You.V.Fédotov : Hier, le Conseil de Sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1500, qui est appelée à intensifier l’implémentation de la communauté internationale au rétablissement et au règlement d’après-guerre en Irak.
La décision adoptée par le Conseil de Sécurité prévoit le déploiement de la mission polyvalente de l’ONU de l’assistance à l’Irak. La mission comprendra plus de 300 collaborateurs onusards, et ses pouvoirs seront de poids. Ils ont été proposés par le Secrétaire Général dans son dernier rapport du 15 juillet et comprennent le plus large cercle de problèmes. Ce sont l’aide économique à la reconstruction du pays, la création de la société civile, la préparation et la tenue des élections, le règlement des problèmes humanitaires aigus.
La Russie, comme on sait, a depuis le début soutenu les recommandations du Secrétaire Général de l’ONU sur l’instauration de la mission de l’ONU en Irak. Nous sommes heureux que notre position ait maintenant reçu le soutien de tous le Conseil de Sécurité. Nous espérons que l’instauration de la mission de l’ONU et son rapide déploiement permettront de garantir une participation de poids et autonome de l’ONU au règlement irakien.
La nouvelle résolution du Conseil de Sécurité salue aussi l’instauration du Conseil de gouvernement provisoire de l’Irak comme un pas sur la voie de la formation, dans l’avenir, du gouvernement légitime et internationnellement reconnu de ce pays, ainsi qu’au rétablissement de la souveraineté de l’Irak. L’ONU, à propos, peut y jouer son rôle. Le Secrétaire Général de l’ONU a proposé dans son rapport de fixer le calendrier de l’avancement vers ce but. L’assistance de la part de l’ONU, comme nous l’espérons, permettra de garantir le succès des transformations constitutionnelles nécessaires valables, la tenue des élections dans ce pays. Ainsi, le Conseil de sécurité commence à s’occuper toujours plus activement du problème irakien. La Russie entend contribuer par tous les moyens à ce processus positif.
Question : Comment s’est présenté le scrutin de la résolution ?
Réponse : La Syrie s’est abstenue de voter et a expliqué sa position par le fait que cette résolution l’arrangeait en principe en tant que celle qui instaure la mission de l’ONU. Cependant, la Syrie en espérait plus, en particulier, qu’elle englobe un cercle plus large de problèmes. Tous les autres pays qui font partie du Conseil de Sécurité ont voté pour la résolution. Tous sont tombés d’accord que le déploiement de la mission de l’ONU en Irak va jouer son rôle positif au processus du règlement.
Question : Est-ce que ce seront les troupes américaines qui vont garantir la stabilité en Irak, ou va-t-on créer des forces pacificatrices sous l’égide de l’ONU ? Auquel cas, est-ce que les troupes russes en feront partie ?
Réponse : La résolution 1500 du CS concerne les problèmes civils afférents au rétablissement de l’Irak et ne touche pas le domaine de la sécurité et les aspects militaires. Ces problèmes sont toujours régulés par la résolution 1483. Il n’y a aucun changement. On n’a eu aucune proposition concernant la modification du format de la présence militaire internationale en Irak. Ce problème n’est pas à présent posé à l’ordre du jour du CS de l’ONU.
Question : Quelle a été l’influence de la coupure de l’électricité dans le pays sur le travail des missions diplomatiques russes aux USA ?
Réponse : A ce propos, je peux vous dire que Washington n’a pas été concerné du tout par cette coupure. Pour ce qui est de New York, la Représentation de la Russie près l’ONU et le Consulat général ont leurs systèmes électriques autonomes. Les générateurs se sont immédiatement mis en marche, et c’est pourquoi la vie de nos représentations étrangères n’a pas été interrompue une minute. Tous sont sains et saufs. A propos, il est intéressant que l’électricité ait été coupée à peine une heure après la prise de la résolution sur Irak, et puis, les collaborateurs du siège de l’ONU ont été évacués.
