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Jane Birkin, MC Solaar et l’Union des étudiants juifs de la France au secour de la Géorgie

Organisé dans la ville de Zougdidi, proche d’Abkhazie par des ONG géorgiennes et françaises dont SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de la France, le concert avait pour objectif de "témoigner de la solidarité de la société civile française" envers les réfugiés géorgiens.

Plusieurs chanteurs français dont Jane Birkin et MC Solaar ont participé mercredi à Zougdidi (ouest de Géorgie) au concert de solidarité avec les réfugiés géorgiens ayant fui les républiques séparatistes géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, dont l’indépendance a été reconnue par la Russie après la guerre éclair d’août 2008.

"Je suis venue ici contre l’indifférence. Les gens et la presse ont tendance à avoir la mémoire courte. Devant cette indifférence, nous sommes venus chanter ici", a déclaré aux journalistes Jane Birkin peu avant le concert.

"Mikvarkar (je vous aime)," a-t-elle lancé en géorgien devant environ 10.000 habitants locaux et réfugiés, qui se sont rassemblés à 16H00 GMT sur la place centrale de Zougdidi. Cette ville située à proximité de l’Abkhazie abrite le plus grand camp de réfugiés.

Près de 400.000 personnes ont été déplacées depuis le début des années 1990 à la suite des conflits armés en Ossétie du Sud et en Abkhazie, qui se sont soldés par la proclamation unilatérale de l’indépendance de ces régions, selon le communiqué des organisateurs.

"Si la guerre russo-géorgienne d’août 2008 a été sous le feu des projecteurs de l’actualité, la situation de quelque 400.000 réfugiés internes (...) est méconnue", ont-ils indiqué.

Le concert a été précédé par une marche de solidarité vers le point de contrôle situé près du pont d’Engouri, à la lisière de la ligne de démarcation d’Abkhazie. Les militants ont marché sur la route, où ils ont écrit avec de la peinture rouge "La musique met fin à la guerre", "Paix", "La musique libère".

"Je sais que les hommes politiques sont guidés par des raisons économiques et financières. Mais parfois, les artistes peuvent, peut-être, changer les choses, les chansons peuvent changer les choses", a déclaré Jane Birkin.

Le président géorgien Mikheïl Saakachvili, qui a assisté au concert, a de son côté qualifié de "très importante" cette initiative des chanteurs français : "De tels événements sont très importants pour nous, ils montrent que le monde soutient la Géorgie".

La Russie a reconnu en août 2008 l’indépendance de l’Abkhazie ainsi que de l’Ossétie du Sud, un autre territoire séparatiste géorgien pro-russe, après une guerre éclair avec la Géorgie pour le contrôle de cette dernière.
Cette décision n’a été suivie pour l’heure que par le Nicaragua, le Venezuela et Nauru, une petite île du Pacifique.


L’AVIS DE L’EXPERT
Crise russo-géorgienne : les erreurs de Tbilissi’ par Julien Théron

Le débat sur la question de l’agresseur, Russie ou Géorgie, n’a que peu d’importance. Si la Russie a largement dépassé, en intensité, en durée et en territoire, la défense de l’Ossétie, il reste que le déclenchement de la crise a été la tentative de récupération militaire du territoire sud-ossète par Tbilissi/ Géorgie.

Tbilissi avait lancé une offensive dans la nuit du 7 au 8 août 2008 pour reprendre le contrôle de l’Ossétie du Sud.

Moscou avait riposté en engageant une opération militaire d’envergure en Géorgie. Cette guerre éclair de cinq jours s’est soldée par la reconnaissance par Moscou de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, un acte qui a suscité d’importantes condamnations internationales.

Le président géorgien Mikheïl Saakachvili, tombeur d’Edouard Chevardnadze, a en effet enchaîné une série d’erreurs politiques majeures dont l’addition –entre autres– a conduit la Géorgie à l’impasse actuelle.

Présomption des soutiens occidentaux

Le président géorgien s’est toujours targué d’être proche des Occidentaux, ce qui peut difficilement lui être reproché, et d’ailleurs le soutien chaleureux du président George W. Bush à Tbilissi en 2005 en a été la meilleure démonstration. Mais entre l’alliance stratégique et le soutien aveugle, il y a un fossé que les Occidentaux se sont empressés de ne pas franchir. Dans son bras de fer perpétuel avec Moscou, le président Saakachvili a estimé avoir le soutien sans faille des Occidentaux, chacun des deux blocs étant en opposition avec la Russie sur plusieurs sujets : énergie, droits de l’homme et sécurité pour les Européens, bouclier antimissile, proximité avec Téhéran et Pyongyang, démocratie, rivalité asiatique et polaire avec les États-Unis. Mais le chef d’État géorgien aurait bien fait d’imaginer qu’au lieu de jouer la confrontation avec la Russie, les Occidentaux hésiteraient à ajouter à leurs longues listes de litiges un conflit armé dans la poudrière caucasienne. Et, une fois encore, la Géorgie n’est ni territoire de l’Union européenne, ni partie de la sécurité collective otanienne. Les Occidentaux l’ont rappelé par leur inaction –hors médiation et appels au calme– face à l’entrée en scène de l’armée russe.

