Nous avons eu la possibilité de voir le fonctionnement de notre nouvel avion Be-200, qui est unique par ses caractéristiques techniques. Il est de plusieurs fois meilleur que ce qui existe déjà au monde dans ce domaine. Et nous comprenons avec vous, combien le travail de la lutte contre les incendies, y compris en Europe, serait efficace, si nos pays étaient équipés de matériel pareil.
V.V.Poutine :
Nous avons poursuivi nos consultations hier soir et ce matin. Vous êtes au courant, et le Premier Ministre vient de le mentionner, de notre visite du croiseur « Moskva ». Cela a trait à la coopération qui s’approfondit entre nos Forces armées, à l’intégration ultérieure de la Russie aux structures de l’OTAN, à nos projets de l’approfondissement de la coopération dans la cause de la prévention des situations d’urgence.
Nous avons eu la possibilité de voir le fonctionnement de notre nouvel avion Be-200, qui est unique par ses caractéristiques techniques. Il est de plusieurs fois meilleur que ce qui existe déjà au monde dans ce domaine. Et nous comprenons avec vous, combien le travail de la lutte contre les incendies, y compris en Europe, serait efficace, si nos pays étaient équipés de matériel pareil.
Nous avons parlé des manœuvres qui sont prévues par nos militaires, nos marins. Dans le cadre de ces manœuvres, on prévoit le travail de sauvetage en mer. Je parle aussi de la tragédie que nous avons affrontée aujourd’hui en mer de Barents avec la Flotte du Nord de la Russie, il est clair que ce sujet continue d’être d’actualité.
Je dois dire qu’en ce qui concerne les sujets militaro-techniques, nous avons bien des raisons pour coopérer avec l’Italie. Je parle de l’avion Yakovlev-130. C’est un avion de combat et d’entraînement. Nous l’avons fabriqué ensemble avec les partenaires italiens. Mais je dois dire que les experts italiens ont aussi participé au premier stade du travail à l’avion Be-200 que vous avez vu aujourd’hui.
Nous avons abordé ces sujets, et je vais répéter ici que nous avons de très bonnes perspectives. Mais, en plus du reste, le travail conjoint dans ces domaines va sans aucun doute contribuer au renforcement de la sécurité russe et européenne, ainsi qu’à la stabilité au monde.
Une autre piste de la coopération que nous avons discutée est la coordination de nos efforts dans l’espace paneuropéen. Dans ce sens, la présidence de l’Italie à l’UE a pour nous une grande importance. Nous travaillons à la préparation d’un sommet efficace Russie-UE à Rome en novembre prochain.
Nous avons encore à discuter certains problèmes du plan international. Dès ce matin, nous avons discuté encore une fois le problème de l’Irak, abordé le Proche-Orient, et cela figure également au programme de l’ordre du jour pour le temps qui reste - ce soir et demain matin. Tout comme certains problèmes de la coopération entre la Russie et l’UE, qui sont pour nous d’une importance primordiale dans le contexte de notre coopération avec l’Organisation mondiale du commerce et sur certains autres problèmes. Je répète - tout cela sera discuté spécialement lors du sommet en novembre prochain. Mais maintenant, en préparant ce travail de novembre, nous ne pouvons pas contourner ce sujet, nous l’abordons aussi.
En général, je dois dire que nous sommes satisfaits du cours des négociations, du cours de nos consultations. Et en conclusion, je veux cordialement remercier le Premier Ministre Monsieur Berlusconi et tous nos collègues pour une très bonne organisation du travail et pour l’atmosphère qui a été créée pour cette rencontre. Merci de votre attention.
Question (Solomonov O. « Troud ») :
Vous avez vu les vols de démonstration de l’avion pompier. Dites, s’il vous plaît, comment voyez-vous la possibilité de leur utilisation dans l’espace européen. Dans quelle mesure peuvent-ils aider dans la lutte contre les incendies sur le territoire de l’Europe commune ?
V.V.Poutine :
Je veux faciliter la tâche du Premier Ministre, puisque je connais mieux ce matériel. J’ai déjà dit que personne n’a rien de pareil. C’est le meilleur appareil au monde au jour d’aujourd’hui. Il est au moins deux fois meilleur par ses caractéristiques que tout ce qui existe au monde. C’est, certes, beaucoup moins cher que de compter les dégâts causés par les incendies. D’après les statistiques que nous fournit la presse, rien qu’au Portugal, les incendies ont causé un dommage d’environ un milliard d’euros. Sans parler d’autres pays européens, de la Russie même. Nos forêts soufrent aussi constamment des incendies. C’est pourquoi il est souhaitable d’avoir un groupe, disons, au sein de l’Union Européenne, qui puisse, aux conditions du leasing, soit acheter, soit louer les avions au MSE de la Russie. Je crois que ce serait correct et utile. Les experts viennent de nous parler des possibilités de l’avion. L’avion prend de l’eau en glissade. En quelques secondes, il s’approvisionne de 12 tonnes d’eau, et l’aviation moderne qui est actuellement utilisée, ne peut en prendre que 5,6 tonnes. Puis, il revient rapidement dans la zone de l’incendie et largue cette eau. C’est deux-trois fois plus efficace que tout ce qu’on avait eu jusqu’à présent. Je ne voudrais pas donner dans des détails techniques. Vous pouvez en prendre connaissance. Mais, à proprement parler, notre tâche ne consiste pas à faire de la publicité de notre matériel. Notre tâche consiste à trouver les variantes de la coopération qui, sans nul doute, profiteraient tant à l’Italie qu’à la Russie, tant à la Russie qu’à l’Italie.
