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La collection russe du musée Saint-Remi de Reims

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La bibliothèque Carnégie détient d’ailleurs l’évangéliaire slavon d’Anne de Kiev qui fut utilisé pour le serment des rois.

Conservateur du musée Saint Remi, M. Marc Bouxin et M. Jacques Cohen, adjoint au Maire chargé du Tourisme, des Relations internationales, nous guident à travers les collections du musée :

Une princesse de Kiev sacrée à Reims

Anne de Kiev (également appelée Agnès à la française), en russe et en ukrainien russe : (Anna Iaroslavna), était la fille de Iaroslav le Sage, grand-prince de Kiev et de sa seconde épouse, Ingigerd de Suède. Elle serait née à Kiev, selon certaines sources vers 1024, 1032 ou en 1036. Elle fut reine de France de 1051 à 1060. Les manuels d’histoire l’ont longtemps appelée Anne de Russie.

Appartenant, par sa confession, à l’Église des sept conciles, Anna Iaroslavna a épousé à Reims en premières noces, le 19 mai 10514, le roi Henri Ier de France qui relève, quant à lui, de l’Église catholique romaine. Ces deux églises forment encore l’Église indivise, puisque cet événement a lieu avant le schisme de 1054.
Elle introduit le prénom Philippe à la cour de France en le donnant au fils aîné de son premier mariage qui régnera sous le nom de Philippe Ier.

Devenue veuve d’Henri Ier, elle devient régente de son fils Philippe jusqu’en 1063, date de son remariage6 avec le comte de Valois, Raoul de Crépy, après que celui-ci a répudié son épouse légitime. Cette union suscite la colère des évêques ainsi qu’une brouille passagère avec son fils Philippe Ier, et le couple est excommunié en 1064,
Statue d’Anne de Kiev (vue d’artiste 1999) à Senlis.

Anne fait reconstruire à Senlis une église ou chapelle ruinée qui est consacrée en 1065, et y fonde en même temps l’abbaye Saint-Vincent.
Elle meurt entre 1076 et 1089, peut-être en 1079, et aurait été inhumée à l’abbaye de Villiers-aux-Nonnains à Cerny près de La Ferté-Alais dans l’Essonne.

La bibliothèque Carnégie détient d’ailleurs l’évangéliaire slavon d’Anne de Kiev qui fut utilisé pour le serment des rois.

L’Évangéliaire de Reims est un évangéliaire vieux-slave du XIe siècle souvent appelé « Texte du Sacre » en raison d’une légende qui voulait voir en lui le livre saint sur lequel les Rois de France auraient, le jour de leur sacre, prêté serment. Cette légende a trouvé son origine dans l’extrême faste avec lequel le cardinal Charles de Lorraine l’offrit au Chapitre de la cathédrale de Reims, après l’avoir revêtu d’une reliure précieuse abritant des reliques. Ce livre est l’un des plus anciens textes connus de la langue russe et il pourrait avoir été écrit par saint Procope, qui mourut vers 1030. Déjà Pierre le Grand et Nicolas II, voyageant en France, se l’étaient fait présenter. »

La première partie du livre est écrite en alphabet cyrillique, la deuxième l’étant en glagolitique.

La partie cyrillique, comporte en tout seize feuillets écrits recto verso. On a cru longtemps le texte réalisé de la main de Saint Procope comme le mentionne l’explicit, ce serait donc le plus ancien texte en vieux slave. De l’opinion de Corvinus Jastrzobski, « les têtes de chapitres et les majuscules initiales sont ornées d’une manière peu élégante mais soignée. Ces ornements portent, en général, le caractère de l’art byzantin des IXe et Xe siècles. » Ces feuillets, en tant qu’ouvrage liturgique, sont incomplets. Ils commencent par les derniers mots du vingt-sixième verset du chapitre VIII de l’Évangile selon Matthieu, contiennent des leçons du Nouveau Testament, suivant le rite gréco-catholique et détaillent les fêtes pour certains jours de l’année, du 27 octobre au premier mars.

