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J’ai perdu mon travail car je n’ai pas été manifester pour Poutine

"Le système en Russie a besoin de gens obéissants" : Elena Travina, directrice d’une école publique de Moscou, a raconté à l’AFP qu’elle a perdu son travail pour avoir révélé les "pressions" subies pour envoyer ses employés à une manifestation pro-Poutine.

"Le 30 janvier, avec des dizaines de mes collègues, directeurs d’écoles publiques de Zelenograd (nord de Moscou), j’ai appris que chaque établissement devait envoyer huit personnes à la manifestation pro-Poutine du 4 février", raconte Elena, 35 ans.

"Ceux qui ne pourront pas se rendre à la manifestation, prévenez-moi, nous a dit la responsable du comité régional de l’Enseignement Anna Khaleva", raconte Elena Travina, qui reçoit l’AFP chez elle, dans le village d’Erchovo, près de Zvenigorod, à 30 km au nord-ouest de Moscou.

"Cette opération bien organisée m’a profondément indignée parce que j’avais l’intention de participer de nouveau à une manifestation de l’opposition le même jour à Moscou", ajoute-t-elle.

Elena trouve finalement parmi ses employés trois partisans du Premier ministre Vladimir Poutine d’accord pour aller à la manifestation pro-pouvoir à Moscou.

Deux jours avant le rassemblement, une professeur de son école, reçue à la mairie de Moscou avec d’autres enseignants méritants, est interrogée par un responsable curieux de savoir si "des enseignants ont fait l’objet de pression" pour aller à la manifestation. "Mais oui, c’est le cas de mon école !", s’exclame la professeur qui avait entendu Elena se plaindre de pressions.

Contactée par la mairie, la responsable du comité régional pour l’enseignement Anna Khaleva identifie rapidement la coupable : "Elle m’a accusée d’être à l’origine d’une fuite d’information et a exigé ma démission", raconte Elena, sans cacher son indignation.

La veille de la manifestation, Elena présente sa démission, pour éviter d’être licenciée ce qui constitue une mention très défavorable sur le livret de travail qui suit encore aujourd’hui chaque citoyen russe.

Le lendemain, elle se rend à la manifestation des opposants avec une petite affiche : "J’ai été limogée parce que je n’ai pas été manifester pour Poutine".

Mère de trois fils de 4, 5 et 15 ans, Elena est aujourd’hui sans travail et elle dénonce "un système qui a besoin de gens obéissants".

"Ce système où tout le monde comprend tout, mais tout le monde se tait par peur de perdre quelque chose, ce système où la peur prévaut sur la conscience. Les gens qui ont leur propre avis sont dangereux pour ce système", poursuit Elena.

Avec une certaine philosophie, elle ajoute : "Si je n’avais pas été forcée à démissionner cette fois, je l’aurais été un autre jour pour un prétexte mineur, d’autant que la nouvelle législation permet de limoger un directeur d’école sans donner de raisons".

Elena veut aujourd’hui "défendre les gens libres, ceux qui n’ont pas peur de sortir dans la rue pour protester".

La Russie connaît une vague de contestation sans précédent depuis l’avènement à la tête du pays de Vladimir Poutine, qui veut revenir au Kremlin pour un troisième mandat après ceux de 2000-2008.

Le Premier ministre reste le grand favori de la présidentielle du 4 mars même s’il a vu baisser sa popularité.

Près de 200 fonctionnaires se sont plaints ces dernières semaines à la Chambre civile de Russie, organe consultatif auprès du Kremlin, d’avoir été forcés à manifester samedi dernier en soutien à l’homme fort du pays.

Vladimir Poutine a lui-même reconnu que de telles pressions existaient mais il a minimisé l’ampleur du phénomène, en estimant qu’il s’agissait de faits isolés.





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