Mais l’essentiel est qu’aujourd’hui, on peut parler avec certitude de la nouvelle qualité des relations russo-françaises. Son sens est la consolidation de la confiance mutuelle. A son tour, cela jette les bases de l’extension constante de notre coopération dans les affaires européennes et mondiales. Ce n’est pas un hasard que pour la majorité des problèmes actuels, les positions de la Russie et de la France soient proches ou coïncident. La Russie et la France sont unies par l’aspiration à l’ordre mondial démocratique, à la suprématie du droit international, le rôle clé revenant à l’ONU, aux méthodes polyvalentes du règlement des conflits.
La nouvelle qualité des relations russo-françaises a été reflétée dans la récente séance du Conseil de coopération aux problèmes de la sécurité au niveau des ministres des affaires étrangères et de la défense. Créé par décision de nos présidents, le Conseil - et cela a été nettement manifesté à la séance du 8 juillet - s’impose en tant qu’instrument efficace de la coopération, appelé à mettre au point les problèmes concrets de la coopération de la Russie et de la France dans le domaine stratégique.
Bref, les perspectives pour notre dialogue politique sont favorables. Il y a tout lieu de croire que la Russie et la France vont toujours jouer un rôle important dans la garantie de la sécurité européenne et mondiale, faire un apport de poids à la recherche des réponses conjointes aux nouveaux menaces et défis.
Question :
Existent-il les perspectives de l’augmentation des investissements français dans l’économie russe ?
Réponse :
A présent, le volume total des investissements français dans l’économie russe fait environ 6,5% du volume des investissements étrangers accumulés en Russie, dont les investissements directs font moins de 10%. Pour cet indice, la France investit 3 fois moins que l’Allemagne et 2 fois moins que les USA, Chypre et la Grande-Bretagne, ce qui permet d’affirmer que la mise en pratique du potentiel de la coopération d’investissement de nos pays est insuffisante. Parmi tous les secteurs de l’économie, les investisseurs français ne sont leaders parmi les investisseurs étrangers qu’en métallurgie non ferreuse (19,5% du volume total des investissements dans le secteur).
Dans le cadre du Conseil aux problèmes économiques, financiers, industriels et commerciaux (CPEFIC), fonctionne le Groupe de travail aux investissements, dont la nouvelle séance est prévue pour septembre prochain. A la dernière séance en juin 2002, a été constatée l’amélioration de la législation fiscale russe. Cependant, les investisseurs français ont toujours plusieurs questions. Pour notre part, on s’efforce d’y donner des réponses optimales.
Aujourd’hui, ce sont les importantes multinationales françaises qui sont les principaux investisseurs. Dans le même temps, est digne de l’attention l’intérêt réservé, mais néanmoins réel au développement de l’activité économique en Russie de la part du segment des entrepreneurs le plus nombreux en France - des petites et moyennes entreprises qui travaillent dans le secteur réel de l’économie. Les inciter à participer plus activement aux projets d’investissement, avant tout au niveau des régions, là est une des réserves importantes pour développer la coopération d’échanges commerciaux et d’investissement. En a parlé, en particulier, J.-P.Raffarin, Premier ministre de la France, au cours de sa rencontre à Saint-Pétersbourg, le 28 juin dernier, avec M.M.Kassianov, Président du Gouvernement de la Russie.
Question :
Lors du récent salon d’aviation au Bourget, a été créée la commission russo-française pour la coopération militaro-technique. Quels projets conjoints avec la France dans ce domaine sont, selon la partie russe, les plus prometteurs ?
Réponse :
Au niveau des ministères de la défense de la Russie et de la France, depuis février 1995, fonctionne le Comité bilatéral de coopération militaro-technique (CMT). Le 18 juin 2003, au Bourget a été signé le Règlement sur le Comité, en conformité avec lequel, il est chargé des tâches de la définition des pistes concrètes de la coopération dans le domaine de la CMT.
L’expérience accumulée par la Russie et la France dans ce domaine permet de réaliser les formes modernes de la coopération comme la création des JV de fabrication des échantillons d’armes et de matériel militaire pour les vendre sur les marchés des pays tiers, l’activité de modernisation des échantillons du matériel militaire de fabrication française et russe, la coopération dans le domaine des recherches militaires.
Le 8 juillet, à la deuxième séance du Conseil de coopération franco-russe aux problèmes de sécurité, à laquelle ont participé les ministres des affaires étrangères et de la défense de nos pays, ont été discutés différents aspects de la coopération dans le domaine militaro-technique et les autres domaines des hautes technologies, dont l’aérospatiale et l’aéronautique.
A titre d’exemple, on pourrait citer le projet conjoint russo-français de l’avion d’entraînement MiG-AT, dont les essais en vol et la certification sont en cours de finalisation.
Question :
Dans la mer de Norvège, ont eu lieu les manoeuvres russo-français de la marine de guerre. Quelle importance la partie russe y attache-t-elle ?
Réponse :
Aux manoeuvres conjoints russo-français en mer de Norvège, on a travaillé à la mise au point de l’interaction des deux flottes dans le domaine de la navigation et des déplacements. L’échelle des manoeuvres a été relativement petite, mais leur importance est difficile à sous-estimer. La Russie n’a jamais mené auparavant de pareilles manifestations avec aucun pays de l’OTAN, et avec l’utilisation des sous-marins encore.
Cela témoigne avant tout du haut niveau de confiance, qui caractérise à présent les relations entre la Russie et la France, y compris entre nos forces armées. Mais c’est aussi la preuve de ce que nos pays, en établissant cette pratique, font des pas réels vers l’édification du futur système de la sécurité européenne, basé sur la prise en compte des intérêts légitimes de tous les pays de notre continent.
Question :
A Moscou, s’est ouverte l’exposition consacrée à l’activité de Charles de Gaulle. Quelle importance la partie russe attache-t-elle à cet événement dans les relations bilatérales ?
Réponse :
L’ouverture à Moscou de l’exposition "Charles de Gaulle" constitue un événement marquant dans les traditionnels rapports d’amitié russo-français.
Dans notre mémoire, le nom du général de Gaulle, qui s’est mis au cours de la Seconde guerre mondiale à la tête du mouvement français de la résistance, est lié à la communauté de combat des peuples de la Russie et de la France dans la lutte contre l’Allemagne fasciste.
Tout ce qui s’associe à Charles de Gaulle nous est également cher, puisqu’il a été un ferme partisan du rapprochement russo-français, car il y voyait le facteur importantissime de la stabilité en Europe et dans le monde. C’est Charles de Gaulle qui a proclamé le cap à l’interaction avec la Russie comme la constante de la politique étrangère de la France. Et nous sommes heureux que les héritiers politiques de Charles de Gaulle suivent fermement ce précepte.
Bien que dans nos rapports tout n’ait pas toujours marché comme sur des roulettes, la vie même a encore et encore confirmé la sage idée du général que "le besoin de l’union franco-russe devient évident à chaque nouveau tournant de l’histoire".
Aujourd’hui, la France joue le rôle leader dans le développement des relations de la Russie avec l’UE. Nous travaillons ensemble de manière ciblée à la formation de l’espace européen commun dans les domaines de l’économie, de la justice, de la sécurité extérieure et intérieure, des recherches scientifiques, de l’enseignement. Par cela même, l’idée du général Charles de Gaulle sur la création "de l’Europe depuis l’Atlantique jusqu’à l’Oural" prend une forme réelle.