Quelques ouvriers déblaient le terrain sur lequel doit être construit le nouveau sarcophage de Tchernobyl, sous la menace permanente de la radioactivité nichée dans le sol et dans le réacteur en ruines.
« On tombe parfois sur des sources très radioactives et tous les ouvriers doivent alors être remplacés » après avoir reçu en une seule fois le seuil annuel d’exposition admissible, explique Alexander Novikov, directeur technique adjoint chargé de la sûreté.
Le premier sarcophage, commencé dans les jours qui suivirent la plus grande catastrophe du nucléaire civil de l’histoire, le 26 avril 1986, a été achevé l’an dernier.
Mais 150 m2 de trous restent impossibles à combler sans mettre des vies en danger. Le toit en tôle est déjà attaqué par la corrosion, laissant l’eau s’infiltrer à l’intérieur et contaminer davantage encore les sols. L’appel d’offres pour la nouvelle enceinte de confinement, une grande arche de plus de 100 mètres de haut et d’un poids de 18.000 tonnes, a été remporté en 2007 par les sociétés françaises Bouygues et Vinci.
Financé par un fonds international, le coût du chantier a été estimé à 1,3 milliard d’euros, dont 432 millions pour la seule arche. La structure sera assemblée sur un terrain contigü au réacteur, puis glissée sur des rails afin de recouvrir le premier sarcophage, actuellement surplombé par une cheminée qui devra être enlevée. Avant de mettre en place l’arche de confinement, les ouvriers doivent enlever six à sept mètres d’épaisseur de terre afin d’atteindre un niveau de rayonnement acceptable.
Parfois, il faut aussi casser des blocs de béton. Les concepteurs se heurtent aussi à une série de casse-tête techniques pour le déblaiement des déchets qui gisent encore à l’intérieur du réacteur et leur retraitement ultérieur.
La zone d’exclusion de Tchernobyl, une aire de 30 km autour du site où il est interdit de vivre en permanence. Le deuxième sarcophage, d’une durée de vie prévue de cent ans, sera une infrastructure pour déconstruire ce qui est à l’intérieur du réacteur, extraire les masses de combustible usé de manière à pouvoir ensuite les stocker comme déchets radioactifsl.
Ces opérations pourraient toutefois s’avérer extrêmement délicates, notamment le déblaiement des masses fondues qui contiennent à la fois du combustible et d’autres éléments et sont très, très radioactives.
Le combustible est normalement plongé dans une piscine située à proximité immédiate du réacteur pendant plusieurs années avant d’être retraité ou stocké comme déchet. A Tchernobyl, le combustible du réacteur n°4 s’est mêlé à des pièces métalliques ou de béton dont il ne peut être séparé.
Enfin, aucune solution n’est encore en vue pour le stockage définitif de déchets radioactifs après un éventuel démantèlement du site. Un stockage géologique profond, considéré par les experts comme la solution la plus sûre mais pour lequel aucun site n’a encore été trouvé, n’est pas envisagé avant les années 2030.

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