La Russie a fait monter la pression sur l’Otan avant une réunion hautement symbolique à Bruxelles, en demandant à pouvoir parler avec l’alliance de « sécurité européenne » et de la proposition de son président sur la question.
Tout en affirmant devant la presse qu’il n’y avait pas de « raison de mettre en doute la nécessité de la rencontre à haut niveau politique » de vendredi, il a sciemment laissé planer un doute sur sa tenue effective, en souhaitant qu’un compromis puisse être trouvé d’ici là concernant les requêtes russes.
Le différend porte sur le contenu des discussions du Conseil Otan-Russie, l’organe de dialogue entre les pays de l’Alliance atlantique et Moscou à Bruxelles.
« Nous voulons avoir la possibilité d’utiliser le forum qu’est le Conseil Otan-Russie comme forum spécialisé pour discuter de sécurité européenne, y compris du projet de Traité sur la sécurité européenne que vient de présenter notre président (Dmitri) Medvedev », a-t-il déclaré.
La présidence russe a publié dimanche son projet de Traité, qu’elle aimerait voir adopté par les pays et les organisations internationales de la zone euro-atlantique afin de se « défaire de l’héritage de la Guerre Froide ».
Le président russe Dmitri Medvedev avait évoqué l’idée d’un tel traité pour la première fois en juin 2008, mais cette initiative a reçu jusqu’à présent un accueil plutôt tiède dans le monde occidental.
« On peut en parler de manière parallèle à l’OSCE », l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, réunie ce mardi à Athènes, a estimé M. Rogozine. « La vraie bataille politique est là », à savoir que la question ne reste pas cantonnée à l’OSCE mais puisse aussi être abordée au Conseil Otan-Russie, a-t-il ajouté.
Les Russes veulent absolument qu’il soit indiqué dans un des documents en discussion en vue de la réunion de vendredi à Bruxelles, que le Conseil Otan-Russie a vocation à être un forum « où on discute, où on améliore la sécurité européenne », a souligné l’ambassadeur russe.
Il a également dit vouloir la création d’un groupe spécialisé sur l’Afghanistan dépendant du Conseil Otan-Russie. « C’est un sujet important et sérieux, qui concerne la Russie », a-t-il argumenté.
Toutefois, des diplomates européens ont cherché à minimiser le différend : « On examine des compromis ». Le porte-parole de l’Otan James Appathurai a de son côté assuré dans un communiqué que « les négociations » avec la Russie « n’ont pas été bloquées », « contrairement à la fausse impression que pouvaient donner des informations de presse ».

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