Le déclencheur du conflit

Le débat sur la question de l’agresseur, Russie ou Géorgie, n’a que peu d’importance. Si la Russie a largement dépassé, en intensité, en durée et en territoire, la défense de l’Ossétie, il reste que le déclenchement de la crise a été la tentative de récupération militaire du territoire sud-ossète par Tbilissi.

C’est de là, très précisément, que la Russie tire toute sa légitimité d’action. En terme de droit de la guerre, comme dans l’accord de Sotchi de 1992, la Russie a pu en droit répliquer à l’intervention coercitive de la Géorgie. Non content d’offrir une légitimité à l’intervention d’une Russie qui n’en demandait pas tant, Tbilissi a provoqué la riposte russe qui s’est traduite par l’entrée des forces russes sur le territoire géorgien, et conséquemment par des pertes militaires, par la destruction d’infrastructures, par des pillages, mais surtout par des pertes humaines. Quelles que soient les justifications à posteriori du président Saakachvili, il restera historiquement celui qui a provoqué la confrontation armée.

L’usage de la force

La présidence géorgienne, qui prône activement son entrée dans l’UE, aurait dû à cet égard aussi y regarder à deux fois avant son intervention militaire. Car l’Union n’est pas une aire dans laquelle on emploie la force armée pour récupérer un territoire sécessionniste. L’UE a, tout au contraire, été créée afin d’éviter l’usage de ce type de « solution ». Dans son esprit philosophique kantien, dans ses politiques, autant que par sa propension au soft power, l’UE est tout sauf une entité belligérante. La Politique européenne de sécurité et de défense (PESD) se fait d’ailleurs uniquement autour des trois missions de Petersberg : imposition de la paix, maintien de la paix, et missions civilo-militaires. La rupture des accords de Sotchi par le président Saakachvili est absolument contraire à ces principes, et, au-delà, en terme strictement stratégique, les dégâts humains, physiques et financiers auraient pu faire l’objet d’une évaluation plus réaliste.

Le perdant se défausse

Il est étonnant de constater que la Géorgie, pourtant déclencheur de la confrontation militaire, en ait appelé, dès ses premières défaites opérationnelles, à la cessation des hostilités. Ceshostilités ont été, sinon souhaitées (les combats contre les sécessionnistes étaient certainement prévus, mais pas ceux contre les forces russes), en tous cas ouvertes, tout en connaissant l’hostilité de la Russie à une Ossétie du Sud géorgienne, comme au président Saakachvili lui-même. Comment donc, en toute morale politique, souhaiter une action, puis, dès que celle-ci n’évolue pas dans le sens souhaité, se retirer du jeu en criant à l’injustice ? Victime, la Géorgie l’est, à n’en pas douter. Elle est victime d’une réponse militaire russe excessive, disproportionnée. Mais ses dirigeants portent essentiellement la charge des politiques qu’ils ont eux-mêmes mises en œuvre et ne peuvent objectivement s’en défausser. Il est probable que le peuple géorgien comme le peuple ossète reconnaîtront là un manque de responsabilité de la part du président Saakachvili qui, désormais, est bon gré mal gré obligé de s’accommoder de la situation inextricable dans laquelle il a plongé son pays. Le chaos est certes rondement organisé par la Russie, mais la décision politique initiale est sienne.

L’OTAN s’éloigne

Certes, lors du sommet de Bucarest, les dirigeants de l’Alliance atlantique avaient annoncé que l’Ukraine et la Géorgie feraient un jour partie intégrante de l’OTAN[5]. Certes aussi, la chancelière allemande a confirmé ce dessein. Mais la chose n’est pas faite, et la crise actuelle retardera certainement cette intégration, par la situation sur le terrain autant que par la réticence des actuels membres devant un président qui, face au séparatisme, a choisi une solution militaire, sans en mesurer les conséquences pour son pays comme pour ses alliés.

Plus réticents que les Américains à une intégration rapide du pays caucasien, les Européens –au premier rang desquels la France et l’Allemagne, qui avaient milité pour un retardement de son intégration au sommet de Bucarest–, devraient se faire encore plus lents à formaliser cette idée. Encore une fois, la décision d’intervention se révèle contre-productive.

À l’image de la région caucasienne, la Géorgie est sans nul doute prisonnière des pressions de grands blocs, dont les trois principaux –américain, européen et russe– ont leurs parts respectives de responsabilité dans cette explosion de violence. Mais la fuite en avant n’a jamais constitué une solution politique durable, pas plus que la contrainte militaire imposée à un peuple indépendantiste n’a réussi à terme à assimiler un territoire. Et si la Géorgie a plus que jamais besoin d’aide et de soutien stratégique –ne serait-ce que pour sa population et pour la stabilité régionale– ses dirigeants devront intégrer que ni la coercition militaire ni l’irresponsabilité politique n’ont leur place en Europe.





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