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"L’effroyable tragédie ; une nouvelle histoire de la campagne de Russie" par Pierre-marie Rey

Le 14 septembre au matin, après avoir passé la nuit dans le
faubourg de Dorogomilov, situé à 7 kilomètres de la ville, la
cavalerie légère du 2e corps de la Grande Armée de Napoléon s’apprête à faire son entrée dans Moscou.

Flammarion - Au Fil De L’histoire
Histoire Du Moyen Age Au 19ème Siècle
Taille : 22 X 13 cm

Au XIXe siècle, l’Empire russe vit au rythme du calendrier
julien, en retard de douze jours par rapport au calendrier
grégorien en usage dans le reste de l’Europe. Pour éviter de
recourir systématiquement à la double datation quelque peu
fastidieuse, j’ai opté, sauf exceptions signalées dans le texte
ou en note, pour le calendrier grégorien, plus familier au lecteur
occidental.

Afin de faciliter la lecture de l’ouvrage, j’ai choisi de franciser
les prénoms et les noms des personnages mentionnés dans le
corps du texte, sans toutefois toucher à la graphie originelle
telle qu’elle figure dans les ouvrages cités. En revanche ces
mêmes noms figurent en translittération dans les appels de note
et en bibliographie. Les titres d’ouvrages écrits en cyrillique sont
également donnés en translittération dans les notes et la bibliographie.

Pour éviter de recourir à l’usage de signes diacritiques
jugé peu commode, j’ai opté pour la translittération selon la
norme GOST 1971.

Les noms de lieux (villes, villages, régions…) sont donnés
dans leur dénomination actuelle, ce qui facilitera la tâche du
lecteur désireux de les situer sur une carte. Mais ils font l’objet
d’un renvoi en note ou d’une remarque dans le texte indiquant
le nom en usage en 1812 lorsque ce dernier a changé au cours
des deux derniers siècles.

Une petite table des correspondances de noms figure par
ailleurs dans le glossaire géographique.

Sauf mention contraire (précisée dans ce cas par une note),
j’ai moi-même traduit en français toutes les citations provenant
de sources d’archives russes ou d’ouvrages parus en russe. Il en
va de même pour les documents de provenance anglo-saxonne.
Enfin, si en 1721, Pierre le Grand a opté pour le titre
d’« empereur », désormais obligatoire dans tous les documents
d’État, j’ai volontairement choisi de conserver le titre plus
ancien de « tsar » pour désigner le souverain russe, réservant
celui d’« empereur » à Napoléon. Cette distinction permettra
d’éviter, au fil du récit, toute confusion entre les deux souverains.

Un nouveau regard sur 1812

Dans l’histoire européenne contemporaine, rares sont les événements
à avoir suscité autant de passion que la « campagne
de Russie » – appelée « guerre patriotique » par les Russes. En
France, au fil des deux siècles écoulés, poèmes, romans, gravures
et tableaux se sont fait à l’envi l’écho d’une épopée aussi grandiose
que tragique. Génération après génération, les enfants de
la République ont appris et récité les vers sublimes de Victor
Hugo :

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l’aigle baissait la tête.
Sombres jours ! L’empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.
Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.

Dans la nouvelle Adieu publiée en 1830, ainsi que dans
plusieurs de ses romans, Balzac consacre lui aussi des pages
émouvantes à cet épisode hors norme : « C’était pendant la
retraite de Moscou. Nous avions plus l’air d’un troupeau de
boeufs harassés que d’une grande armée », fait-il dire au commandant
Genestas dans Le Médecin de campagne. Aujourd’hui,
les références littéraires sont devenues plus rares ; mais, toujours
en usage, l’expression populaire « c’est la Berezina », qui désigne
un cuisant échec ou une situation catastrophique, offre un semblant
d’écho à la tragédie initiale ; enfin, les nouveaux médias,
par jeux vidéo interposés, se sont à leur tour emparés de
l’épopée.

Côté russe, la campagne de 1812 occupe une place plus
importante encore : élevée au rang de monument littéraire et
d’objet philosophique, voire de mythe, par le génie de Tolstoï
dans son roman Guerre et paix et inscrite dans un espace
mémoriel – dès le règne de Nicolas Ier, le champ de bataille de
Borodino devient un lieu de mémoire collective et, en 1912,
un musée lui est consacré –, elle a largement fondé le patriotisme
russe moderne ; les festivités qui s’annoncent en Russie
pour le bicentenaire de la campagne soulignent d’ailleurs sa
prégnance dans l’identité nationale.

