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Le Kremlin verrouille l’information sur la canicule

Confrontées depuis des semaines à une canicule sans précédent et à des incendies qui ont menacé des centres militaires et nucléaires puis des zones polluées par la radioactivité, les autorités russes cherchent à verrouiller l’information, avec plus ou moins de succès.

Les incendies ont ravagé des centaines de milliers d’hectares et fait 54 morts depuis la fin juillet. Au sommet de la crise, les feux s’étendaient sur une surface de 200.000 hectares en Russie, et ont ravagé près d’un million d’hectares.

Dans la région de Nijni-Novgorod, où se trouve le centre nucléaire de Sarov (500 km à l’est de Moscou), la surface des feux s’est réduite de 2.300 hectares, selon le ministère, qui ne précise pas la surface toujours en feu.

Près de 167.000 hommes restaient mobilisés mardi dans la lutte contre les incendies en Russie.

Dernier épisode de cette politique de contrôle de l’information, un site officiel dépendant du ministère russe de l’Agriculture est inaccessible depuis vendredi après avoir révélé que des zones polluées par la radioactivité avaient été touchées par des incendies.

Le site (www.rchf.ru) de l’Agence de protection des forêt a annoncé vendredi que 4.000 hectares de terres irradiées avaient brûlé depuis juillet en Russie, dont 270 hectares dans la région de Briansk, à la frontière du Bélarus et de l’Ukraine, zone touchée par l’explosion en 1986 de la centrale de Tchernobyl.

Cette annonce inquiétante avait été aussitôt démentie par le ministre des Situations d’urgence, Sergueï Choïgou, selon lequel aucune région irradiée n’a été touchée par les incendies.

"C’est de la censure. Les autorités devraient informer la population, les pompiers, les volontaires sur le danger radioactif éventuel et les mesures à prendre pour se protéger", a estimé Vladimir Sliviak, co-président du groupe écologique Eco-défense.

"Avec l’internet, tout le monde a pu voir sur des photos satellites qu’il y avait des incendies dans la région de Briansk", a-t-il ajouté.
Vladimir Tchouprov, directeur du programme énergétique de Greenpeace Russia, a ajouté que "Greenpeace avait observé le 15 août trois nouveaux incendies dans la région de Briansk, grâce à des photos satellite".

"L’Etat répète les mêmes erreurs qu’il y a 25 ans, quand on cachait ou minimisait les conséquences de Tchernobyl", a déclaré M. Tchouprov.

A Tchéliabinsk (Oural - 2.000 km à l’est de Moscou), c’est avec trois jours de retard que la population a appris début août que les autorités avaient décrété l’état d’urgence autour du centre nucléaire de Maïak menacé par les incendies.

De quoi alimenter l’inquiètude quant au sort de ce gigantesque complexe (où s’est produit une catastrophe nucléaire en 1957) capable de retraiter 400 tonnes de combustible nucléaire usagé par an et qui stocke des quantités de déchets nucléaires.

Fin juillet, ce sont des médias russes qui ont révélé que le feu avait détruit une base de l’aéronavale dans la région de Moscou, un fait que les autorités militaires ont fini par reconnaître après l’avoir dissimulé.

Les incendies avaient déjà plongé la capitale russe pendant plusieurs jours dans les fumées suffocantes des feux de tourbières, faisant craindre, combinées à des températures approchant les 40 degrés Celsius, un bilan de plusieurs milliers de décès, notamment de personnes âgées.

Pour le bilan des morts de la canicule sans précédent pendant plus de six semaines, les autorités ont tenté par divers moyens de minimiser le nombre de morts, qui se chiffre par milliers à Moscou, selon plusieurs sources.

Le quotidien populaire Tvoï Den a affirmé que le département de la Santé de Moscou avait interdit aux médecins de diagnostiquer les "coups de chaleur" afin de faire baisser "les statistiques des décès liées à la canicule", une information confirmée par plusieurs médecins dans la capitale.

"Il n’y a pas eu de telles consignes, c’est du délire", s’est défendue une responsable du département de la Santé de la capitale.
Le chef de ce même département, Andreï Seltsovski, avait reconnu le 9 août que la mortalité avait doublé dans la capitale avec 700 décès enregistrés quotidiennement. Il avait été aussitôt réprimandé par le ministère de la Santé qui assurait que les données fiables pour juillet ne seraient disponibles qu’après le 20 août.

Selon les chiffres de l’état-civil moscovite, le nombre de décès à Moscou a augmenté en juillet de 50% par rapport à 2009, soit quelque 5.000 morts de plus.

Des éléments rejetés par le chef des services sanitaires de Moscou, Tatiana Popova, qui a refusé d’établir un lien entre la chaleur exceptionnelle et la hausse des décès.

La sécheresse ayant entraîné la perte d’environ un tiers des récoltes de grain, la Russie, troisième fournisseur mondial de céréales, a décrété un embargo sur les exportations.
La presse russe soulignait mardi le risque d’inflation généralisée, après la hausse qui s’est déjà fait sentir sur la farine et le pain.





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