Au total, 234 députés pro-pouvoir à la Verkhovna Rada qui compte 450 parlementaires, ont voté en faveur de ce texte élargissant le droit d’utilisation en Ukraine de langues minoritaires comme le russe.
Des heurts ont éclaté près du Parlement entre des opposants et la police, qui ont eu recours de part et d’autre au gaz lacrymogène, selon un photographe de l’AFP sur place.
Des centaines de manifestants sont ensuite descendus vers la place centrale de Kiev qui est en train d’être aménagée en une zone pour amateurs de football en vue de l’Euro-2012 co-organisé par l’Ukraine et la Pologne, qui s’ouvre vendredi.
Plusieurs protestataires ont réussi à pénétrer dans cette zone, renversant des barrières qui l’entourent, et à installer deux drapeaux nationaux sur un grand écran où seront retransmis des matches de l’Euro, avant d’être repoussés par la police.
Peu de temps auparavant, à l’extérieur du Parlement, quelque 3.000 manifestants parmi lesquels des célébrités tel Vitali Klitschko, leader d’un parti d’opposition, ont protesté contre la loi, a constaté une journaliste de l’AFP.
"Honte !" scandaient les protestataires venus à l’appel de plusieurs mouvements d’opposition brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Etat uni, langue unique" ou "Occupants et russificateurs, bas les pattes de l’Ukraine !".
"Si on n’a pas de langue, on n’a pas d’Etat. Sauvons notre patrie !" a lancé devant les manifestants la comédienne Natalia Soumska.
"Je parle l’ukrainien, le russe, l’allemand, l’anglais (...) Mais en tant qu’Ukrainien je suis convaincu que nous devons avoir une seule langue d’Etat, l’ukrainien", a déclaré M. Klitschko.
Séparés par un cordon policier et des barrières métalliques, environ 3.000 manifestants pro-pouvoir se sont rassemblés eux aussi devant le Parlement pour soutenir le projet controversé.
Ils brandissaient des banderoles sur lesquelles il était écrit : "Statut officiel au russe", "Nous sommes 16 millions de personnes et nous parlons russe" ou encore "Deux langues, un pays".
Cette loi dont l’examen avait déjà débouché en mai sur de violentes bagarres entre députés dans l’hémicycle revient de facto, selon l’opposition, à donner au russe le statut de deuxième langue d’Etat, à côté de l’ukrainien, même si formellement il ne l’autorise pas.
Faire du russe la deuxième langue d’Etat était une des promesses électorales de l’actuel président Viktor Ianoukovitch dont le parti est en position délicate, selon des sondages, à l’approche des législatives de fin octobre.
L’Ukraine compte une importante communauté russophone et le statut du russe ne cesse de provoquer des conflits dans cette ex-république soviétique de 46 millions d’habitants, située entre la Russie et l’Union européenne.

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