L’historiographie actuelle a indéniablement apporté des éléments
structurants et fondamentaux à notre connaissance de la
campagne de Russie. Mais, à mon sens, elle a été marquée par
une attention trop exclusivement portée aux questions militaires
et stratégiques entendues dans un sens étroit. Elle a minutieusement
retracé le déroulé des opérations, permis d’évaluer avec précision
les pertes subies de part et d’autre durant les grandes
batailles de la campagne (Borodino, ou « la Moskova » comme
l’appellent les Français, Maloïaroslavets, la Berezina…) ou
même lors d’échauffourées de moindre envergure – ces « petites
affaires », comme les désignaient les combattants dans les lettres
à leurs familles. Parmi ces ouvrages d’histoire militaire de première
importance, on doit en particulier saluer le récent livre
de Dominic Lieven, Russia against Napoleon. The Battle for
Europe, 1807 to 1814, une somme impressionnante et brillante
nourrie de références archivistiques.

Néanmoins, en dépit
de leur fiabilité quant aux faits et aux données relatés, ces
ouvrages ne sont pas tout à fait parvenus, me semble-t-il, à
traduire l’intensité, la brutalité et en définitive la singularité de
la guerre de 1812 qui fut, à bien des égards, sinon la première,
du moins l’une des premières guerres de l’histoire européenne
en voie de « totalisation ». Car par l’échelle territoriale des combats
et par le nombre des troupes engagées (plus de 500 000
hommes du côté de la Grande Armée, un peu moins côté russe)
autant que par l’ampleur des pertes au front et celle des pertes
civiles liées aux exactions commises lors de l’avancée de la Grande
Armée, la campagne de Russie fut bien plus qu’une aventure
militaire.

En outre, l’historiographie de 1812 s’est le plus souvent inscrite
dans une perspective unilatérale qui, en privilégiant le
point de vue d’un des deux protagonistes – la France ou la
Russie –, a rarement cherché à adopter un point de vue comparatiste
sur les mêmes événements. D’où l’écriture d’une
histoire engagée, sinon partisane.

L’instrumentalisation politique de la guerre a été particulièrement
marquée en Russie – sans doute plus qu’en France.
Dès le milieu du XIXe siècle, l’historiographie tsariste fait de la
tragédie un épisode fondateur dans la construction de l’identité
nationale. Alexandre Ier est décrit comme un tsar charismatique
ayant réussi à sceller l’union des différentes classes sociales
et Koutouzov incarne la quintessence du héros russe, homme
simple et sage 11, aux antipodes d’un Napoléon victime de sa
mégalomanie et de sa volonté égoïste de puissance. C’est dans

Objet littéraire, artistique et philosophique, pierre de touche
du patriotisme russe moderne, la campagne de 1812 est aussi
un objet d’histoire ; à ce jour, l’ampleur de la bibliographie qui
lui a été consacrée donne le vertige : pas moins de 5 000
ouvrages et près de 10 000 articles relevant de ce thème ont
été publiés en russe entre 1812 et 1912 3 et presque autant
dans l’ensemble des autres langues européennes ! Si, au cours
du XXe siècle, les historiens soviétiques ont semblé marquer le
pas en se détournant quelque peu de ce champ d’études 4,
l’Occident a pris le relais par le biais de centres de recherches
ou de sociétés d’études napoléoniennes. Nul doute qu’à
l’approche du bicentenaire, de nombreux livres et albums feront
florès à leur tour.

Dans ce contexte, pourquoi m’être à mon tour attelée à un
sujet apparemment bien balisé et sur lequel tout semble avoir
été déjà écrit ? C’est que j’ai souhaité amener le lecteur à aborder
1812 avec un regard neuf, à travers une perspective globale
s’étendant au-delà des aspects militaires proprement dits, intégrant
les points de vue français et russe, et rendant compte du
ressenti et du vécu des combattants et des civils qui traversèrent
cette épreuve.

