« Nous ne devons pas rester les bras croisés en attendant la prochaine crise. Il y a en effet le risque d’une nouvelle crise majeure au cours des prochaines semaines, et pas des prochains mois, et nous devons protéger les citoyens européens », a déclaré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a l’issue d’un sommet européen.
La Commission européenne a l’intention d’accueillir une réunion la semaine prochaine avec des représentants des institutions financières internationales, de compagnies gazières européennes et des Etats membres (de l’UE), pour voir si nous pouvons mettre sur pied un ensemble de mesures transitoires de court terme" pour résoudre les difficultés actuelles.
L’Ukraine, aux finances exsangues, n’est pas certaine de pouvoir remplir ses réservoirs de gaz durant l’été en prévision de la saison hivernale. Ces réservoirs permettent d’assurer également le transit de gaz russe vers l’Europe.
L’Ukraine est à la recherche d’un prêt de 4,2 milliards de dollars (3 mds d’euros) pour payer les livraisons de gaz russe, alors que Moscou ne lui prête plus d’argent.
Un quart du gaz consommé dans l’UE provient de Russie, dont 80% transite par l’Ukraine.
Fin mai, le Premier ministre russe Vladimir Poutine avait appelé l’UE à aider Kiev à payer ses factures, en agitant le risque d’une nouvelle crise gazière.
Le 8 mai, l’Ukraine s’est acquittée de sa facture de gaz pour le mois de mai, à la veille d’une date limite de paiement fixée par Gazprom.
Les experts gaziers des 27 pays de l’UE se sont réunis jeudi à Bruxelles pour évoquer l’impact d’une éventuelle rupture des livraisons de gaz russe vers l’Europe « durant l’été », mais ont réservé leur jugement à début juillet, cinq jours avant une nouvelle lourde facture que doit payer l’Ukraine à la Russie (le 7 juillet).
Dans leurs conclusions communes du sommet, les pays de l’UE ont noté « avec préoccupation les problèmes potentiels concernant l’approvisionnement en gaz russe passant par l’Ukraine ».
Confirmant que « la sécurité de l’approvisionnement énergétique reste une priorité pour l’Union européenne », les dirigeants de l’UE ont indiqué attendre avec intérêt que Bruxelles présente un nouveau texte législatif destiné à améliorer la sécurité de leur livraisons de gaz.
Mais dans ce projet de règlement, qui doit être finalisé mi-juillet, la Commission européenne réclame de nouveaux pouvoirs pour coordonner davantage l’action de l’Europe en cas de crise gazière majeure. Ce qui pourrait faire grincer des dents les gouvernements. Elle souhaite par exemple pouvoir demander à des Etats de débloquer leurs stocks gaziers nationaux dans un cas d’urgence, ou encore leur interdire de limiter sans justification les flux gaziers vers leurs voisins européens.
En outre, elle aimerait imposer aux gouvernements et aux compagnies gazières de lui révéler tout contrat à long terme conclu avec une compagnie non-européenne, comme par exemple avec Gazprom.

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