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Exposition ’Les artistes russes hors frontière’

Du 21 juillet au 31 octobre 2010

L’exposition présentée est consacrée aux « artistes russes hors frontière », ou « Russkoe Zarubejie », à cette partie du patrimoine culturel russe qui s’est construite en exil, le plus souvent à Paris et surtout à Montparnasse.

Sa richesse est aujourd’hui largement reconnue, en Russie comme en France, pour les grands noms qui l’ont illustrée. Mais il reste à faire découvrir au public toute une grande part, très intéressante, de ce patrimoine, demeurée en marge des projecteurs des médias et des institutions.

Nous remercions donc chaleureusement l’homme sans qui cette exposition n’aurait pas vu le jour, Georges Khatsenkov. Collectionneur passionné, il nous révèle, grâce à sa généreuse collaboration, une superbe partie d’un patrimoine culturel si peu connu en France.

Nous saluons également Vladimir et André Hofmann, deux experts en
art russe qui mettent à notre disposition et à celle de tous les visiteurs, leurs connaissances et leur passion pour cet art notamment à travers la rédaction du catalogue édité pour l’occasion qui laissera une trace pérenne de cette exposition singulière, mais forcément temporaire.

Et quel endroit plus propice à l’accueil de ces tableaux, que l’un des lieux qui les a accueillis lors de leur exil ? Les anciens ateliers de Marie Vassiliev et sa célèbre cantine qui a reçu tant d’artistes de toute nationalité et tout domaine sont aujourd’hui les locaux du musée du Montparnasse.

Toujours avec cette tradition d’intersection, ce mélange des cultures du monde... du connu et de l’inconnu, du vivant se reflétant dans le
miroir de son histoire et de ses racines, le musée s’est donné pour tache de nourrir la mémoire du quartier du Montparnasse. Il s’emploie
à redevenir ce que ces ateliers étaient : un lieu cosmopolite où l’activité foisonnante et créative de ses habitants contribue à l’enrichissement du patrimoine culturel de demain, un lieu pour tous, un musée de société où chacun est acteur de ce qui est donné à voir.
Tout est donc aujourd’hui rassemblé pour faire de cette exposition “Les artistes russes hors frontière” un endroit incontournable de l’été
2010 et qui sera sans nul doute une véritable révélation pour bon nombre de visiteurs spécialistes ou amateurs. /

Jean DIGNE président du musée du Montparnasse


Le vent soufflé par la Révolution d’octobre 1917 a profondément bouleversé le destin des intellectuels et des artistes russes. Beaucoup ont été contraints de quitter leur pays et de s’exiler.
Ceux qui sont restés ont dû se plier aux exigences du nouveau pouvoir
soviétique et, sur le plan esthétique, au « réalisme socialiste », devenu à partir du début des années 30, après une période de coexistence pacifique et même fraternelle entre les artistes de l’avant-garde engagés dans l’action et les autorités, la ligne officielle et l’unique voie autorisée, sous peine de relégation ou de représailles.

Beaucoup ont élu pour terre d’asile la France et surtout Paris, qui constituait depuis le dix-neuvième siècle la Mecque artistique de l’Europe et le passage obligé pour tout artiste. Beaucoup d’entre eux y avaient séjourné avant même la Révolution.
C’est à Paris que Diaghilev exposait la peinture russe, dès 1906, au salon d’Automne, avant de partir à la conquête du monde avec sa troupe des Ballets russes. L’effet était saisissant. Diaghilev réalisait la synthèse des arts : musique, peinture, danse… Avec le concours de ses peintres du monde de l’art : Bakst, Benois, Korovine, Roerich, Golovine, Bilibine, Larionov, Gontcharova…

