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Rencontre avec Hervé Ghesquière, ancien otage en Afghanistan

Mardi 25 octobre 2011 à 18h00

Hervé Ghesquière a témoigné sa longue détention en Afghanistan.
A cette occasion le Grand Prix de la Presse Internationale, (Mention Spéciale) a été décerné à Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière. Hervé Ghesquière a fait le parallèle entre le conflit militaire Afhgano-Soviétique et l’intervention des USA en Afghanistan.

Les journalistes français Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier auront été otages des talibans pendant 18 mois en Afghanistan.
Le traitement médiatique de Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier suscite de vives réactions dans les milieux militaires.

Sur La photo : Christine Ranunkel, Présidente de l’Association de la Presse Étrangère, accueille Hervé Ghesquière au CAPE.

Depuis un mois qu’ils enquêtent et filment pour France 3 la construction d’une route vitale, à quelques kilomètres de Kaboul, ils craignent d’abord les accrochages avec les talibans. Hervé Ghesquière l’a déjà constaté maintes fois : "Les militaires français, censés contrôler cette vallée de la Kapisa dans le cadre de leur mission de l’OTAN, ne contrôlent en fait pas grand-chose." Les talibans sont chez eux dans la plupart des villages de ce bout de Kapisa. Ils n’ont pas l’intention de laisser construire cet axe routier, qui menace leur hégémonie dans la vallée.

Le 30 décembre 2009. Après un reportage avec l’armée française dans la province de Kapisa, en Afghanistan, Stéphane Taponier, et Hervé Ghesquière, et leurs trois accompagnateurs afghans repartent dans la zone à l’aube pour interroger des habitants. Quelques heures plus tard, l’ambassade de France informe France 3 que ses deux reporters et leurs trois accompagnateurs afghans ont été enlevés à Omarkheil, à une cinquantaine de km au nord-est de Kaboul.

Cet enlèvement est, pour les journalistes, comme "un grand coup dans l’estomac". 29 juin 2011. Les deux reporters sont libérés après 547 jours de captivité. Ils ont affirmé n’avoir jamais été maltraités. Ils ont démenti avoir été enlevés en raison de leur imprudence.

De 1991 à 2000, le journaliste de France 3 Hervé Ghesquière couvre ainsi la guerre en ex-Yougoslavie. Ses reportages et ses documentaires en Croatie, Bosnie, Kosovo, Serbie et Albanie sont diffusés en France sur les chaînes publiques France 2 et France 3, mais aussi sur les privées TF1 et M6, ainsi qu’en Suisse et en Belgique. L’un des ses reportages sur Vukovar en Croatie a même servi au Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie.
En parallèle de ses reportages, Hervé Ghesquière enseigne le journalisme à l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille et donne des cours en Ouzbékistan, au Tadjikistan, au Vietnam et au Cambodge.

Diplômé de l’Ecole de reportage de Paris (Erap) en 1990, le journaliste reporter d’images (JRI) de France 3, Hervé Ghesquière, est un habitué des grands reportages en zones de conflit, notamment en Afghanistan. En 2000, il effectue un reportage dans la province afghane du Panshir, où il filme le commandant Massoud, qui a combattu l’occupation soviétique, puis le régime des talibans. Il connait très bien l’histoire militaire afghane.

Hervé Ghesquière fait le parallèle entre le conflit militaire Afhgano-Soviétique et l’intervention des USA en Afghanistan :

- À la suite d’un coup d’État fomenté en 1973 par le prince Mohammed Daoud Khan, l’État afghan s’éloigne de plus en plus de Moscou. Pour éviter sa perte d’influence dans la région, l’URSS décide d’intervenir en Afghanistan, dès 1978. Afghanistan entretient des relations privilégiées avec l’URSS et met en place une série de réformes collectivistes et sociales (imposition d’un athéisme d’État, alphabétisation, droit des femmes, réformes agraires...) qui contrarient les coutumes conservatrices afghanes, ainsi qu’une politique répressive envers les élites et classes moyennes du pays. L’opposition grandissante menace le régime communiste de Kaboul, ce qui pousse Brejnev à intervenir en Afghanistan en décembre 1979.

Moscou envoie l’Armée rouge en Afghanistan. Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1979 à 3h du matin, 2 divisions de l’armée de l’air soviétique atterrissent à Kaboul et à Shinband, dans l’ouest de l’Afghanistan. Au même moment des unités motorisées stationneés en Ouzbékistan franchissent la frontière. Deux jours plus tard, le président du conseil révolutionnaire, Hafizullah Amin, est exécuté par les Spetznaz et remplacé par son rival au sein du Parti Communiste afghan, Babrak Karmal.