Question : Comment va travailler la mission de l’ONU en Irak : en parallèle avec l’administration d’occupation américaine, ou y aura-t-il une subordination ?
Réponse : La mission de l’ONU va travailler en coopération avec l’administration américaine et le Conseil de gouvernement provisoire de l’Irak. On connaît ces genres d’exemples. En Afghanistan, la mission de l’ONU agit parallèlement à l’existence des forces de sécurité internationales et parallèlement au déploiement en Afghanistan des forces américaines. La mission de l’ONU possède ses propres fonctions autonomes nettement définies précisément dans la sphère civile.
Question : Quelle sera la composition de la mission ?
Réponse : Ce sera une mission internationale qui sera formée par les représentants de divers pays et, sûrement, nous serons prêts à proposer nos spécialistes expérimentés qui connaissent la région pour travailler au sein de ces forces.
Question : Qui régule l’entrée en Irak ?
Réponse : Le problème de l’entrée en Irak est régulé par les autorités d’occupation provisoires.
Question : Quel est le délai de l’activité de la mission de l’ONU ?
Réponse : Cette mission de l’ONU est instaurée pour un an, et elle va travailler comme toutes les autres missions, y compris présenter régulièrement les rapports de son travail au Conseil de Sécurité. Dans un an, le CS de l’ONU reprendra ce problème et décidera s’il faut proroger ses pouvoirs, l’étendre ou la réduire. Autrement dit, c’est le problème qui relève entièrement de la compétence du CS de l’ONU.
Question : En Irak, on continue d’agresser les troupes américaines. Quelle est la position officielle de la Russie à ce propos ? Est-ce que nous le qualifions d’attentats terroristes ou bien de la lutte pour la liberté de l’Irak ?
Réponse : Nous sommes préoccupés par l’atmosphère d’instabilité qui existe en Irak. Cette atmosphère engendre objectivement l’état d’esprit extrémiste, qui risque de dépasser les frontières de l’Irak et de provoquer des aggravations dans toute la région, qui n’est pas tellement loin de nos frontières. C’est pourquoi la Russie est intéressée à la stabilisation de la situation en Irak. Dans le même temps, il est clair que la stabilisation ne viendra pas des mesures militaires seules. Nous sommes aussi préoccupés par le fait que l’absence du progrès réel dans la satisfaction des besoins de base de la population irakienne provoque la tension dans la société, les incidents et les manifestations. Si l’on n’y met pas fin, la situation peut devenir assez menaçante. C’est pourquoi le Secrétaire Général de l’ONU et tous les membres du Conseil de Sécurité ont soutenu l’idée que l’Irak a besoin d’une aide internationale plus large dans le domaine du rétablissement et de la reprise de la vie normale.
Question : Dès le début de l’occupation, on parle de la division éventuelle de l’Irak en trois parties - kurde, chiite et sunnite. Est-ce que la communauté internationale garantit le maintien de l’intégrité territoriale de l’Irak ?
Réponse : La résolution, adoptée par le Conseil de Sécurité, souligne son aspiration à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Irak. Tous les dirigeants des anciens mouvements et partis politiques d’opposition de l’Irak siègent au Conseil de gouvernement provisoire. Aujourd’hui, l’Irak n’est pas menacé de scission, mais il est toujours important que la vie en Irak reprenne un caractère plus normal et civilisé. Sinon, peuvent surgir de nouvelles aggravations dont les conséquences sont difficilement prévisibles.
Question : Est-ce que la prise de la nouvelle résolution sur l’Irak signifie la reconnaissance par la communauté internationale du Conseil de gouvernement provisoire qui agit actuellement dans le pays ?
Réponse : Il ne s’agit pas de la reconnaissance du Conseil de gouvernement provisoire, mais de ce que sa création n’est saluée que comme un des pas qui aboutiront dans l’avenir à la création d’un gouvernement internationnellement reconnu, et que ce gouvernement devra garantir la souveraineté de l’Irak. C’est ce que la résolution dit clairement.
16/08/2003