Ceux des artistes russes qui s’étaient établis déjà en France avant la guerre, sont rejoints par la vague des émigrés à partir des années 20. De la sorte, les artistes russes, souvent parmi les plus éminents, se retrouvent hors de leur pays, font désormais partie du « Russkoe Zaroubejie », c’est-à-dire de la « Russie hors frontière ». Parmi eux : Chagall, Kandinsky, Marie Vassilieff, Gontcharova, Larionov, Alexandra Exter, Sonia Delaunay, Férat, Soutine, Somov, Maliavine,
Bilibine, Grigoriev, Pougny, Iacovleff, Ivanoff, Doboujinsky, Choukhaïeff,
Annenkov, Baranoff-Rossiné, Sérébriakova, Kisling, Tarkhoff, Charchoune, Anisfeld, Korovine, Survage, Tchélistchev, Kalmakov, Stelletski ; les sculpteurs Zadkine, Chana Orloff ; les décorateurs Erté, Bilinski, Zinoview, les illustrateurs Alexandre Alexeïeff et Zworykine… et quantité d’autres moins connus aujourd’hui mais de très grande qualité.

Dans la Russie pré-révolutionnaire et révolutionnaire, ils ont illustré les courants divers de l’art de l’époque, de la figuration jusqu’à l’avant-garde suprématiste et constructiviste. Une fois établis à Paris, certains restent fidèles à leur style, d’autres s’adaptent au nouvel univers artistique qui les environne, et aussi aux exigences
d’une existence devenue précaire. D’une manière générale, les peintres figuratifs ont plus de facilité à s’adapter tandis que les anciens tenants de l’avant-garde passent par des périodes de recherches et de doutes. Les figuratifs s’inspirent tantôt
des thèmes russes de leur passé, tantôt des paysages français et parisiens. Certains, ex-avant-gardistes renouent avec la figuration, comme Pougny et Mansouroff.

Les destins sont divers : Korovine continue de brosser les vues d’un Paris nocturne impressionniste et les paysages russes antérieurs ; Maliavine évoque les paysannes de sa terre natale dans des compositions colorées et foisonnantes ; Chmarov les plonge dans des halos de douce lumière ; Iacovleff, éternel voyageur, a la bonne fortune de participer aux campagnes Citroën, et ramène de ses voyages en Afrique et au Japon des centaines de compositions, peintures et sanguines ; Sérébriakova peint et dessine ses modèles préférés qui donnent lieu à des chefs-d’oeuvre de sensualité ; Véra Rockline rivalise avec elle avec d’admirables nus et portraits féminins. Eternelle muse montparnassienne, Marie Vassilieff édulcore le cubisme vigoureux de ses débuts pour peindre des compositions empreintes de religiosité ; Kalmakov développe un symbolisme onirique, raffiné et sulfureux ; Tchistovsky illustre le raffinement de beautés sensuelles et art-déco ; Exter, avant-gardiste dans l’âme, reste fidèle à
l’abstraction ; Gontcharova, toujours prompte à développer en Russie les concepts novateurs de son époux Larionov, initiateur du rayonnisme, continue d’explorer d’innombrables déclinaisons plastiques ; Pougny trouve sa voie au terme d’une longue recherche dans d’admirables petits formats vuillardesques ; Annenkov, accaparé par son activité de décorateur au cinéma, troque le futurisme au bénéfice d’une figuration synthétique qui n’est pas sans évoquer
Raoul Dufy, avec le jeu de la matière en plus ; Charchoune s’inspire de partitions musicales pour ses compositions abstraites...

