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La Russie du retour de Poutine : durcissement du régime ?

Le régime russe va-t-il se durcir après la présidentielle du 4 mars et le retour prévisible de Vladimir Poutine au Kremlin ? Va-t-il concéder une ouverture sous contrôle du système politique ? Opposants et commentateurs affirment dans tous les cas que rien ne sera plus comme avant.

"Je regarde pour l’instant vers l’avenir avec une grande inquiétude", écrivait Vladimir Ryjkov, l’un des leaders de la contestation, récemment dans le journal Novaïa Gazeta.

"La position du pouvoir est aujourd’hui plus brutale qu’elle ne l’était en décembre. Ils ont repris leurs esprits après le premier moment d’effroi, ils sont passés à la contre-attaque", ajoutait-il.

Lors d’un rassemblement de dizaines de milliers de ses partisans, organisé à Moscou le 23 février pour faire pendant à la contestation de ces trois derniers mois, Vladimir Poutine, homme fort du pays, Premier ministre et candidat au Kremlin où il a déjà effectué deux mandats en 2000-2008, a en effet durci le ton.

Décrivant la situation comme une "bataille pour la Russie", il a accusé ceux qui ne le suivent pas de "trahir la patrie" au profit d’un ennemi non cité.

M. Ryjkov n’exclut pas au lendemain du scrutin, si la victoire de M. Poutine déclenchait de nouvelles grandes manifestations, un scénario "à la Loukachenko", l’autoritaire président du Bélarus qui a lancé une vague de répression après la contestation de sa réélection en décembre 2010.

"Un autre scénario est possible", estime-t-il cependant : le pouvoir lance la réforme des institutions (abaissement du seuil d’entrée des partis à la Douma qui avait été élevé à 7% en 2007, chambre basse, retour à l’élection des gouverneurs supprimée en 2004) promise en décembre par Dmitri Medvedev sous la pression de la rue.

"S’il n’y a pas de négociations (entre pouvoir et opposition, ndlr), la situation rappellera Belgrade dans les deux dernières années de (Slobodan) Milosevic", affirme-t-il. Le président Milosevic avait alors fait face à des mois de manifestations de rues, à la suite à d’élections jugées truquées.

Les experts et commentateurs à Moscou sont pour leur part partagés sur l’avenir du mouvement.

Pour Elena Pozniakova, du Centre des technologies politiques, "les passions vont se calmer après les élections, le mécontentement va passer à une phase latente".

Vladimir Poutine dispose toujours "d’un large soutien dans la population", et si sa cote de popularité est plus faible qu’auparavant "la majorité le soutient toujours".

Le régime n’a pas les moyens d’un réel durcissement répressif, selon Elena Pozniakova, qui prévoit plutôt une "libéralisation progressive" du système.

Pour Nikolaï Petrov, de l’antenne moscovite du Centre Carnegie, le mécontentement qui s’est exprimé depuis décembre va inévitablement entraîner une évolution du régime.

"Les législatives de décembre (et les fraudes massives dénoncées par l’opposition, ndlr) n’ont pas été la cause de la contestation, juste le déclencheur. La vraie raison en est que le mécontentement s’est accumulé, et il ne va pas cesser après les élections", estime ce politologue.

D’autant plus qu’outre les risques à terme de répercussions de la crise financière européenne, la Russie devra procéder à "des réformes impopulaires" comme celle du système de retraites, la hausse des tarifs communaux, etc.

Le problème est que, dans un pays où toute réelle opposition a été écartée de la scène politique depuis une décennie, il n’y a "pas de moyen de canaliser la contestation pour qu’elle ne mène pas au chaos", souligne M. Petrov.

"Quand on a des partis forts, la contestation entraîne un changement de gouvernement, un changement de politique, et la vie continue", observe-t-il.

En Russie, l’impasse de la situation fait que "l’élite politique commence à comprendre que pour se maintenir et conserver le système, elle doit réduire le pouvoir de Poutine, redistribuer le pouvoir entre clans".

"Poutine n’est plus un tsar. Il ne va pas partir, mais il n’aura plus le rôle d’arbitre suprême", estime cet expert.





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