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"Ma cabane au Baïkal", de Sylvain Tesson

Jeudi 1er décembre 2011 à 20h30

Dans le cadre du cycle "Regards de voyageurs", organisé par Transboréal & Aventure du bout du monde. Pour rassasier son besoin de liberté, Sylvain Tesson a trouvé une solution radicale : s’enfermer dans une cabane en pleine taïga sibérienne, sur les bords du lac Baïkal, pendant six mois.

De février à juillet 2010, il a choisi de faire l’expérience du silence, de la solitude et du froid. « Le défi de six mois d’ermitage, écrit-il, c’est de savoir si l’on réussira à se supporter. En cas de dégoût de soi, nulle épaule où s’appuyer, nul visage pour se lustrer les yeux. Vivre en cabane, c’est l’expérience du vide ! ».

Sylvain Tesson a filmé presque quotidiennement ses impressions, ses joies, ses faits et gestes, face à la splendeur du lac, ses doutes, mais aussi, ses moments d’extase avec la nature : Sylvain se lève, Sylvain fait des crêpes, Sylvain coupe du bois péniblement, Sylvain boit de la vodka, Sylvain lit des livres sur le canapé, etc...

« La vie en cabane apprend à peupler l’instant, à ne rien attendre de l’avenir et à accepter ce qui advient comme une fête. Le génie du lieu aide à apprivoiser le temps. »

Le sujet dont la nature est omniprésente est en vogue. Après les récents films écolos ; le Prix Nobel Al Gore « Une vérité qui dérange » , « Home » de Yann Arthus-Bertrand, « Océans » de Jacques Perrin et l’émission « Ushuaïa » de Nicolas Hulot, ils sont de plus en plus nombreux à choisir un créneau très porteur, le thème du « Nature et Découverte ».

Certes, ces livres et ces films sont différents des œuvres sibériennes de Nicolas Vanier, un autre vagabond français, plus personnelles diront certains, ou plus égocentriques diront les autres.

Se filmer pendant six mois en Sibérie fait bizarrement "redouter les afféteries du narcissisme" selon Hélène Rochette. Habilement, Sylvain évite les séquences "entourage".

Rares sont les heureux élus filmés par le célèbre géographe. Pourtant ils sont nombreux les malheureux russes vivant au bord du lac, qui vivent dans ces conditions réelles, dans les mêmes isbas sans eau courante, ni chauffage central, sans argent ni travail. Parce que la situation économique de cette région est loin d’être brillante. Dommage qu’il n’en parle pas Sylvain, pourquoi briser un gentil rêve qui se vend si bien à 200.000 exemplaires !

Des centaines de personnes ont manifesté pendant "son romantique séjour" à Irkoutsk pour protester contre la récente réouverture d’une usine de pâte à papier accusée de polluer le lac Baïkal, cette plus grande réserve d’eau douce du monde. L’usine de Baïkalsk est contrôlée par l’oligarque russe Oleg Deripaska, ami de Vladimir Poutine. L’activité de l’usine est responsable d’une grave pollution pour le lac. Les manifestations ont été dispersées à coup de matraque.

Sylvain Tesson se défend en acceptant ses défauts avec un sourire désarmant : « Oui, c’est la démission peut-être, mais je préfère la gaité à la morosité de ce monde ». Après tout « traverser le temps de laideur » dans une cabane avec un cigare havane est un moyen de ne pas nuire à ce monde.


Documentaire de Sylvain Tesson et Florence Tran
(France, 2011) 155 mn. Inédit.

Insatiable arpenteur d’immensités, Sylvain Tesson a traversé l’Himalaya, parcouru à cheval les steppes d’Asie, et bouclé jadis un tour du monde à bicyclette. En février 2010, ce vagabond lettré entreprend une tout autre aventure : une réclusion de six mois, dans une cabane ( abri de géologue de l’ère brejnévienne ) sur les rives du lac Baïkal. De ce voyage immobile, par - 30 °C, il nous livre un précieux carnet de bord filmé, pétri de silence et de sobriété.

Mais, parsemant son propos de savoureux aphorismes, et usant de ce lyrisme serein qu’on lui connaît à l’écrit, Sylvain Tesson peaufine sa retraite avec la bonhomie d’un chercheur d’absolu. Captant le vibrant cliquetis du lac en plein dégel ou les déferlements du blizzard maculé de grésil, l’ermite se rassérène au contact des rudesses du climat.

Hélène Rochette


Vivre en ermite au fond des bois : tel est le défi que s’est fixé Sylvain Tesson. Comme Thoreau avant lui il s’installe dans une cabane au bord d’un lac et y tient un journal. Quand Kerouac ou Dagerman se demandaient il y a cinquante ans déjà où trouver encore une forêt pour y exercer sa liberté, Tesson l’a découverte en Sibérie.

Des livres, des cigares et de la vodka : il ne pouvait rêver meilleure compagnie. Pour le reste personne, si ce n’est quelques lointains voisins ou gardiens, résidents des stations météo et autres ours, phoques et chiens auprès desquels il se familiarise peu à peu avec le caractère russe.

Au fil des jours, des nuits, des mois et des saisons l’on suit avec un intérêt sans cesse renouvelé ses gestes quotidiens mais aussi ses lectures, le tout systématiquement agrémenté de considérations plus pertinentes les une que les autres. Ici nature et culture ne font qu’un. Avec un sens de la formule, un goût pour l’aphorisme non dissimulé et un sens de l’humour aiguisé il aborde tous les sujets qui constituent la vie en société.

L’on ne fuit pas la civilisation sans l’emporter avec soi : Sylvain Tesson le sait, qui ne recule pas devant les analogies, comparaisons, et références à ce qu’il a quitté pour évoquer ce qui nous manque et qu’il s’est accordé : le temps et la distance. Grâce à eux il interroge ses motivations réelles, sans oublier l’absence de cette femme qui l’attend aux confins de l’occident et dont on peut se demander si elle supportera le temps nécessaire pour régler ses problèmes d’homme, comme aimait à les nommer Ferré : la mélancolie, la lassitude du temps qui passe, la solitude aussi.

Sagesse ou expérience - quelle différence ? – Tesson réussit là où Christopher Mc Candless (le Alexander Supertramp d’Into the Wild) a échoué : quitter la société de consommation pour mieux se retrouver. Avec humilité, patience et raison il découvre dans le dépouillement les vertus du non-agir et de la contemplation, dans le vide la plénitude, dans la fixité l’intensité du vivant – toutes choses qui n’ont pas de prix - et nous les fait partager.





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