Etablis souvent dans le quartier de Montparnasse, qui est leur point de
ralliement, les artistes russes se mêlent et se confrontent aux autres
artistes présents, originaires des quatre coins du monde, se regroupent, participent à la vie du quartier, deviennent les acteurs des fameuses « heures chaudes de Montparnasse » marquées par les rencontres à La Rotonde, au Dôme, à La Coupole, et au Bullier, face à La Closerie des Lilas, avec ses bals travestis annuels organisés par Iliazd pour renflouer les caisses de l’« Union des artistes russes » dont il assure le secrétariat général. L’affiche du GRAND BAL TRA/vesti/nsmental (23 février 1923) donne le ton : « Gontcharova et sa boutique de masques - Delaunay et sa Compagnie transtlantique de pickpockets - Larionow et son rayonnisme – Léger et son orchestre-décor - Iliazde et ses accès de fièvre au 41e degré - Marie Wassilieff et ses poupons – Serge Romoff ami des pauvres - Tristan Tzara et ses oiseaux gras - Pascin et ses danses du ventre inédites – Lizica Codréano dans la chorégraphie de Larionow -
Baraque des poètes où l’on vend des poèmes au mètre »…

L’année
suivante, c’est au tour du « Bal Banal » et du « Bal Olympien » de défrayer la chronique et, en 1925, celui du « Bal de la Grande Ourse » à l’affiche dessinée par Henri Laurens, qui prend pour thème l’architecture constructiviste en hommage à l’exposition internationale des Arts décoratifs. Les participants en gardent un souvenir ému, par la quantité de jolies femmes rencontrées, y compris les modèles des académies, largement dévêtues !

Ensemble, ils constituent la première génération des artistes russes émigrés. A leurs côtés, des plus jeunes, qui ont quitté la Russie encore adolescents ou même enfants, grossissent les rangs de la diaspora artistique russe : Poliakoff, Lanskoy, Téréchkovitch, De Staël…

Dans l’entre-deux-guerres, les galeries parisiennes souvent prestigieuses leur ouvrent leurs portes : galerie Armand Drouant, Billiet-Worms, Bernheim et Berheim Jeune, Bonaparte, La Boétie, Devambez, Siot- Decauville, Bing, Katia Granoff, Barbazanges, La Rennaissance, L’Epoque, Sauvage… de même que les fidèles Vladimir Hirshman, qui les reçoit au salon Hirshman du faubourg Saint-Honoré, Lesnik dans son magasin d’antiquités du boulevard Raspail et Povolozky dans sa librairie-galerie de la rue Bonaparte
Marquées par la guerre et de nouvelles transhumances, les années 40/50 marquent un tournant. L’abstraction revient en force des deux côtés de l’Océan, portant en elle une liberté picturale en accord avec la liberté des idées retrouvées à la Libération. Kandinsky se trouve définitivement consacré. Sonia Delaunay, Charchoune, Annenkov, De Staël, Lanskoy, Poliakoff, Zack, Grimm, Karskaia trouvent dans cette seconde vague de l’abstraction, soit l’affermissement de leurs parcours, soit, pour ceux qui avaient adhéré à la première abstraction, une seconde jeunesse.

De la sorte, tandis que le réalisme socialiste perdure et règne en maître en Union Soviétique, un pan entier de la création artistique russe, le plus original car non soumis aux contraintes idéologiques, s’effectue hors frontière, enrichissant à la fois le patrimoine russe et le patrimoine français.
Cet apport n’est pas toujours apprécié à sa juste valeur dans leur pays d’adoption : en majorité, les peintres de l’émigrations russe – hors les grands ténors - achèvent leur existence dans la misère et l’oubli, ignorés des institutions, absents des grandes collections publiques.

Il aura fallu attendre la Pérestroïka en Russie pour leur rendre une
nouvelle visibilité : ils sont, depuis une quinzaine d’années, redécouverts dans leur pays d’origine, honorés par des expositions personnelles ou thématiques, convoités par les nouveaux collectionneurs. A Moscou existe déjà un musée de « la Russie hors frontière ».

/ Vladimir HOFMANN expert en art russe auprès de l’Alliance européenne des experts
André HOFMANN rédacteur du Catalogue raisonné de Youri Annenkov

Musée du Montparnasse
21, avenue du Maine 75015 Paris
tél : 01 42 22 91 96
Métro : Montparnasse-Bienvenüe (sortie n° 2)

Ouvert tous les jours sauf le lundi du 21 juillet au 31 octobre 2010





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