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L’exposition "Paris-Vilnius" : un grand succes !

Du 15 au 31 mars 2012, à la chapelle des Petits Augustins de l’Ecole nationale supérieure des beaux arts (ENSBA) de Paris

L’exposition « Paris-Vilnius » invite à découvrir la photographie lituanienne contemporaine, du 15 au 31 mars 2012, à la chapelle des Petits Augustins de l’Ecole nationale supérieure des beaux arts (ENSBA) de Paris.

L’école nationale supérieure des beaux arts (ENSBA) à Paris propose à travers l’exposition « Paris-Vilnius », un regard sur la photographie lituanienne contemporaine.

Du 15 au 31 mars 2012, une vingtaine d’oeuvres du célèbre Antanas Sutkus seront proposées à l’oeil avisé du visiteur. Un certain nombre de photographes contemporains répondront au maître à travers leurs clichés. Ainsi, Svajone et Paulius Stanikas présenteront cinq photographies grand format ainsi qu’une vidéo composée de photos ; la vidéo « Disappearance of a tribe » de Deimantas Narkevicius offrira une succession des clichés sur la Lituanie.

Depuis le début des années 90 et l’indépendance de la Lituanie, le reste de l’Europe a découvert une production artistique singulière et incontournable. Peut-être plus encore que d’autres médiums, les artistes lituaniens se saisissent de la photographie.

Au cours de l’été 1965, Jean-Paul Sartre & Simone de Beauvoir séjournent une courte semaine en Lituanie. Antanas Sutkus, jeune photographe lituanien, les accompagne et immortalise les instants rares des deux personnalités et intellectuels hors du commun, accueillis par les écrivains lituaniens dans le contexte de la Guerre froide. Faut-il ajouter que Sartre refusait alors tous les reportages...
Les quelque quatre-vingts clichés se présentent comme un témoignage unique. La plupart des photos proposées dans cette exposition restaient jusqu’à ce jour inédites.
Ainsi, il y a une dizaine d’années, le reportage qu’Antanas Sutkus consacré en 1965 aux cinq jours que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir ont passé en Lituanie à l’époque de l’Union soviétique, a fait largement parler de lui.

Au départ, leur venue annoncée avait suscité des interrogations : " Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir en Lituanie. La rumeur circule déjà, mais personne n’y croit. Surtout qu’il (Sartre) vient de renoncer à son voyage aux Etats-Unis en guise de protestation contre " la sale guerre " au Viêt-nam. En outre, il a refusé le prix Nobel. Nombreux sont ceux pour qui la venue de Sartre demeure et reste un événement sensationnel et une énigme. La Lituanie n’est donc pas si provinciale qu’il y paraît, puisqu’un des plus grands intellectuels s’y rend ".

" Pourquoi donc la Lituanie et non, disons, l’Ukraine ou le Kirghizistan ? " s’étonnaient les journalistes en nous reposant à chaque fois cette même question, à Miezelaitis et à moi-même.

La réponse se trouvait en partie déjà dans la question (" elle n’est pas si provinciale "). Il y avait aussi autre chose. A cette époque, la Lituanie n’était pas connu seulement pour ses arts graphiques, sa poésie, son cinéma, sa musique, son architecture ou sa photographie. En effet, de jeunes poètes russes tels que Voznessenski, Rojdestvenski, Axionov et d’autres, connus en Occident, venaient souvent à Vilnius comme pour se faire pardonner leurs péchés. Même si la Lituanie faisait partie de cet espace commun d’interdictions et de restrictions, elle avait réussi à négocier (conserver, conquérir, je ne sais comment dire) un ensemble considérable de libertés artistiques, incomparable à celui des autres républiques.