L’historiographie actuelle a indéniablement apporté des éléments
structurants et fondamentaux à notre connaissance de la
campagne de Russie. Mais, à mon sens, elle a été marquée par
une attention trop exclusivement portée aux questions militaires
et stratégiques entendues dans un sens étroit. Elle a minutieusement
cette perspective que se situent les travaux d’A.I. Mikhaïlovski-
Danilevski (il est, en 1839, le premier à qualifier le conflit de
« guerre patriotique ») et la fresque de Tolstoï, attaché, à tort,
à faire de Koutouzov le seul véritable héros du conflit.
Par la suite, les historiens soviétiques ont eu un discours plus
contrasté sur la guerre de 1812. Dans les deux premières décennies
qui suivent la révolution d’octobre 1917, ils mettent en
doute le patriotisme des paysans russes : à leurs yeux, le régime
tsariste, réactionnaire, ne pouvait susciter de mobilisation populaire,
et l’attitude combative des paysans s’explique non par une
conscience patriotique aiguë, mais par un attachement viscéral
à leurs biens personnels – leur bétail, leurs récoltes – qu’il
s’agissait de protéger contre un intrus. À partir de 1936-1937,
sous l’impulsion personnelle de Staline et alors que le danger
nazi se profile, on s’attache à voir dans 1812 l’émergence d’un
solide patriotisme de masse. Koutouzov est érigé en sauveur de
la « patrie » ; les analogies se multiplient entre le feld-maréchal
et Staline et, au lendemain de l’invasion de l’URSS par les
troupes nazies en juin 1941, l’on observe une réactivation des
anciennes références : la guerre menée contre Hitler devient la
« grande guerre patriotique », en écho à la « guerre patriotique »
de 1812. Par la suite, si la déstalinisation apporte des études
plus nuancées, les années 1960 et 1970 distillent de nouveaux
mythes : les données chiffrées concernant les troupes de l’envahisseur
sont systématiquement surévaluées pour rehausser le
prestige russe ; Koutouzov est dépeint sous les traits d’un paysan
frugal et austère… Avec la Perestroïka, des ouvrages académiques
plus nuancés et plus rigoureux se font jour : ainsi des
études de V. Sirotkin et de N. Troïtski. Mais ces publications
continuent de privilégier un seul des points de vue – en
l’occurrence le point de vue russe – et d’accorder la prééminence
aux questions militaires.

En France, nombre d’historiens, insistant d’abord sur l’échec
des négociations franco-russes qui aurait « contraint » Napoléon
à attaquer, ont eu tendance à minimiser la nature impérialiste
de l’attaque portée contre la Russie, à saluer le génie militaire
de Napoléon et la conduite courageuse des soldats sur le terrain.
Les récits abondent en détails héroïques sur les opérations :

juste titre, la bataille de Borodino et le passage de la Berezina
se taillent alors la part du lion. Ces opérations étant souvent
présentées à l’avantage de la Grande Armée, cette dernière serait
restée militairement invaincue en territoire russe ; elle n’aurait
plié que devant le froid – le fameux « général hiver » –, la dureté
du climat et la vaillance extraordinaire des troupes russes rendues
invincibles non par attachement à leur sol mais par l’alcool
que le maréchal Koutouzov aurait généreusement distribué à
la veille des combats. Des erreurs commises par Napoléon dans
son appréciation des données diplomatiques et militaires, il est
en revanche plus rarement question. En outre, l’historiographie
française a souvent édulcoré le récit des exactions commises par
la Grande Armée et a préféré garder le silence sur des sujets
tabous, dont les cas d’anthropophagie, une question pourtant
peu sujette à caution au vu des sources. Enfin, comme pour
relativiser les succès de l’armée russe, elle a souvent dépeint
son commandement comme falot, indécis et velléitaire, affirmant
avec assurance, mais sans recourir aux archives russes, que
la stratégie de retraite mise en oeuvre par Barclay de Tolly, et
Koutouzov après lui, n’aurait été que le fruit des circonstances
et en aucun cas le produit d’une décision pesée et réfléchie.
D’où la nécessité, à mes yeux, de mener à bien une histoire
croisée qui prenne en compte les points de vue des différents
protagonistes.

Enfin, jusqu’à présent, l’historiographie ne s’est que marginalement
intéressée aux individus – hommes, femmes et
enfants, combattants et civils, acteurs ou témoins de cette
épopée tragique – alors que des sources directes – lettres, journaux
intimes et mémoires – permettent de retracer nombre de
ces destins brisés. La nature des violences, les souffrances physiques
engendrées par le froid et la faim, les traumatismes subis
par les combattants et les civils, tout cela atteste à quel point
la guerre de 1812 constitua une épreuve inédite pour les corps,
les esprits et les coeurs. Or cette dimension humaine me paraît
avoir été trop négligée par l’historiographie qui, jonglant avec
les soldats, les unités et les régiments comme s’ils étaient de
plomb, n’a pas toujours cherché à rendre compte, au plus près,
des émotions, du vécu et du ressenti des combattants et des
civils.

