après avoir voté.
La Géorgie devait aussi se refaire une réputation après la répression violente de manifestations en novembre suivies d’une présidentielle en janvier ternie par des allégations de fraudes émises par l’opposition.
L’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) note cependant depuis janvier des avancées.
"Ces élections n’étaient pas parfaites, mais depuis ma venue en janvier pour l’élection présidentielle, des progrès concrets et importants ont été réalisés", a déclaré Joao Soares, le chef de la mission d’observation, jeudi au cours d’une conférence de presse à Tbilissi.
Outre le parti au pouvoir et la grande coalition d’opposition, deux autres formations, le Parti des Chrétiens démocrates (8,46%) et le Parti travailliste (7,44%), ont franchi la barre de 5% exigée pour entrer au Parlement, où 150 sièges étaient à pourvoir.
La mission menée par l’OSCE avec la participation de l’Otan et du Parlement européen comprenait 550 observateurs pour ce pays de 4,7 millions d’habitants.