Les deux chefs de gouvernement se rencontreront au Palais Livadia, sur les bords de la mer Noire, où s’est déroulé le sommet ayant réuni en 1945 les dirigeants des Etats-Unis, Franklin D. Roosevelt, de l’URSS, Joseph Staline, et du Royaume-Uni, Winston Churchill.
Vendredi, M. Poutine et Mme Timochenko rejoindront leurs collègues d’autres pays de l’ex-Union soviétique en vue d’approfondir leur coopération dans l’énergie et de créer un système de défense aérienne commun, selon un porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.
Les problèmes du gaz seront au menu de la rencontre entre M. Poutine et Mme Timochenko, a confirmé le porte-parole du chef de gouvernement russe, Dmitri Peskov, tandis que la perspective d’une nouvelle crise russo-ukrainienne inquiète les Européens. Un quart du gaz consommé par l’UE provient de Russie, dont 80% transite par l’Ukraine.
Le 11 novembre, M. Poutine avait averti que son pays réduirait ses livraisons de gaz à l’Europe via l’Ukraine si celle-ci en prélevait illégalement sans régler sa facture.
L’Ukraine a dû mal payer son gaz à Moscou, en raison de la crise financière qui l’a durement touchée mais aussi des engagements contraignants figurant dans le contrat conclu entre les compagnies russe Gazprom et ukrainienne Naftogaz.
Ainsi, l’Ukraine devrait acheter 42 milliards de mètres cubes de gaz cette année et 52 milliards m3 en 2010, alors qu’elle prévoit d’en acquérir seulement 32-33 milliards de m3 en 2009, en raison d’une forte baisse de la demande, d’après Naftogaz.
Pendant une rencontre en septembre avec Mme Timochenko, M. Poutine avait indiqué que l’Ukraine pourrait se contenter d’acheter les volumes dont elle a besoin, sans pénalités. Mais cette déclaration n’a jamais été couchée sur le papier. Du coup, Kiev s’expose à une amende de plusieurs milliards de dollars.
Les analystes estiment que la conclusion d’un meilleur contrat en matière d’énergie, permettant à Kiev d’acheter moins de gaz l’an prochain, sera une haute priorité pour Mme Timochenko.
« Je pense que la Russie va donner son accord sur ce point mais elle jouera la montre lorsqu’il s’agira de signer », prédit Vladimir Saprykine, directeur des programmes énergétiques au centre Razoumkov, à Kiev. Moscou va chercher à repousser la signature de tout accord majeur à après la présidentielle ukrainienne de janvier afin de jouer sur une corde sensible dans la campagne, pense-t-il.
Mme Timochenko est un des favoris du scrutin avec le candidat pro-russe Viktor Ianoukovitch, tandis que le président sortant, M. Iouchtchenko, bête noire de Moscou, n’a quasiment aucune chance, à en croire les sondages.
Après avoir acheté cette année du gaz avec une réduction de 20% par rapport à un prix de marché, l’Ukraine va chercher à conserver le même tarif l’an prochain, explique M. Saprykine.

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