Le sort du constructeur automobile russe en difficulté Avtovaz, détenu à 25% par Renault, sera l’une des priorités de son agenda ainsi qu’une possible vente à Moscou d’un porte-hélicoptères français Mistral qui a provoqué l’inquiétude des voisins de la Russie.
Selon certains médias, le géant français de l’électricité EDF pourrait aussi signer lors de cette visite un accord pour rejoindre le monopole du gaz russe Gazprom et l’italien ENI dans le gazoduc South Stream, concurrent du projet Nabucco cher à l’Union européenne. Les discussions porteront sur le partenariat dans plusieurs secteurs stratégiques.
Et ce sera du donnant-donnant : les compagnies d’hydrocarbures françaises comme Total souhaitent avoir un accès accru aux réserves énergétiques russes.
Côté russe, le premier vice-Premier ministre Igor Chouvalov a surtout souligné que le programme de modernisation du constructeur automobile en difficulté Avtovaz sera « examiné » durant la visite.
Car M. Poutine a demandé au groupe français de participer financièrement à la restructuration du groupe russe, qui fabrique les voitures Lada et croule sous les dettes.
Le PDG du constructeur français, Carlos Ghosn a toutefois déclaré début novembre que le groupe ne prévoyait « ni d’augmenter, ni de diminuer » sa participation dans Avtovaz.
Pour raviver son secteur de l’automobile, en grave difficulté suite à la crise, la Russie a cependant besoin de technologies et de partenaires étrangers, d’autant que l’américain GM vient de refuser de vendre son unité européenne Opel à un consortium canado-russe.
Vladimir Poutine et son homologue français François Fillon doivent participer à un dîner jeudi suivi de discussions avec des hommes d’affaires au château de Rambouillet. L’ex-président russe (2000-2008) pourrait aussi avoir un entretien informel avec le président français Nicolas Sarkozy.
Le déplacement intervenant dans le cadre XIVe séminaire intergouvernemental économique franco-russe, le sujet sensible des droits de l’Homme en Russie ne devrait pas être au coeur des pourparlers.
La visite aura lieu au moment où Moscou cherche à acquérir un porte-hélicoptères de classe Mistral auprès de la France, pays membre de l’Otan, une acquisition qui romprait avec une longue tradition de préférence nationale.
Le navire a accosté lundi à Saint-Pétersbourg, ville natale de Vladimir Poutine, près du célèbre musée de l’Ermitage, où il doit rester jusqu’à jeudi.
Son capitaine, Didier Piaton a confirmé que cette escale se situait « bien sûr dans le contexte » de la vente éventuelle, précisant que des officiers et industriels russes avaient visité le bâtiment.
Selon des experts militaires, Moscou, en se dotant d’un tel bateau, entend accorder plus d’importance aux « forces d’attaque rapides », ce qui suscite l’inquiétude de la Géorgie, qu’une guerre en août 2008 avait opposée à la Russie.
L’Estonie, qui entretient aussi des rapports mouvementés avec Moscou, s’inquiète aussi de ce projet et souhaite demander des précisions à Paris à ce sujet.

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