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Poutine en première ligne dans une nouvelle catastrophe en Russie

Cas de force majeure ou délestage intempestif d’un lac artificiel doublé de l’incurie des autorités locales, comme l’affirment des habitants en colère ? Vladimir Poutine fait face à une nouvelle catastrophe avec la crue meurtrière de Krymsk, qui le place en première ligne.

Samedi, alors que le pays découvrait l’ampleur du bilan — plus de 170 morts — de la crue qui a dévasté Krymsk et des inondations dans des localités voisines, M. Poutine a rapidement fait savoir qu’il se rendait sur place.

La colère montait dans la population locale, de nombreux habitants affirmant n’avoir reçu aucune alerte des autorités locales avant l’arrivée dans la nuit de vendredi à dimanche d’un "mur d’eau" de plusieurs mètres de haut. Nombre d’entre eux ont aussi mis la catastrophe sur le compte du délestage intempestif d’un lac artificiel situé en amont dans cette région du piémont du Caucase.

Après avoir fait face ces derniers mois à une contestation inédite, Vladimir Poutine, revenu au Kremlin en mai après un intermède de quatre ans comme Premier ministre, fait face à "un problème de défiance", observe la politologue Olga Krychtanovskaïa.

"Le régime est dans une situation où il ne peut plus fonctionner comme avant", ajoute-t-elle.

Le survol des zones inondées en hélicoptère, puis la réunion de crise tenue à Krymsk, dont les images ont été diffusées à la télévision, ont montré un Vladimir Poutine vêtu de noir, le visage grave.

Mais les images de l’interrogatoire par M. Poutine du chef du district de Krymsk, Vassili Kroutko, samedi soir, n’ont guère écarté l’hypothèse de la négligence des autorités locales.

L’ex-agent du KGB a demandé à plusieurs reprises "à quelle heure" le responsable avait reçu une alerte des services météo sur le risque de crue, alors que la région était sous des pluies diluviennes, et comment il avait retransmis cette information aux habitants.

"J’ai demandé au chef du comité d’enquête russe de venir ici, il va vérifier les actes de tous les responsables : comment est venue l’alerte, quand elle est venue, quand elle aurait pu venir, quand elle aurait dû venir, et comment chacun a agi", a déclaré M. Poutine malgré les explications de son interlocuteur.

Une enquête a été ouverte pour homicides par imprudence.

Quant aux soupçons d’un délestage intentionnel ou accidentel du lac artificiel de Neberdjaevskoe, M. Poutine s’est fait confirmer par plusieurs responsables que celui-ci n’avait pas eu lieu.

Le parti d’opposition Iabloko, se fondant sur des informations de militants écologistes locaux, avait affirmé samedi qu’un délestage avait bien eu lieu en raison de la montée des eaux, et accusé les autorités de ne pas avoir adapté ce barrage datant des années 1950.

Ce lac artificiel est situé à 300 mètres d’altitude sur un relief boisé d’une dizaine de kilomètres de large séparant le littoral de la vallée où se trouve Krymsk, selon les clichés satellite disponibles sur l’internet.

Il surplombe directement la ville de Novorossiisk au sud-ouest, mais la digue — apparemment un remblai — qui le ferme est tournée vers le nord-est, et la vallée du torrent Neberdjaï qui plus loin traverse Krymsk.

"Je veux m’en assurer encore une fois : un délestage volontaire de ce lac est impossible ?", a demandé M. Poutine à un responsable des services locaux.

Celui-ci a répondu par la négative, indiquant que le barrage était uniquement doté d’un trop-plein, "comme une baignoire".

La porte-parole de la société d’exploitation du lac, Irina Boudakova, citée par Ria Novosti, a affirmé que la retenue non seulement n’avait pas causé la catastrophe mais en avait "atténué les effets".

Le volume du lac est passé de 3 à 8 millions de m3 durant la nuit, mais le délestage par le trop-plein a commencé à 5H45 samedi, alors que la crue avait déjà dévasté Krymsk, selon cette responsable.

Ces affirmations n’ont cependant pas empêché le journal d’opposition Novaïa Gazeta de titrer dimanche sur son site internet "Pourquoi Krymsk a coulé", dans un parallèle avec la tragédie du Koursk en août 2000.

L’accession au pouvoir de M. Poutine en 2000 avait été marquée par l’accident de ce sous-marin nucléaire en mer de Barents, qui avait coûté la vie à 118 hommes et lui avait valu des reproches pour n’avoir pas interrompu ses vacances et avoir trop longtemps refusé l’aide des Occidentaux.

De rupture de centrale hydroélectrique en Sibérie (75 morts en 2009) en feux de forêt embrasant des millions d’hectares dans le pays (une soixantaine de morts), sans compter les attentats, accidents d’avions et naufrages, la Russie a depuis enchaîné les catastrophes qui ont mis à mal l’objectif affiché de remise en ordre du pays.





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