Il ne faut pas oublier que, pour Sartre, ce voyage ne s’est pas limité à la seule Lituanie. Après la longue rupture qui a suivi les événements de Hongrie, les intellectuels de l’Est et de l’Ouest commençaient à renouer des contacts. Cette période connue sous le nom de " dégel " marquait un changement par rapport à l’atmosphère qui régnait auparavant. Par son choix double - Moscou et la Lituanie - Sartre avait vraisemblablement voulu exprimer son indépendance d’esprit. Mais ce n’est qu’une supposition. D’autre part, il ne faut pas oublier non plus que c’était un militant de gauche, parfois même d’extrême gauche ; il avait activement participé au Congrès de la Paix (pro-soviétique) à Vienne en 1952. Il avait aussi refusé que l’on publie sa pièce Les Mains sales dans les pays où les partis communistes locaux ne le souhaitaient pas. Lors de son séjour, Sartre n’a cependant pas chercher à convaincre, ni à être convaincu.

...Le 3 août, à 10 heures, nous avons raccompagné nos hôtes de marque. A Vilnius, ils prendront le vol pour Moscou.

Traduction par Liudmila Edel-Matuolis et Michel Pagnier
Cahiers Lituaniens, n°1, Automne 2000.


Certaines de ses prises de vue sont devenues emblématiques.
Antanas Sutkus est une figure majeure de l’histoire de la photographie du XXeme siècle. Autodidacte, il a commencé à travailler dans l’ex-Union Soviétique où sa vision humaniste se démarque du réalisme socialiste soviétique.

D’autres photographes comme Svajone et Paulius Stanikas qui travaillent entre Paris et Vilnius ou Deimantas Narkevicius, se sont fait connaître plus récemment. Sous les auspices du maître Antanas Sutkus, de plus jeunes artistes viennent ainsi dialoguer au coeur de l’exposition « Paris-Vilnius » à l’ENSBA. La photographie lituanienne contemporaine reste à découvrir.

« Paris-Vilnius », un regard sur la photographie lituanienne contemporaine
A la chapelle des Petits Augustins, de l’Ecole nationale supérieure des beaux arts (ENSBA) de Paris
Du 15 au 31 mars 2012.
Avec la participation de la White Space Gallery, de l’agence Vu, de GB Agency, de l’ambassade de Lituanie en France.

Vernissage de l’exposition "Paris-Vilnius"

Madame l’Ambassadeur, chère Jolanta Balčiūnienė,
Monsieur le Directeur de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts, cher Nicolas Bourriaud,
Madame le Commissaire d’exposition, chère Sandrine Mahieu,
Mesdames et Messieurs les artistes, cher Antanas Sutkus, chers Svajone [prononcer Svaïone] et Paulius Stanikas, chère Ramune Pigagaite,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Le « Voyage en Lituanie », nous offre une formidable occasion de mettre à l’honneur en 2012 la culture lituanienne en France, à travers le regard de ses artistes et de ses penseurs emblématiques, et de leur contribution à notre patrimoine culturel européen commun.

Ce « Voyage » que nous avons conçu ensemble avec le ministre de la Culture lituanien, Arunas Gelunas, et avec le soutien exemplaire de l’Ambassade de Lituanie et de son Ambassadeur Mme Jolanta Balčiūnienė, nous offre une exploration approfondie de la culture lituanienne dans tous les champs artistiques : dans le domaine de la photographie bien sûr, comme en atteste cette exposition, mais aussi dans le domaine du cinéma à travers une rétrospective des films de Jonas Mekas au Centre Pompidou, ou encore à travers la mise en lumière de l’œuvre de Šarūnas Bartas à la cinémathèque à l’automne 2012.

J’aimerais également mentionner un cycle de conférences organisé par le Centre national du livre en hommage à ces grands penseurs ou ces historiens d’art qui illustrent si fortement le lien entre nos deux pays, comme Emmanuel Levinas, Jurgis Baltrušaitis, ou encore l’artiste et le galeriste George Manciunas à l’occasion du deuxième festival d’histoire de l’art de Fontainebleau. Le Voyage en Lituanie se tournera également vers l’histoire mouvementée d’un pays dont les frontières furent souvent modifiées, à travers une exposition aux Archives nationales, et la présentation au festival de géographie de Saint-Dié, en partenariat avec le Musée national de Lituanie de Vilnius, de documents cartographiques d’une qualité exceptionnelle.

Je suis heureux de vous accueillir afin de mettre à l’honneur des photographes lituaniens de différentes générations qui ont été choisis pour la relation particulière qu’ils entretiennent avec la France - qu’ils y vivent, y travaillent, qu’ils y aient étudié ou bien qu’ils en aient photographiés quelques « figures » inoubliables.

