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« Du Mont Athos à Valaam » (exposition au théâtre de Fontainebleau)

Du 30 janvier au 7 février 2013

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Il s’agit d’une présentation d’un art photographique, de nature et de qualité exceptionnelles.

Il y a des noms qui forcent la mémoire à puiser dans ses lointaines acquisitions, avec un soin tout particulier. Le titre de l’exposition accueillie par le théâtre de Fontainebleau du 30 janvier au 7 février 2013, suscite d’entrée une interrogation confuse : où est-ce et qu’est-ce qu’il y a, là-bas ? Une fois, la position géographique déterminée : de l’est de la Grèce à Nord-Ouest de la Russie, un bref historique s’impose.

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Il s’agit d’une présentation d’un art photographique, de nature et de qualité exceptionnelles. Car le photographe, père Sabbati, est un moine orthodoxe du monastère russe de Valaam, professionnel de la caméra à l’époque de sa vie laïque et chroniqueur de la vie monastique, depuis de nombreuses années dans les ordres. Auteur de plusieurs expositions personnelles au succès retentissant en sa patrie, père Sabbati ne signe jamais ses œuvres, donne très rarement des interviews détaillées et considère ce qu’il fait avec son appareil photo comme une tâche monastique qui lui est impartie et dont il serait presque indécent de vanter la valeur :
- « Le Grand Créateur a fait tout le travail. Moi, j’appuie juste sur un bouton ».
Retiré du monde au monastère de Valaam, où la tradition photographique perdure depuis 1853-54, il a traversé une reconsidération des priorités dans l’œuvre, après une remarque de son confesseur, à qui un jour il avait avoué « des problèmes dans l’âme » :
- « Cela arrive quand on crée quoi que ce soit par vanité, et qu’on puise son énergie dans la vanité de la récompense. Cela se soigne, si l’on considère ce qu’on fait comme une besogne nécessaire, à laquelle on se soumet avec gratitude ».
Voici ce qu’il pense de son œuvre aujourd’hui :
- « La photographie en tant que labeur monastique est une partie de ma vie, une sorte d’échelle que je m’efforce de gravir. Ce sont de grandes épreuves, puisque toute création est personnelle... »
L’actuelle exposition présente deux pôles climatiques de la même planète « Orthodoxie » dans la galaxie chrétienne : la sobriété épurée de la vie monacale du nord (Valaam) et celle, dorée par la généreuse incandescence du grand sud (le Mont Athos).

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Selon la tradition orthodoxe, après l’Ascension de Jésus Christ, l’Ange transmit à la Sainte Vierge que la Volonté Divine lui serait révélée quant à l’endroit où elle devra prêcher la parole du Seigneur. Alors qu’avec l’apôtre Jean, Sainte Marie, Mère de Dieu naviguait vers l’île de Chypre, pour rendre visite à Lazare, un vent soudain et irrésistible poussa le bateau vers la péninsule montagneuse de Macédoine, où des idoles païens occupaient les hauteurs du Mont Athos. Dès le premier pas de la Sainte Vierge sur ce sol, les idoles s’écroulèrent et furent engloutis par les abysses...
L’empereur Constantin IV Pogonat a donné le Mont Athos aux moines en 676, et au VII-VIII siècles, plusieurs monastères y furent fondés, dont le nombre ne fit que s’accroître depuis. L’histoire des lieux est si turbulente et dense en couleurs qu’il faudrait un support infiniment plus volumineux pour en relater ne serait-ce qu’un épisode. Il nous faudra nous astreindre ici à quelques curiosités.
Par exemple, la vie sur le Mont Athos n’obéit pas au cours du temps considéré « normal », elle se mesure en siècles et se compte « selon le soleil » : dès que disparaît la lumière du jour, les horloges du Mont Athos indiquent minuit...
Ou encore, aucune femme n’a jamais foulé le sol du Mont Athos, même les animaux du sexe féminin y sont interdits. Le précédent fut un jour créé par un dignitaire amateur de lait caillé qui se décida à emmener sur place une vache. Mal lui en prit : la vache rendit l’âme, dès que son sabot eût foulé le sol saint. Et la tradition affirme que les vieux ermites l’avaient prédit...

Aujourd’hui, vingt parcelles inégales abritent des monastères orthodoxes et des « skites » afférents (i.e. de toutes petites maisonnettes où se retirent des moines solitaires). Ces monastères ne dépendent pas de l’église de Grèce, mais du Patriarcat oecuménique de Constantinople.

Père Sabbati, le photographe, ayant vécu à Mont Athos durant un an et demie, les images choisies ne sont ni occasionnelles ni fortuites.
Le contraste avec Valaam est quasi palpable, tant l’haleine de la fraîcheur épicée par les mousses du nord se dégage de la pureté des lignes et des nuances de lumière. Le nom remonte au finnois « valam » signifiant « haute terre des montagnes ». Les moines d’une époque oubliée avaient trouvé cette résonance en harmonie avec le nom du prophète biblique et le lieu fut ainsi baptisé.
L’histoire probante du monastère de Valaam commence au XIV siècle et la période la plus florissante se situe au XV. Comme tout lieu saint digne de ce nom, le monastère de Valaam puisa dans son lot d’épreuves régulières : incendies, attaques des vikings, tueries, pillages, épidémies...La vie des moines se stabilisa tant soit peu au XIX, quand de nombreuses constructions en pierre renforcèrent l’aménagement général.

La révolution de 1917, scindant le pays en deux, fut le coup le plus dur porté aux frères du Valaam. L’archipel devint propriété de la Finlande , où l’Eglise orthodoxe passa à un rang minoritaire, le luthéranisme étant religion d’état. Les moines déclarés citoyens finnois, avaient quitté le monastère, lors de la guerre russo-finlandaise, la veille de la Deuxième Guerre mondiale. En 1940, les bâtiments monastiques accueillirent une école maritime et furent ensuite occupés par l’armée finlandaise, après sa capitulation. Une « Maison des invalides de la guerre et du travail »les remplaça en 1950.

A la fin des années 50, plusieurs des bâtiments monastiques furent décrétés « patrimoine historique et culturel national ». Mais c’est seulement vers 1979 que le territoire fut définitivement considéré comme parc national et les travaux de restauration commencèrent.

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Le 13 décembre 1989, six moines orthodoxes débarquèrent à Valaam et trois ans plus tard le monastère fut officiellement « remis » à l’Eglise Orthodoxe Russe. Aujourd’hui, ils sont environ 150 dont la majorité ne dépassent pas l’âge de 35 ans. Ce qui crée avec les « starets » du Mont Athos (i.e.moines très avancés en âge et en sagesse) un contraste comparable à un visage d’adolescent, au début de sa route, et le parchemin de toute une vie, presque à l’arrivée...

L’exposition présentée par l’association « Patrimoine Russe » (à Champagne sur Seine), avec l’aimable et inestimable participation du Théâtre de Fontainebleau attendra ses visiteurs, le plus sincèrement intéressés.

Le Théâtre de Fontainebleau
6, rue Denecourt
77300 Fontainebleau
Tél : 01 64 22 26 91





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