Quelques ouvrages s’y sont essayés et, en se fondant sur des
sources directes, ont entrepris avec talent, parfois aussi avec
lyrisme et pathos, d’exprimer les souffrances endurées par les
soldats ; mais, trop proches de leurs héros, ils ont souvent livré
de la campagne une histoire empathique. En outre, lorsque
les historiens se sont intéressés aux hommes, ils ont souvent
privilégié les grandes figures de la campagne au détriment des
anonymes. On a ainsi conjecturé sur l’importance à Borodino
du rhume de Napoléon ou de la crise d’érysipèle d’Alexandre,
digressé sur l’impulsivité de Murat ou de Bagration, sur la
sagesse stoïque de Barclay de Tolly ou de Ney, sur la « folie »
de Junot ou de Rostopchine. Sans nier l’importance et le rôle
de ces grandes figures sur lesquelles à mon tour je m’arrêterai,
il me semble judicieux d’écouter aussi les témoignages des
petites gens – médecins et aides-médecins, sous-officiers,
simples soldats, prêtres, bourgeois, paysans, enfants moscovites
jetés sur les routes de l’exode – et de faire entendre les voix
de ces anonymes aux prises, à leur insu, avec une histoire qui
leur fut souvent cruelle.

Pour mener à bien cette histoire globale de la campagne de
Russie, j’ai eu recours à des sources très variées, tant russes que
françaises, polonaises et allemandes.

En ce qui concerne les archives publiques, je me suis appuyée,
pour le volet français, sur des matériaux d’archives publiées,
émanant du Quai d’Orsay et du Service historique de l’armée
de terre à Vincennes. Pour la partie russe, ont été dépouillés
des matériaux d’archives provenant des archives nationales
(GARF), des archives historico-militaires (RGVIA) consultées
sur microfilms au Russian Center de l’université d’Illinois à
Urbana Champaignet du Département des manuscrits de la
Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg.

Pour saisir la nature et l’ampleur de la propagande mise en
oeuvre, j’ai consulté les bulletins de la Grande Armée qui, outil
d’influence privilégié, contribuaient à délivrer une lecture officielle
du conflit, et leur pendant russe, à savoir les proclamations
du tsar. J’ai également dépouillé les « affiches », c’est-à-dire ces
libelles rédigés et placardés par le gouverneur général de Moscou,
le comte Rostopchine, dans les rues de sa ville pour
galvaniser l’opinion et la souder contre l’envahisseur.
À ces sources écrites se sont ajoutées des sources iconographiques
 : durant tout le conflit, la propagande a de part et
d’autre, mais surtout en Russie, usé de canaux très divers –
images populaires, dessins, tableaux et caricatures – pour tenter
sinon de forger une conscience nationale – ce qui constituait
une gageure dans une structure impériale multiethnique – du
moins une conscience patriotique, susceptible d’aider à lutter
efficacement contre l’ennemie.

Les sources émanant du pouvoir ou de ses satellites ont été
enrichies par des sources privées : correspondances, journaux
intime et mémoires. Certes, les livres de souvenirs, écrits
a posteriori, parfois même très longtemps après les événements
qu’ils relatent, véhiculent souvent des erreurs, des poncifs, des
mythes ; il convient donc de les manier avec circonspection.
Mais en dépit de leurs limites, ces sources directes demeurent
de passionnants matériaux révélant beaucoup d’« une peau
humaine autrement plus chatouilleuse que le papier ». J’ai donc
puisé de fascinants témoignages parmi les correspondances et les
mémoires émanant de membres des états-majors russe et français,
d’officiers, de sous-officiers, d’hommes du rang ainsi que
de civils, adultes et enfants. Enfin, côté russe, pour pallier le
caractère biaisé et parcellaire de ces sources – les paysans, combattants analphabètes, ont rarement laissé de témoignages écrits
et, à ce jour, seuls deux récits émanant de paysans enrôlés dans
l’armée du tsar sont parvenus jusqu’à nous –, j’ai travaillé
sur des chansons, civiles et régimentaires, des poèmes populaires
et des fables produits et véhiculés pendant le conflit par le
peuple en armes.

Croisées et mises en perspective, ces sources devraient, je
l’espère, aider le lecteur du XXIe siècle à approcher au plus près
la terrible réalité que constitua la campagne de Russie et à
éclairer le propos d’un rescapé, le sous-lieutenant Ducque, qui,
revenu de l’enfer russe, confessera dans une formule aussi laconique
qu’intense : « Nous connûmes par expérience les dernières
extrémités que l’espèce humaine peut endurer. »





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