En novembre dernier, à l’occasion du salon Photo Off, dans ce lieu magique et vivant qu’est la Bellevilloise, j’ai redécouvert ce photographe lituanien remarquable : Antanas Sutkus. Nous connaissons tous - le plus souvent sans savoir qu’il en est l’auteur - cette photographie emblématique de Jean-Paul Sartre qu’il a prise en 1965 sur une plage lituanienne. En noir et blanc, les bras joints dans le dos, courbé mais luttant, l’écrivain, déterminé, brave le vent comme s’il voulait avancer sur sa propre ombre portée.

J’ai été sensible à ses photographies et j’ai d’ailleurs souhaité que nous puissions enrichir nos collections publiques de deux acquisitions, qui seront inscrites sur les inventaires du Fonds national d’art contemporain. En plus de faire connaître l’œuvre d’un immense photographe, ces acquisitions contribuent à enrichir nos représentations de la Lituanie, un partenaire européen avec lequel nous avons développé de longue date un profond lien d’amitié.

Une trentaine de photographies en noir et blanc permettent d’esquisser un premier parcours au sein du travail d’Antanas Sutkus, qui est à l’évidence une figure majeure de l’histoire de la photographie au XXème siècle, exerçant une profonde influence sur la photographie lituanienne contemporaine.

Réalisé en 1965, à l’invitation de l’Union des écrivains lituaniens, ici amicalement prêté par l’Agence Vu, le reportage a permis à l’artiste d’accompagner le couple Sartre-Beauvoir au cours de leur voyage en Lituanie, et de partager quelques moments d’une intimité émouvante. Cet ensemble de photographies originales rend compte d’un travail obstiné, celui d’un photographe dont l’œuvre offre un surprenant contraste avec le réalisme socialiste de l’époque.

Svajone et Paulius Stanikas, nourris par l’histoire qui les a précédés, ont choisi de vivre et de travailler entre la France et la Lituanie. Ils montrent ici quelques-unes de leurs œuvres les plus spectaculaires, qui ont été exposées notamment à l’occasion de la Biennale de Venise. Un peu à l’écart, sur un grand écran, la vidéo Inferno, produite grâce à l’école du Fresnoy, emplit la chapelle des Petits-Augustins de sa musique entêtante. À leurs côtés, on trouve « Disappearance of a tribe », un périple en quête du centre de l’Europe signé Deimantas Narkevicius, projeté dans la chapelle des Louanges grâce à un partenariat avec la galerie GB Agency. Enfin, la série de portraits de Ramune Pigagaite dresse avec humour une sorte d’état des lieux singulier des habitants de sa ville : son travail, tout en s’inscrivant dans une réflexion sur la figure humaine et la question de sa représentation, nous fait découvrir une Lituanie en pleine mutation.

Je tiens à remercier très chaleureusement tous ceux qui ont contribué à cette exposition : l’Ambassade de Lituanie en France, l’Ecole nationale supérieure des Beaux-arts de Paris, l’agence Vu en la personne de Patricia Morvan, GB Agency en la personne de Solène Guillier, le directeur du Château d’Eau de Toulouse Jean-Marc Lacabe qui a prêté les œuvres de Sutkus, ainsi que les services de mon ministère - tout particulièrement la mission de la photographie, qui a assuré le commissariat de l’exposition sous la responsabilité de Sandrine Mahieu, et enfin la direction de l’information et de la communication.

Cette exposition illustre ma volonté de défendre l’action du ministère de la Culture et de la Communication en faveur de la photographie de multiples façons. Nous inaugurerons prochainement un portail de la photographie, et d’ici un an j’espère que les travaux de l’hôtel de Nevers pourront commencer, afin d’étendre la capacité d’exposition du Jeu de Paume. Aux côtés de nos engagements de fond pour le patrimoine photographique ou pour la jeune création, j’ai toujours souhaité que mes services puissent également proposer des manifestations tout aussi essentielles par leur grande qualité. Voyage en Lituanie en est le plus parfait exemple.

Je vous remercie.

Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture et de la Communication





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