Question (télévision italienne « Canale 5 ») :
Vous avez parlé du rapprochement de la Russie avec l’Union Européenne du point de vue économique, culturel, vous avez aussi parlé du point de vue bureaucratique en ce qui concerne les visas. Nous savons que l’Europe est en train de travailler à l’élaboration de la politique commune de sa défense. Ne croyez-vous pas que la Russie doive participer à l’élaboration de la politique de la défense paneuropéenne ?
V.V.Poutine :
Vous avez abordé un problème très important. Au fond, de notre manière de résoudre ce problème dépendra l’architecture du futur de la sécurité mondiale. A ce propos, je voudrais souligner le rôle unique que l’Italie a joué tout récemment, quand elle a activement soutenu le processus de la création du « vingt » Russie-OTAN.
C’est bien en Italie que nous avons signé le document approprié qui a donné le départ de la nouvelle étape qualitative de la coopération de la Russie avec le bloc Nord-Atlantique. Je crois que nous en avons déjà plusieurs fois parlé, et néanmoins, je le répéterai encore une fois. Nous n’avons aucune préoccupation ni problème provoqués par le processus que l’Europe connaît actuellement sous le nom de la « politique européenne de sécurité ». Nous soutenons ce processus. Une seule chose nous importe : que ce processus soit clair, compréhensible, transparent. Nous sommes prêts à coopérer tant avec l’OTAN qu’avec les structures de sécurité européennes. Je dois dire que la visite d’aujourd’hui du groupe de vaisseaux militaires de la Russie en Italie, et les manœuvres prévues des marins russes et italiens, et les récentes manœuvres au Nord des flottes de la Russie et de la France, et les autres manœuvres de la France et de la Russie, prévues en Méditerranée - tout cela témoigne de ce que le niveau de la confiance entre la Russie et les pays de l’OTAN, y compris entre la Russie et l’Italie, augmente. Je pense que c’est très important. C’est, sûrement, la bonne piste de notre coopération, et nous allons continuer d’avancer sur cette voie.
Question (M.Guérassimov, « Chaîne n°1 ») :
Comment la Russie et l’Union Européenne, qui font partie du Quatuor des médiateurs internationaux du règlement arabo-israélien, en conformité avec la « feuille de route », entendent-elles contribuer à ce processus ?
V.V.Poutine :
Je ne pense pas que nous soyons maintenant entièrement à même de répondre à votre question, puisque nous venons tout juste d’aborder le problème du règlement proche-oriental suivant notre plan de travail. Ce matin, nous venions d’aborder ce sujet en gros. Nous allons discuter ce problème cet après-midi et demain matin.
Néanmoins, je peux vous dire que l’approche de la Russie au règlement proche-oriental n’a pas changé. La Russie est, avec l’Union Européenne et les USA, le coauteur de la « feuille de route ». Et nous allons par tous les moyens maintenir ce processus. Cela dit, nous entendons qu’il est absolument inadmissible d’utiliser les méthodes de la terreur lors du règlement des problèmes politiques. Et nous espérons beaucoup que les dirigeants palestiniens feront tout ce qui dépend d’eux (quand je dis « dirigeants palestiniens », je parle aussi du Président Arafat) pour mettre fin à la terreur. Nous espérons que les Israéliens et les Palestiniens utiliseront cette chance unique, offerte par la communauté internationale, et avanceront dans la mise en pratique de ce plan.
Question (journal italien "La Stampa") :
Monsieur le Président V.V.Poutine, hier, vous avez contacté J.Chirac et G. Schröder, maintenant, ce seront trois jours avec S. Berlusconi. Compte tenu de ce que nous parlons de la possibilité de l’adoption de la nouvelle résolution de l’ONU sur l’Irak, quelles peuvent être les voies principales sur cette piste, et - quelques mots concernant le sujet aussi délicat que l’utilisation éventuelle là-bas du contingent de l’ONU sous le commandement américain ?
V.V.Poutine :
Nous menons des consultations permanentes avec nos partenaires et en USA, et en Europe, où, il est vrai, je discute constamment les problèmes internationaux avec le Président de la France et avec G. Schröder à ce sujet. Aujourd’hui et demain, nous allons discuter ces sujets avec le Premier Ministre de l’Italie. Notre position dans le règlement irakien est claire, nous l’avons déjà formulée. La nouvelle résolution de l’ONU est vraiment possible, et même utile, mais seulement au cas où l’ONU jouerait un rôle important dans l’aménagement de l’Irak, dans l’organisation de la vie économique et politique dans ce pays, dirigera réellement le processus de la démocratisation de la société irakienne, créera les organes de pouvoir légitimes. Concernant la participation éventuelle des forces multinationales en Irak sous le commandement américain, nous n’y voyons aucun mal. C’est tout à fait possible, mais pour le faire, il faudra que le Conseil de Sécurité de l’ONU prenne la décision appropriée.