Le ministère russe des Affaires étrangères a souligné que la situation en Ossétie du Sud était explosive et que la menace d’une guerre totale était ’toujours plus réelle’.
La Géorgie a lancé dans la nuit de jeudi à vendredi un "assaut" sur Tskhinvali, capitale de la république séparatiste géorgienne d’Ossétie du Sud, a annoncé le gouvernement ossète.
La république d’Ossétie du Sud (Caucase) a commencé à évacuer plusieurs centaines d’enfants vers la Russie, sur fond d’escalade des violences avec la Géorgie.
Moscou soutient l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, régions qui appartiennent officiellement à la Géorgie depuis la fin de l’URSS mais qui tentent de se rapprocher de la Russie. La situation crée de fortes tensions entre la Géorgie et la Russie.
Le ministère russe des Affaires étrangères a souligné dimanche que la situation en Ossétie du Sud était explosive et que la menace d’une guerre totale était "toujours plus réelle".
Les autorités d’Abkhazie ont de leur côté indiqué qu’elles ne participeraient pas aux pourparlers de paix prévus le 15 août à Berlin en raison de la montée des tensions en Ossétie du Sud. La Géorgie et l’Abkhazie, ainsi que l’Allemagne, les Etats-Unis et la Russie doivent participer à ces négociations organisées sous la médiation des Nations unies.
Irina Gagloyeva, porte-parole du gouvernement séparatiste d’Ossétie du Sud, a indiqué dimanche qu’un millier d’enfants avaient été évacués vers la Russie à la mi-journée. "Nos enfants sont constamment en danger", a-t-elle affirmé. "Il y a des programmes d’évacuation de tous les enfants dont les parents donnent leur accord".
Les enfants sont conduits en autocars jusqu’à Vladikavkaz, la capitale de la province russe d’Ossétie du Nord, où ils seront pris en charge par les autorités locales.
La décision d’évacuer les enfants a été prise après une flambée de violences vendredi soir et samedi matin, lors desquelles des tirs d’armes à feu et de mortiers ont été échangés entre forces géorgiennes et d’Ossétie du Sud. Six personnes ont été tuées.
Le président géorgien Mikhail Saakashvili a promis de conserver l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie dans le giron de Tbilissi, alors que la Russie maintient une force présence militaire dans les deux régions.
Historique :
L’Abkhazie, ainsi que l’Ossétie du Sud, deux régions limitrophes de la Russie, ont proclamé unilatéralement leur indépendance au lendemain de la chute de l’Union soviétique, en 1992, et l’ont défendue lors de conflits armés avec les forces géorgiennes.
Jusqu’ici, aucun pays n’a reconnu leur indépendance, pas même la Russie, qui les a soutenus économiquement pendant des années.
Le mois dernier, M. Saakachvili a offert à l’Abkhazie une large autonomie à l’intérieur de la Géorgie, mais les autorités abkhazes ont refusé.
Les deux régions caucasiennes l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, rejetent un plan présenté samedi par le président Mikheïl Saakachvili leur offrant des responsabilités dans l’administration à Tbilissi, ont indiqué des agences russes.
Edouard Kokoïty, responsable de l’autre province séparatiste, l’Ossétie du sud a également rejeté l’offre du président géorgien, la qualifiant de "déplacée" et "inopportune".
Mikheïl Saakachvili avait proposé samedi à la république séparatiste d’Abkhazie des responsabilités dans l’administration à Tbilissi, dont un poste au gouvernement et un droit de véto concernant son statut, si la région rentrait dans le rang.
Le président offrait une représentation abkhaze dans toutes les instances de l’Etat géorgien ainsi que le poste de vice-président de la Géorgie et le droit de véto sur toutes les décisions de l’Etat sur le statut constitutionnel de la région.
Tbilissi a également suggéré de mettre en place des zones économiques franches contrôlées par la Géorgie et l’Abkhazie, et de lancer immédiatement des pourparlers sur le développement économique des régions abkhazes d’Ochamchire et Gali.
Le président géorgien avait également demandé à son gouvernement de préparer une aide agricole pour l’Ossétie du sud.
L’Abkhazie, ainsi que l’Ossétie du Sud, deux régions limitrophes de la Russie, dans le Caucase, ont proclamé unilatéralement leur indépendance au lendemain de la chute de l’Union soviétique, au début des années 90 et l’ont défendue lors de conflits armés avec les forces géorgiennes.
Jusqu’ici, aucun pays n’a reconnu leur indépendance, pas même la Russie, qui les a soutenues économiquement pendant des années.
La déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, reconnue par les Etats-Unis et de nombreux pays de l’Union européenne mais rejetée avec virulence par Moscou, a fait craindre un durcissement des revendications d’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.
La Douma, chambre basse du Parlement russe, a fait planer en mars la menace d’une reconnaissance par Moscou des territoires indépendantistes de Géorgie, en représailles à celle du Kosovo par l’Occident.