La partie glagolitique complète la partie cyrilliqu comprend 31 feuillets. Elle fut écrite en 1395, sur commande de l’empereur du Saint-Empire et roi de Bohême, Charles IV, au cloître d’Emmaüs, fondé en 1347, où priaient et travaillaient des moines bénédictins croates spécialistes de l’alphabet glagolitique. Au cloître d’Emmaüs, Charles IV, prince allemand par son père et tchèque par sa mère, tente une œuvre œcuménique au cœur de l’Europe, à la frontière entre les mondes slave et germain, catholique et orthodoxe. Il décide de rétablir la liturgie en vieux slave créée par Cyrille et Méthode et de fonder un centre spirituel pour éduquer et proférer la foi catholique dans le monde slave en utilisant la langue d’église qu’est le vieux slave. C’est dans ce contexte qu’il convient de situer la rédaction en glagolitique de l’Évangéliaire de Reims afin de compléter un texte cyrillique d’importance capitale aux yeux des croyants de l’époque qui l’attribuent à saint Procope.


Les tsars Pierre Le Grand et Nicolas II lors de leur visite en France vinrent voir l’Évangéliaire de Reims. Au XIXe siècle, il y eu un renouveau d’intérêt pour l’Évangéliaire de Reims. Václav Hanka et le Père Ivan Martynov rêvent chacun de le rééditer. Le Père Martynov avec des caractères latins, avec des signes diacritiques tchèques, mais la réédition de Hanka (Prague, 1846) effectuée aux frais de Nicolas II, ne se vendit qu’à sept exemplaires en Russie et le projet du Père Martynov ne se réalisa pas, car il mourut avant de pouvoir l’accomplir.

Le 2 juin 1717, le tsar Pierre le Grand s’est rendu à la basilique Saint Remi pour voir la fameuse Sainte Ampoule utilisée pour les sacres des rois dans la salle Capitulaire.


Janvier 1814, les troupes russes, autrichiennes et prussiennes ont franchi le Rhin et envahi la France.
Le 12 mars le général de Saint-Priest émigré au service de la Russie, tente une offensive contre Reims, qui est occupée par une petite garnison sous les ordres du général Corbineau. Alors que Napoléon perd la bataille d’Arcis sur Aube, la ville est reprise par les Russes le 19 mars après un combat qui dure environ six heures. Le 21 mars, le prince Serge Wolkonsky est nommé gouverneur de Reims. Ayant le grade de major, Wolkonsky est un homme d’une trentaine d’années. Courtois et bienveillant, il s’allie les suffrages du comité central.
Le 9 avril, l’abdication de Napoléon annonce le retour des Bourbons et l’installation de Louis XVIII.
La paix est proclamée à Paris le 1er juin. Wolkonsky reste gouverneur de Reims jusqu’au 25 septembre. Après son départ se termine la période de l’invasion.
L’abbaye Saint-Remi devient hôpital militaire russe.
En 1825, lors du sacre de Charles X, c’est un autre prince Wolonsky qui représente d’ailleurs l’ambassade russe.

Sur la photo : Serge Wolkonsky gouverneur militaire russe de Reims en 1814.


Depuis Pierre le Grand qui y avait fait une halte en 1717, aucun tsar n’est venu dans la Cité des sacres pour visiter Notre-Dame de l’extérieur ou participer à un événement politique majeur.

Mais le 19 septembre 1901, Reims accueille en sa cathédrale le tsar Nicolas II alors qu’en ville on se presse pour voir celui qui doit participer à de grandes manœuvres à Bétheny, sur l’actuelle emprise de l’ex base 112.

A l’hôtel de ville de Reims, Nicolas II est reçu par le maire Charles Arnould : « Notre laborieuse population, en acclamant l’empereur de Russie, a montré combien elle était heureuse de la visite de l’hôte et de l’allié de la République française. ». On présente ensuite à Nicolas II un manuscrit de 1049 relatant le mariage à Reims d’Henri 1er avec Anne de Kiev et un évangéliaire en langue slave sur lequel les rois de France auraient prêté serment au cours de la cérémonie du sacre.

Musée Saint Remi
53 rue Simon
51100 REIMS
tél. : 03.26.35.36.90





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