Durant les trois premières années, les Soviétiques étendent leur contrôle sur le pays et augmentent leurs effectifs sur place, passant de 85 000 hommes en mars 1980 5 à 108 000 et 118 000 hommes.

Mais ils font ensuite face à la désertion des deux tiers de leur alliée l’armée afghane (120 000 hommes), et les moudjahidines, soutenus et armés par les États-Unis, prennent progressivement le contrôle de la majorité du territoire (80%) à l’exception des villes principales.

En 1986, les moudjahidines commencent à recevoir des missiles sol-air FIM-92 Stinger, ce qui fait perdre aux Russes le contrôle du ciel, bouleversant l’équilibre des forces. En février 1988, Mikhaïl Gorbatchev décide de retirer les troupes, appuyé par la trêve négociée avec Ahmed Chah Massoud.

Quelque vingt ans après le retrait des troupes soviétiques : où en est l’Afghanistan ?

Les talibans sont apparus pour la première fois sur la scène politique afghane en septembre 1994, dans la région du Kandahar. Ils étaient recrutés parmi les étudiants pachtouns pakistanais et afghans, dans les madrasas pakistanaises (écoles religieuses) sous l’influence du parti fondamentaliste Jamiat al-Ulema. Le ministre de l’Intérieur du gouvernement de Benazir Bhutto, le général Nassrullah Babar, lui-même d’origine pachtoune, a joué un rôle déterminant dans leur mise en place.

La désintégration de l’URSS, en 1991, et l’apparition de nouvelles républiques en Asie centrale ont ouvert de nouveaux champs politiques, économiques et commerciaux au Pakistan. L’Afghanistan redevient ainsi le théâtre des rivalités entre les puissances régionales, et Washington recommence à s’y intéresser, pour des raisons géopolitiques, mais aussi pour y trouver d’autres accès aux gisements pétroliers d’Asie centrale. Après l’arrivée au pouvoir de Benazir Bhutto, pour la deuxième fois en octobre 1993, les relations entre les États-Unis et le Pakistan se sont réchauffées, et le président Bill Clinton a obtenu du Congrès un assouplissement de l’amendement Pryceler.

Toutefois, l’objectif immédiat d’Islamabad était de sécuriser les routes reliant le Pakistan au Turkménistan, entreprise nécessaire au passage des futurs gazoducs. Washington s’aligne encore une fois sur la politique d’Islamabad, et son ambassadeur se rend fin 1994 dans cette région, pour s’assurer du contrôle effectif de ces zones par les talibans. Deux ans plus tard, la prise de Kaboul est commentée par la diplomatie américaine comme « un pas positif ». Un projet de construction d’un gazoduc reliant le Turkménistan au port pakistanais de Gawdar, sur l’océan Indien, en passant par l’Afghanistan, est signé dès octobre 1995 entre le Turkménistan et les sociétés pétrolières américaine (UNOCAL) et saoudienne (Delta oil), qui auraient financé les efforts de guerre des talibans à hauteur de 30 millions de dollars.

Les États-Unis commencent à changer d’attitude envers les talibans à la fin de l’année 1997. Mais ce sont les attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, le 7 août 1998, attribués au milliardaire d’origine saoudienne, Oussama Ben Laden, ex-allié des États-Unis pendant la guerre contre les Soviétiques, qui marquent la rupture entre les États-Unis et l’Émirat islamique des talibans. En représailles à ces attentats, les Américains ont bombardé les bases d’entraînement des islamistes proches de Ben Laden, installées en Afghanistan. Après le refus des talibans d’extrader Ben Laden, l’ONU a voté, en novembre 1999, les premières sanctions contre le régime afghan, qui ont été renforcées en janvier 2001, sous la pression américaine.

D’après un sondage publié par le Figaro (enquête Ifop en France et aux Etats-Unis), les Français sont très nettement opposés à la participation française aux forces de l’Otan en Afghanistan, à hauteur de 64%.

Épilogue : La France retirera environ 200 militaires d’Afghanistan avant la fin du mois d’octobre a annoncé jeudi 22 septembre le porte-parole de l’état-major. Une décision qui intervient dans le cadre du retrait annoncé d’un millier de soldats avant la fin 2012...





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